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"Soyez patient les hommes qui savent supporte et attendre sont heureux." La leçon est là, rappelant à ceux qui s'impatientent pour si peu le dividende à tirer en étant patients. Le véhicule Mercedes Benz Sprinter nous aide encore à nous enseigner par cette citation.
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Arbres abattus, espaces verts grignotés : la capitale congolaise voit son patrimoine végétal reculer sous la poussée du béton. Du Boulevard du 30 juin à…
Jean-Marie Masudi : "La Corée du Sud nous offre un modèle de rigueur et un partenariat fondé sur le transfert des compétences"
Magistrat de carrière, M. Jean-Marie Masudi Mpiya est aujourd'hui Conseiller principal à la Cour de cassation. Président honoraire de l'AMIKO, l'Association des Amis de la KOICA (Agence coréenne de coopération internationale), qu'il a eu l'honneur de diriger, de 2017 à 2022, il a bénéficié d'une bourse de formation du Gouvernement coréen dans le domaine des droits humains. A travers cet entretien qu'il a accordé au quotidien "Forum des As" et à l'hebdomadaire "Le Nouvel Observateur", - initiative qui s'inscrit dans le cadre d'une série d'interviews-portraits consacrées aux hauts cadres de l'AMIKO et anciens bénéficiaires des programmes de la KOICA en RDC- , M. Jean-Marie Masudi éclaire l'opinion sur son parcours professionnel, son immersion au cœur de la Corée du Sud est sur la rigueur d'organisation qu'il applique au quotidien dans son travail au service de la justice congolaise.
Quels ont été les moments les plus marquants de votre parcours professionnel ?
Jean-Marie Masudi Mpiya : Il est difficile de ne retenir qu'un seul moment, car dans une carrière, chaque jour apporte un acte plein d'enthousiasme. J'ai débuté comme avocat au barreau de Kinshasa/Gombe avant d'entrer dans la magistrature.
Parmi les moments les plus marquants de mes débuts, figure la défense de 125 victimes de la catastrophe aérienne du marché Type-K. Catastrophe survenue après le crash du 8 janvier 1996 au marché Type-K à Kinshasa /Ndolo. Une défense qui a été menée sous le patronage de la Commission Justice et Paix de l'Église catholique.
Très médiatisé à l'échelle nationale et internationale, ce procès a marqué mes premiers pas dans la pratique du droit. Par la suite, j'ai été nommé Substitut du Procureur de la République au parquet, puis promu juge pour gravir tous les échelons jusqu'à mes fonctions actuelles à la Cour de cassation...
Quelle leçon avez-vous tirée de ce parcours?
La grande leçon que j'en tire, c'est que l'être humain reste un mystère et qu'en tant que juge, on ne juge pas l'homme en soi, mais les comportements qu'il manifeste à un moment donné.
La patience et l'espoir doivent primer : l'homme n'est pas foncièrement mauvais, le mal est conjoncturel. Avec un bon encadrement, celui qui fait le mal aujourd'hui peut faire le bien demain.
Quels sont aujourd'hui les principaux défis que vous aimeriez relevés au sein de l'AMIKO ?
Ayant dirigé l'AMIKO durant un mandat de cinq ans (de 2017 à 2022), je préfère m'exprimer sur l'avenir et l'orientation de cette association. L'enjeu prioritaire de l'AMIKO est d'entretenir la dynamique du réseau, de consolider l'héritage des échanges avec la Corée et de continuer à orienter les compétences acquises vers des projets à fort impact social.
Vous avez bénéficié d'une formation soutenue par la KOICA. Pouvez-vous nous rappeler le programme suivi et ses objectifs?
En 2017, j'ai eu le privilège d'être sélectionné par la KOICA pour participer à une formation de haut niveau, axée sur la politique des Droits de l'Homme. Nous étions une vingtaine de participants issus de plusieurs pays (États-Unis, Algérie, Éthiopie, Irak, Burundi, Ouganda, etc.). J'y représentais la RDC aux côtés d'un Directeur au ministère des Affaires Étrangères, feu Dominique Siala.
Pendant près de deux mois, nous avons suivi des enseignements dispensés par des experts et membres des bureaux des Droits de l'Homme des Nations Unies.
Lors des échanges, j'avais, d'ailleurs, souligné la création des tribunaux pour enfants en RDC. C'était une avancée majeure que Kinshasa avait concrétisée et que beaucoup d'intervenants internationaux avaient saluée avec beaucoup d'intérêt.
Quels enseignements dispensés en Corée du Sud ont eu le plus d'impact sur votre carrière ?
Ce qui vous frappe en Corée, c'est d'abord la culture du respect, la discipline et cette devise inscrite partout: "Happiness for all" (Le bonheur pour tous). Autrement dit, le bonheur n'a de sens que s'il est partagé.
Sur le plan professionnel, l'enseignement majeur a été la gestion rigoureuse du temps. L'exactitude et le respect des engagements temporels sont capitaux. Quand on prend un rendez-vous ou quand on doit traiter un dossier, la ponctualité est une question de volonté. Qui sait gérer son temps sait gérer sa vie, sa fortune et son travail.
Comment cette expérience a-t-elle permis d'améliorer votre contribution au développement de votre institution en RDC ?
Elle s'est traduite par une discipline de fer dans le traitement des dossiers. Pour moi, il est inconcevable d'accumuler les dossiers ou de les laisser traîner inutilement. Avant de partir en congé ou de terminer une journée, mon objectif est de traiter l'intégralité des affaires qui me sont confiées. C'est cette rigueur dans la gestion du temps que j'applique au quotidien.
Parmi les aspects du modèle de développement coréen, lesquels pourraient inspirer davantage la RDC dans sa marche vers l'émergence ?
Avant de penser à l'industrialisation lourde, la RDC doit impérativement se concentrer sur deux piliers : l'agriculture et les infrastructures routières.
Les minerais ne nous appartiennent pas vraiment tant que nous ne les transformons pas nous-mêmes et que nous ne fixons pas leurs prix. De plus, les minerais sont épuisables.
En revanche, la terre reste. Si nous construisons de bonnes routes pour désenclaver nos territoires et que nous réorganisons notre agriculture, le pays connaîtra un véritable décollage économique durable.
Quel regard portez-vous sur la coopération entre la RDC et la République de Corée, notamment via la KOICA?
C'est une coopération concrète et mutuellement profitable. Mon propre parcours témoigne de son impact : à mon retour de formation en 2017, l'ambassadeur de Corée de l'époque avait émis le souhait de me voir postuler à la présidence de l'AMIKO. J'ai été élu à plus de 90 % des voix et j'ai eu l'honneur d'accompagner de grands projets, comme l'inauguration du Musée National de la RDC aux côtés du Chef de l'État en 2020.
En tant qu'ancien président de l'AMIKO, quelle valeur ajoutée cette association apporte-t-elle aux anciens bénéficiaires et au pays ?
L'AMIKO constitue un pont et un réseau d'expertise. Dans la vie, l'important n'est pas de vivre dans le passé ou de se complaire dans les vieux souvenirs, mais d'utiliser le présent pour construire l'avenir.
L'AMIKO permet aux cadres congolais formés en Corée d'injecter, dans le tissu socio-économique national, l'esprit de rigueur, de civisme et de développement acquis durant leurs séjours.
Quel message souhaitez-vous adresser à la jeunesse congolaise et aux futurs bénéficiaires des programmes internationaux ?
Je leur dirai qu'ils sont les ambassadeurs de la République démocratique du Congo. Ils doivent inspirer de modèle partout où ils passent et en tout ce qu'ils font. Ils ne vont pas en touristes, mais en observateurs silencieux pour booster la société congolaise à leur retour, chacun dans son domaine.
Propos recueillis par Yves Kalikat (Forum des As) et Luc-Roger Mbala (Le Nouvel Observateur)