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Katumbi dénonce les attaques contre la Cenco
* Le président d'Ensemble pour la république rejette tout changement de la Constitution
* "Toucher à la Constitution, c'est déclarer la guerre à la République" lance Moïse Katumbi
* "Nous ne laisserons pas une poignée d'individus prendre en otage tout un peuple…"
L'opposant Moïse Katumbi est monté au créneau pour dénoncer les attaques dirigées contre la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et mettre en garde contre toute tentative de révision constitutionnelle. Dans une interview accordée mercredi au journaliste Stanis Bujakera, le président d'Ensemble pour la République a accusé le pouvoir de mener une campagne de diabolisation contre l'Église catholique et de nourrir des ambitions de modification de la Constitution.
" Toucher à l'Église, c'est toucher au peuple. Toucher à la Constitution, c'est déclarer la guerre à la République. Le peuple congolais n'est pas dupe ", a lancé l'ancien gouverneur du Katanga, dans une déclaration aux accents de mise en garde.
Moïse Katumbi s'est particulièrement insurgé contre les critiques répétées visant la CENCO, qu'il considère comme l'une des institutions morales les plus respectées du pays. Selon lui, l'Église catholique demeure "la conscience de la Nation " et " une boussole dans la tempête ", jouant depuis plusieurs décennies un rôle déterminant dans les moments cruciaux de l'histoire politique congolaise.
Pour le leader de l'opposition, les attaques contre l'épiscopat s'inscrivent dans une logique plus large consistant à discréditer toute voix dissidente. " Dès que vous osez exprimer un avis contraire, vous êtes immédiatement taxé de complicité avec l'agresseur ou traité d'antipatriote. C'est lâche et dangereux ", a-t-il dénoncé.
Dans une allusion directe au combat mené par l'Église en faveur de l'alternance démocratique, Katumbi a rappelé que cette même institution " s'est tenue debout pour arracher l'alternance pacifique dont profitent aujourd'hui ceux-là mêmes qui l'insultent ".
KATUMBI REJETTE TOUTE MODIFICATION DU TEXTE FONDAMENTAL
L'ancien candidat à la présidentielle a également consacré une large part de son intervention à la question constitutionnelle. Il a rejeté toute perspective de modification du texte fondamental, estimant que celui-ci représente le résultat d'un long processus de consensus national construit au prix de nombreux sacrifices.
" Nous ne laisserons pas une poignée d'individus prendre en otage tout un peuple pour tripatouiller la Constitution ", a-t-il affirmé avec fermeté, accusant le régime du président Félix Tshisekedi de vouloir prolonger son maintien au pouvoir malgré ce qu'il qualifie de " bilan catastrophique ".
Cette nouvelle sortie de Moïse Katumbi intervient dans un contexte de fortes tensions politiques autour des relations entre le pouvoir et certains responsables de l'Église catholique, mais aussi des débats récurrents sur l'avenir de la Constitution congolaise. En se posant à la fois en défenseur de la CENCO et du respect de l'ordre constitutionnel, le président d'Ensemble pour la République entend visiblement mobiliser l'opinion publique contre ce qu'il considère comme des dérives susceptibles de fragiliser davantage les institutions du pays.
" Nous y ferons barrage", a-t-il conclu, promettant de s'opposer à toute initiative visant, selon lui, à affaiblir l'Église ou à remettre en cause les équilibres constitutionnels de la République démocratique du Congo.
Jérémie ASOKO