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Kinshasa, l'avenue du 24 novembre, héritage, identité et avenir
(Par Jacques Fumunzanza Muketa)
A partir du Boulevard du 30-Juin et du petit pont qui enjambe la rivière **Gombe, en voie d'assèchement, une large avenue, sépare deux communes : Gombe, la ville, côté ouest et Lingwala, la cité, à l'est.
C'est l'avenue Libération, Nom donné par l'AFDL de L.D. KABILA après sa conquête de la ville en 1997. Une appellation que les Kinois, fatigués de changements de noms de grandes artères, semblent n'avoir pas agréée et qu'ils continuent à l'appeler indistinctement. "Avenue Libération ou Avenue du 24 Novembre".
Pour la petite histoire, cette avenue a reçu cinq noms au gré des conquérants successifs. Au commencement le pouvoir colonial qui l'avait tracée, la baptisa du nom d'une princesse belge. "Joséphine Charlotte" dont plus personne ne se souvient. La politique du recours à l'authenticité zaïroise de Mobutu la nomma à son tour du nom "d'Avenue Victimes de la Rébellion". Puis elle sera rebaptisée encore par Mobutu lui-même au profit d'une autre appellation, celle d'Avenue du 24 Novembre, pour commémorer la prise du pouvoir par le Haut Commandement Militaire dans la nuit du 24 Novembre 1965. Le pouvoir de l'AFDL de Laurent Désiré Kabila la débaptisera aussi sans formalité aucune pour lui donner un nouveau nom : "Avenue Libération" après sa victoire sur Kinshasa d'autres novateurs zélés plantèrent des panneaux portant le nom d'Avenue Pierre MULELE".
L'Avenue du 24 Novembre ou Avenue Libération part du boulevard du 30-Juin (ex-prince Albert 1er) croise l'Avenue Kasa-Vubu avec laquelle elles forment le "rond-point Bandal". Elle se prolonge ensuite vers le sud sur les hauteurs de Binza où elle rejoint la Route de Matadi, au carrefour UPN (IPN) à Djelo BINZA après avoir desservi les communes de BANDALUNGWA, NGIRI-NGIRI, BUMBU et SELEMBAO.
Elle a depuis lors, détrôné l'Avenue Kasa-Vubu (ex-Prince Baudoin) par le flux du trafic automobile et par le nombre de piétons qui se rendaient au centre-ville, à Kinshasa-est. Avec son port, la Gare centrale, les usines, les bureaux des sociétés privées et étatiques, les banques, la Paroisse Sainte Anne, Kin-est était le cœur et le poumon de la ville ainsi l'Avenue Kasa-Vubu, était la principale voie de sortie du centre-ville pour le retour à la cité.
Depuis les pillages des entrepôts en 1991 et 1993 les activités vitales de la ville se sont concentrées à la Gombe (ex-Kalina) et le quartier est devenu le cœur et le poumon de la ville. Ici se sont installés le monde des affaires, de la fonction publique, des ministères et des sièges des sociétés et des appartements de logements.
Dans sa partie nord, l'Avenue du 24-Novembre ou Libération n'est pas qu'une artère marchande. Ses alentours, notamment dans l'ancien domaine Vandamont, qui appartenait à un colon éleveur des chevaux, est aujourd'hui le "Quartier Latin". Son centre se situe au niveau de la Haute Ecole de Commerce de Kinshasa (ex-Institut Supérieur de Commerce). Sur toute sa longueur, on rencontre une population scolaire jeune et nombreuse. Presque tous les passants ont entre douze et vingt-deux ans, et il y a des plus jeunes qui fréquentent les niveaux primaires et secondaires.
Du pays entier et de la ville entière des étudiants et élevés viennent fréquenter ces établissements scolaires de renom. Ils sont en bleu-blanc pour les plus jeunes ou en blue-jeans pour les autres. Ils sont pressés dans leurs marches, se disputant les trottoirs dans les deux sens. Les uns remontent l'avenue allant à l'Institut Supérieur Pédagogique, au Collège Boboto des Jésuites et le Lycée Bosangani, plus au nord du boulevard du 30-Juin. D'autres la descendent pour atteindre l'Institut Supérieur d'Architecture et d'urbanisme (ISAU), l'Académie des Beaux-Arts (ABA) l'Institut Supérieur Technique pédagogique (ISTP), l'Institut des Arts et Métiers (ISAM). Plus symbolique l'implantation de la cathédrale Notre-Dame du Congo sur cette Avenue et dans une grande concession témoigne de la place de l'église catholique au sein de la "trinité" coloniale et de son rôle d'évangélisation et d'éducation pendant la période coloniale. Plus au sud, après la cité de la radio et de la télévision, on arrive à l'Université Protestante au Congo(UPC), côté Lingwala.
En effet, il n'existe pas, que je sache, dans la capitale congolaise une avenue qui accueille autant d'écoles que l'Avenue du 24 Novembre ou plutôt libération ou encore "Pierre MULELE".