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Kasaï-Central : Un collectif de journalistes dénonce l'infiltration dans la profession
Le samedi 18 janvier 2025, la ville de Kananga a accueilli une assemblée générale ordinaire de journalistes, organisée par le Collectif des journalistes engagés pour l'émergence de la Presse (CJEP), avec le soutien précieux du ministre provincial de la Communication et Médias, également porte-parole du gouvernement provincial.
Cette rencontre a rassemblé une centaine de journalistes, de professionnels des médias et d'autres acteurs du secteur, afin de discuter de l'état actuel du journalisme à Kananga, de ses défis et de ses perspectives.
Lors de cette assemblée, Fabrice Mbumba, coordonnateur du CJEP, a ouvert le débat en s'attaquant frontalement à la problématique de l'infiltration de personnes non qualifiées dans la profession du journalisme. " Aujourd'hui, n'importe qui peut se lever le matin et se déclarer journaliste sans aucune connaissance des principes éthiques et déontologiques qui régissent notre métier ", a-t-il déclaré. Il a souligné que cette précarité et ce manque de formation dans le milieu journalistique rendent célèbres des pratiques détestables et affaiblissent la crédibilité des médias locaux.
Mbumba a également dénoncé une tendance alarmante à l'émergence de nouveaux médias, décrivant ces derniers comme " des radios et médias naissant comme des chenilles. " Il a pointé du doigt que la presse est devenue un refuge pour des personnes au chômage, ce qui met à mal la qualité de l'information diffusée et contribue à la désinformation au sein de la population.
Un des points saillants de l'interventions de Fabrice Mbumba concernait les multiples difficultés rencontrées par les journalistes sur le terrain, notamment les arrestations arbitraires. " Nombre d'entre nous vivent dans la peur constante de représailles, simplement pour avoir fait leur travail ", a-t-il insisté, demandant l'engagement du ministre de la Communication dans la lutte contre ces abus et pour la protection des journalistes.
Adely Kabasubabu, président de la sectionnaire de l'Union nationale de la presse du Congo (UNPC), a pris la parole pour encourager les journalistes présents à se saisir de la responsabilité qu'ils ont dans la société. " Produire un travail de qualité est désormais impératif, pour restaurer la confiance du public en notre profession. Nous ne devons plus tolérer le manque de rigueur dans notre métier ", a-t-il déclaré, appelant à une conscience professionnelle plus aiguë chez chacun des acteurs du média.
Le ministre provincial, Pierrot Mutela, a ensuite pris la parole, promettant d'agir énergiquement sur les préoccupations soulevées. " J'entends vos préoccupations et je m'engage à veiller à ce que chacun de vous puisse exercer son métier en toute tranquillité. Je vous appelle à faire preuve d'impartialité et de professionnalisme dans votre travail. Lutter contre la propagation de fausses informations est un impératif", a-t-il affirmé.
À l'issue de cette assemblée générale, un appel clair a retenti, exigeant un engagement collectif pour une presse plus responsable et éclairée. Les journalistes de Kananga ont témoigné d'une forte volonté de se professionnaliser et de relever les nombreux défis qui se présentent à eux.
Cette réunion, qui a conclu sur une note d'espoir et d'encouragement, a permis de réaffirmer la nécessité d'un environnement médiatique sain, fondé sur la vérité, l'intégrité et le respect des normes éthiques. Les participants sont sortis renforcés dans leur quête pour l'émergence d'une presse qui puisse réellement contribuer au bien social, tout en appelant à la vigilance des pouvoirs publics pour garantir la sécurité de ceux qui choisissent de s'engager dans cette noble profession.
Félix Mulumba Kalemba