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Kinshasa : conservation du squelette de la baleine de Moanda recommandée pour des usages scientifiques et touristiques
La conservation du squelette de la baleine récemment échouée sur les côtes de Moanda, dans la province du Kongo Central, a été recommandée afin d'en faire un patrimoine scientifique, éducatif et touristique.
Selon Malick Muamba, expert en environnement, en développement durable et en gouvernance environnementale, l'enterrement intégral de l'animal priverait la République démocratique du Congo d'une opportunité scientifique rare.
"A mon avis, cette baleine ne devrait pas être entièrement enterrée sans une réflexion approfondie des institutions compétentes et des spécialistes des mammifères marins. Il serait important d'envisager l'extraction du squelette et de toute autre partie présentant un intérêt scientifique, conformément aux recommandations des experts", a-t-il déclaré.
Il estime que la mise en valeur des ossements pourrait contribuer à la constitution d'un patrimoine durable au service de la recherche et de l'enseignement supérieur.
Le professeur Muamba a indiqué qu'un tel spécimen, une fois préparé selon les normes scientifiques, pourrait être exposé dans des institutions muséales ou universitaires du pays.
"Ce squelette pourrait être conservé au Musée national de la RDC ou à la Faculté des Sciences de l'Université de Kinshasa. Il servirait pendant plusieurs générations à la formation des étudiants, aux travaux de recherche, à la vulgarisation scientifique ainsi qu'au développement du tourisme scientifique et culturel", a-t-il expliqué.
Pour l'universitaire, plusieurs institutions à travers le monde conservent encore aujourd'hui des spécimens similaires utilisés dans la formation et la recherche, plusieurs décennies après leur découverte.
Il a cité notamment les collections zoologiques des universités et musées internationaux, qu'il considère comme une mémoire scientifique irremplaçable.
"A l'Université de Kinshasa comme ailleurs, des squelettes d'animaux sont toujours exploités à des fins pédagogiques et scientifiques. Ces collections constituent une mémoire scientifique irremplaçable. La RDC ne devrait pas se priver d'un tel héritage lorsqu'une opportunité aussi exceptionnelle se présente", a-t-il soutenu.
Le professeur Muamba a également rappelé que les baleines figurent parmi les espèces marines les plus emblématiques et protégées au niveau international, auxquelles la RDC est partie prenante à travers divers instruments de conservation.
Il a enfin souligné le caractère exceptionnel de l'événement, estimant qu'il pourrait ne pas se reproduire avant plusieurs décennies.
"Une telle opportunité est rare. Certains phénomènes de ce type ne surviennent qu'une fois en plusieurs générations. Il serait donc judicieux de transformer cette situation en opportunité scientifique, pédagogique et touristique au bénéfice de la nation", a-t-il conclu.
Le professeur Malick Muamba a précisé que son intervention constitue une contribution au débat scientifique et un plaidoyer pour une valorisation durable du patrimoine naturel national, dans le respect des décisions des autorités compétentes et des normes scientifiques en vigueur.
TMB