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Kinshasa sain : le réveil de la capitale passe par l'exemple et la discipline
Il ne suffit parfois que de quelques actions visibles pour rappeler une évidence : une ville propre commence par une volonté politique claire et une discipline collective assumée.
À Kinshasa, la Task Force présidentielle, chargée de l'assainissement de la capitale, vient de livrer ses premières images fortes. Sans baguette magique, mais avec une méthode fondée sur l'action, la structure mise en place par le président Félix-Antoine Tshisekedi affiche ses premiers résultats sur le terrain. La place Pascal, la place Mandela et le pont Matete, longtemps confrontés aux stigmates de l'insalubrité, présentent désormais un nouveau visage.
Derrière cette opération, un homme incarne cette offensive : le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national. Avec ses équipes, il donne corps à une mission présidentielle qui exige rapidité, fermeté et efficacité.
La question mérite d'être posée : fallait-il attendre l'arrivée d'une nouvelle dynamique pour voir apparaître des changements visibles dans certains coins de la capitale ? La réponse appartient aux Kinois qui ont longtemps vécu au rythme des promesses d'assainissement, restées sans véritable impact durable.
Car, le problème de Kinshasa n'est pas uniquement celui des déchets. Il est aussi celui d'une culture urbaine qui peine encore à s'imposer. Une ville ne peut rester propre que si ses habitants, ses commerçants et ses autorités partagent la même exigence.
VISIBILITE DES RESULTATS
L'assainissement est une culture. Et lorsqu'une culture peine à s'installer, elle doit être accompagnée par la sensibilisation, mais aussi par la fermeté et l'application des règles. Pendant des années, plusieurs programmes ont tenté de répondre à cette urgence. Certains ont produit des effets limités, d'autres se sont essoufflés avec le temps. La nouvelle approche semble miser sur la rapidité d'exécution et la visibilité des résultats. Mais, le véritable défi commence maintenant : maintenir ces acquis au-delà des opérations ponctuelles.
"Une rue nettoyée aujourd'hui ne doit pas redevenir un dépotoir demain", commentent des analystes.
FAIRE VALOIR LA DIGNITE
La transformation de Kinshasa ne se fera pas seulement avec des engins et des équipes de nettoyage. Elle nécessitera un changement profond des comportements. Car, une capitale moderne ne se construit pas uniquement par ses infrastructures, mais aussi par la responsabilité de ceux qui y vivent.
La Task Force a lancé le mouvement. Le plus difficile reste à accomplir : faire de la propreté non plus une opération exceptionnelle, mais une habitude collective. Car une ville propre n'est pas seulement une question d'image. C'est une question de dignité.
Jérémie ASOKO