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FLAMBÉE DES PRIX MALGRÉ L'APPRÉCIATION DU FRANC : Le Gouverneur du Kasaï-Oriental ordonne la baisse des tarifs aux opérateurs économiques
Le Gouverneur du Kasaï-Oriental, Jean Paul Mbuebue Kapo, a lancé une injonction ferme aux opérateurs économiques de la province, leur ordonnant de procéder immédiatement à une réduction des prix des produits de première nécessité sur le marché local. Cette décision, rendue publique lors d'un meeting populaire tenu le lundi 13 octobre dernier en présence des acteurs économiques, fait suite à la persistance d'une inflation jugée anormale, malgré une amélioration notable de la parité monétaire.
L'autorité provinciale agit en réaction à l'appréciation observée du franc congolais depuis environ un mois. Sur le marché parallèle de Mbuji-Mayi, le taux de change du dollar américain oscille désormais entre 2 000 et 2 300 francs congolais pour 1 USD, une nette amélioration par rapport aux taux antérieure.
Le mécontentement de l'Exécutif provincial, relayé par les consommateurs, est dû au fait que cette embellie monétaire ne s'est pas répercutée sur les étals. Le Gouverneur Mbuebue Kapo a ainsi exigé une baisse immédiate des prix des produits manufacturés et importés, afin que le pouvoir d'achat des ménages reflète le nouveau taux de change.
La réalité du marché, telle que confirmée par les ménagères à Radio Okapi, est cependant toute autre. Elles déplorent l'immobilisme des prix des biens essentiels, citant notamment les produits d'hygiène (savons); les denrées alimentaires de base (huile végétale, riz, spaghettis, boîtes de sardines); et les produits secs (fretins, poissons salés et sucre).
" Les prix des fretins, des poissons salés et du sucre non plus n'ont pas diminué, pourquoi ? ", s'est interrogée une consommatrice, résumant l'incompréhension générale face à cette inertie tarifaire.
LA QUESTION DES "ANCIENS STOCKS " AU CENTRE DU BLOCAGE
Face à l'injonction de l'autorité provinciale, certains opérateurs économiques ont avancé des explications pour justifier le maintien des prix. Leur argument principal est d'ordre financier : les prix restent inchangés car ils doivent d'abord écouler les anciens stocks de marchandises.
Ces stocks auraient été acquis lorsque le taux de change du dollar se situait à un niveau significativement plus élevé, atteignant environ 2 850 francs congolais pour 1 USD. L'abaissement immédiat des prix sur ces marchandises, estiment-ils, entraînerait des pertes financières considérables qui menaceraient la survie de leurs entreprises. Cette résistance met en évidence la difficulté de transition entre la fluctuation monétaire et l'ajustement des prix de détail.
Au-delà des denrées alimentaires, la population de Mbuji-Mayi a élargi ses revendications au secteur des services. Les citoyens appellent également à une diminution des tarifs du transport en commun, arguant que la baisse constatée du prix du carburant - directement lié à l'amélioration du taux de change - doit se traduire par une réduction des coûts pour les usagers.
La pression exercée par le Gouverneur Mbuebue Kapo vise à instaurer une discipline des prix et à assurer que les avantages de la stabilisation monétaire profitent directement aux ménages. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la capacité de l'Exécutif provincial à faire appliquer ses injonctions face à la résistance des opérateurs économiques.
Félix MULUMBA Kalemba