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EN MARGE DE SON SEJOUR EN RDC : Ndayishimiye appelle à renforcer la coopération régionale pour sortir de la crise
À l'issue de sa visite officielle le mardi 23 juin à Kinshasa, le président burundais et président en exercice de l'Union africaine, Evariste Ndayishimiye, s'est voulu à la fois lucide et volontariste. Face à une crise sécuritaire aux ramifications complexes, il a réaffirmé l'engagement de son pays en faveur d'une paix durable, tout en appelant à une mutualisation accrue des efforts entre les États de la région des Grands Lacs.
'La paix n'est pas un vain mot, c'est un comportement", rappelait Félix Houphouët-Boigny. Une maxime qui résonne avec une acuité particulière au regard de la situation persistante dans l'Est de la RD-Congo, où les déclarations d'intention peinent encore à se traduire en actes concrets.
Lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue Félix Tshisekedi, le chef de l'Etat burundais n'a pas éludé la complexité du dossier sécuritaire. Bien au contraire, il a insisté sur l'urgence d'une réponse concertée.
LE DIABLE SE CACHE DANS LE DETAIL
"Un point très important de nos échanges a porté sur la paix et la sécurité dans l'est de la RDC. Nous avons procédé à une évaluation approfondie de la situation sécuritaire dans cette partie du pays et j'ai exprimé mon soutien aux efforts diplomatiques régionaux et internationaux visant à instaurer une paix durable et à garantir la stabilité dans la région des Grands Lacs".
À bien des égards, cette déclaration traduit une volonté politique affirmée. Toutefois, comme le veut l'expression, le diable se cache dans les détails. Car si les intentions sont louables, leur concrétisation reste tributaire d'une multitude de facteurs souvent contradictoires.
Évariste Ndayishimiye plaide ainsi pour une approche systémique, rompant avec les réponses fragmentaires du passé. Le Burundi reste convaincu que la résolution durable des crises qui affectent l'est de la RDC passe nécessairement par une approche globale et intégrée visant mettre fin aux cycles récurrents de violence et à promouvoir le développement socio-économique des populations concernées". Autrement dit, il ne s'agit plus de colmater les brèches, mais de s'attaquer aux causes profondes d'un conflit enraciné dans des décennies d'instabilité. Une entreprise de longue haleine, qui exige patience, constance et, surtout, volonté commune. Dans cette optique, l'appel à la mutualisation des efforts régionaux sonne comme une évidence stratégique.
DES INITIATIVES QUI PEINENT A PRODUIRE DES EFFETS TANGIBLES "
Face aux menaces que représentent les groupes terroristes étrangers et les forces négatives opérant dans l'est de la RDC, le Burundi estime nécessaire de poursuivre et de renforcer la mutualisation des efforts entre les États de la région". Car, en effet, nul ne peut ignorer le caractère transfrontalier de la crise. Les groupes armés ne connaissent pas de frontières, et les intérêts géopolitiques, eux, s'entrecroisent souvent au détriment des populations civiles. Dès lors, agir en ordre dispersé reviendrait à courir après une illusion.
Dans le même élan, le président burundais a réitéré son soutien aux mécanismes diplomatiques en cours. "Le Burundi soutient toutes les initiatives visant à rétablir une paix durable en République démocratique du Congo, notamment les processus de Washington et de Doha, ainsi que les efforts de l'Union africaine à travers l'action du médiateur de l'Union africaine pour la paix en RDC appuyé par le panel des anciens chefs d'État africains. J'ai réaffirmé mon engagement personnel dans la médiation africaine, notamment à travers un mécanisme de suivi des processus en cours".
Pourtant, force est de constater que ces initiatives, aussi ambitieuses soient-elles, peinent à produire des effets tangibles. Entre les accords signés et leur application effective, le fossé reste béant. Les cessez-le-feu annoncés s'effritent, et les combats se poursuivent, comme si la diplomatie avançait à contretemps. Dès lors, une question s'impose, presque lancinante : la communauté régionale est-elle prête à aller au-delà des déclarations de principe ? Car à vouloir ménager la chèvre et le chou, le risque est grand de voir les processus de paix s'enliser dans une impasse.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO