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Ebola détecté chez un médecin arrivé en France : la RDC renforce la vigilance et écarte tout risque immédiat
Les autorités congolaises se veulent rassurantes après la confirmation en France d'un cas de maladie à virus Ebola chez un médecin humanitaire ayant récemment participé à la riposte sanitaire dans la province de l'Ituri. Tout en renforçant les mécanismes de surveillance, le gouvernement assure qu'aucun élément ne permet de conclure à un risque de transmission lors du passage du praticien en RDC ou durant son voyage vers l'Europe.
Dans un communiqué publié mercredi 24 juin, le gouvernement indique avoir été informé par les autorités sanitaires françaises de la détection du virus Ebola chez un professionnel de santé de retour de République démocratique du Congo.
L'homme concerné est un médecin-réanimateur de l'organisation humanitaire ALIMA, engagé dans la lutte contre l'épidémie qui sévit actuellement dans l'est du pays. Affecté au Centre de traitement Ebola du Centre médical évangélique de Rwampara, en Ituri, il y a exercé du 22 mai au 19 juin avant de quitter la zone touchée, de transiter par Kinshasa puis de rejoindre la France le 23 juin.
Selon les informations communiquées aux autorités congolaises, le médecin ne présentait alors aucun symptôme évocateur de la maladie.
" Il ne présentait aucun signe clinique ni lors de son départ de Bunia ni durant son séjour à Kinshasa ", souligne le communiqué officiel.
UNE INFECTION DE LA SOUCHE BUNDIBUGYO CONFIRMEE
C'est une fois arrivé sur le territoire français que le praticien, conscient du risque lié à son activité professionnelle, s'est volontairement présenté dans une structure sanitaire. Les analyses réalisées ont confirmé une infection par la souche Bundibugyo du virus Ebola.
Pour Kinshasa, cette précision est essentielle. Les autorités rappellent qu'une personne infectée ne devient contagieuse qu'à partir de l'apparition des symptômes. La transmission du virus nécessite un contact direct avec une personne malade ou avec des fluides biologiques contaminés.
Ce rappel vise à dissiper les inquiétudes suscitées par l'annonce de ce premier cas lié à l'épidémie congolaise détecté hors du continent africain.
KINSHASA ET PARIS ONT ENGAGE UNE COLLABORATION
Face à cette situation, les gouvernements congolais et français ont engagé une collaboration étroite afin de retracer les éventuels contacts du patient et d'assurer leur suivi conformément aux protocoles internationaux de lutte contre Ebola.
Les autorités congolaises indiquent avoir sollicité un partage d'informations avec leurs homologues françaises afin d'identifier toute personne potentiellement exposée durant le séjour du médecin en RDC.
Le gouvernement rappelle qu'en matière d'Ebola, chaque alerte déclenche automatiquement une enquête épidémiologique approfondie comprenant l'identification des contacts, leur évaluation selon le niveau d'exposition et leur suivi pendant vingt-et-un jours.
À Bunia, à Kinshasa ainsi que dans les autres provinces concernées, les dispositifs de surveillance restent pleinement opérationnels. Les équipes de riposte poursuivent les contrôles aux points d'entrée et de sortie du territoire, notamment dans les aéroports internationaux.
Ces mécanismes couvrent l'ensemble du processus de gestion des alertes sanitaires : détection précoce, isolement des cas suspects, prélèvements biologiques, analyses de laboratoire et surveillance des contacts.
Pour les autorités, cette chaîne de vigilance constitue aujourd'hui l'un des principaux remparts contre une propagation incontrôlée de la maladie.
UNE FLAMBEE EPIDEMIQUE FAIT L'OBJET D'UNE ATTENTION INTERNATIONALE
La confirmation de ce cas intervient alors que la flambée provoquée par la souche Bundibugyo fait l'objet d'une attention internationale particulière.
Le 17 mai dernier, l'Organisation mondiale de la santé avait classé cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale, en raison notamment de sa progression géographique vers l'Ouganda voisin et des difficultés rencontrées dans certaines zones affectées par les conflits armés.
L'OMS souligne également plusieurs facteurs de risque : la forte mobilité des populations, la faiblesse des infrastructures sanitaires dans certaines régions et l'absence, à ce jour, de vaccin ou de traitement spécifique contre cette variante du virus.
LA RDC DEMEURE L'UN DES PAYS LES PLUS EXPERIMENTES
Malgré les défis, Kinshasa affiche sa confiance dans les capacités de la riposte nationale. Les autorités rappellent que la RDC demeure l'un des pays les plus expérimentés au monde dans la gestion des épidémies d'Ebola.
Depuis l'apparition du virus sur son territoire, le pays a déjà fait face à seize flambées épidémiques, toutes finalement maîtrisées grâce à la mobilisation des équipes sanitaires nationales et de leurs partenaires internationaux.
Pour le gouvernement, le cas diagnostiqué en France ne constitue donc pas un échec du dispositif de riposte, mais plutôt la démonstration de l'efficacité des mécanismes de surveillance mis en place autour des personnels exposés. Une vigilance renforcée demeure toutefois de mise alors que la lutte contre l'épidémie se poursuit dans l'est du pays.
Jérémie ASOKO