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DIH ET LES DÉFIS POSÉS PAR LES CONFLITS ARMÉS CONTEMPORAINS, RDC: Le CICR et 6 États lancent l'initiative mondiale pour remédier aux crises actuelles et faire respecter les règles de la guerre
Pallier les crises actuelles et faire en sorte que les règles de la guerre continuent à l'avenir d'être respectées et défendues en tant que cadre juridique essentiel. Telle est l'initiative mondiale prise par le Comité international de la croix rouge ( CICR) et 6 États pour répondre actuellement et concrètement à l'urgence du Droit international humanitaire ( DIH) et les défis posés par les conflits armés. C'est ce qui ressort d'une conférence de presse tenue, le jeudi 23 juillet, à Kinshasa, par le chef de délégation de cette organisation internationale, François Moreillon.
Mettre sur pied une initiative mondiale en faveur de la revitalisation de l'engagement pour le DIH. Tous les États ont été invités à s'y joindre, à y contribuer activement et en faisant du DIH, une priorité politique aux niveaux national, régional et mondial.
LE NOMBRE DE CONFLITS DANS LE MONDE A DOUBLÉ
François Moreillon a souligné que le nombre de conflits dans le monde a presque doublé dans l'intervalle de dix ans et reconnaît des évolutions technologiques qui ont un impact sur la guerre.
"Je pense que cette conférence a permis de rappeler à quel point, alors que le nombre de conflits a pu doubler en l'espace de dix ans à travers le monde, à quel point finalement ce droit est incontournable, est une nécessité pour protéger les populations victimes de ces conflits armés.C'est le premier message que je retiendrai.
Le second, c'est qu'il y a des évolutions technologiques aujourd'hui qui transforment la guerre. Et il est indispensable que ces transformations soient conscientes de leurs devoirs moraux et de leurs obligations face au droit international humanitaire
qui reste tout à fait pertinent dans ces principes de précaution,de proportionnalité qu'elle défend dans son droit. Et quelles sont les actions menées par le CICR, c'est un peu que ces droits soient réellement vulgarisés", a-t-il affirmé.
APPEL AU RESPECT AU DIH
Le chef de la délégation du CICR en appelle au respect du droit international humanitaire pour qu'il soit bénéfique aux populations.
"Le CICR travaille depuis sa création à la promotion de ce droit, à son étoffement également.C'est à travers son travail auprès des partis des États, finalement, que ce droit s'est étoffé à travers le temps.
Aujourd'hui, nous appuyons finalement un certain nombre d'États pour l'organisation d'une initiative globale pour renforcer l'application du droit international humanitaire dans le temps, à travers le monde, alors qu'il est sujet à l'érosion, qu'il est battu en brèche trop souvent ces derniers temps,
et qu'il est important de rappeler que ce droit doit être respecté et de travailler aux voies et moyens de le faire exister davantage au profit des populations, dans l'objectif de les protéger", a-t-il ajouté.
"L'important finalement c'est de le rendre, de le faire respecter, pas plus.
C'est pour ça que le CICR investit beaucoup de temps et d'énergie à le faire
connaître auprès de l'ensemble des parties au conflit.Il est essentiel que ce droit soit plus appliqué si on veut changer la vie des populations qui sont exposées à la guerre.
Et concrètement, aujourd'hui, quels sont les plus grands obstacles au respect du DIH sur les terrains en RDC ?
Les enjeux, c'est d'abord, il peut y avoir des enjeux d'accès", a martelé François Moreillon.
UN RAPPEL En PERMANENCE
Un message qui sonne comme un rappel en permanence par diverses chaînes de commandement :
"Certaines zones peuvent être inaccessibles pour différents motifs, l'intensité des conflits, etc. Mais je pense que globalement, en RDC, on arrive à porter ces messages aux différents acteurs armés. Donc ça, c'est plutôt un aspect positif. Il reste quand même certains acteurs qui n'entament pas ce type de dialogue.
C'est quand même très préjudiciable au sort des populations.
Maintenant, ce qui est important, c'est que ces messages soient rappelés en permanence
par les différentes chaînes de commandement qui peuvent exister sur le terrain des différents acteurs armés", a-t-il conclu.
130 CONFLITS ET 120 GROUPES ARMÉS NON ÉTATIQUES RECENSES DANS LE MONDE
Aujourd'hui, l'on recense dans le monde au moins 130 conflits, plus de 60 États et 120 groupes armés non étatiques identifiés comme parties à ces conflits alors que plus de 204 millions de personnes vivent dans des zones sous le contrôle total ou contesté de groupes armés.
Dans ce contexte de conflits, alimenté par les fortes tensions géologiques et la croissante polarisation du monde sur des lignes idéologiques de plus en plus brouillées, les perceptions et les interprétations mettent le respect et l'applicabilité du DIH sous pression. L' écart perçu entre l'acceptation du droit et son respect visible peut alimenter les doutes quant à sa capacité à protéger les populations dans les conflits armés contemporains
Il sied de noter que cette conférence sur le DIH vise à renforcer l'engagement en faveur du DIH en créant des espaces de partage de connaissances et d'édification de ponts.
Favoriser la connaissance du DIH, des défis récents posés pour l'évolution des conflits contemporains et les avancées technologiques ; favoriser l'émergence et la consolidation de cadres d'échanges dédiés au débat public et constructif sur le DIH; faire du respect du DIH et de la protection des victimes une priorité nationale et un point primordial du débat public et de l'engagement des acteurs d'influence ; recueillir toutes propositions ou recommandations allant dans le sens de l'amélioration du respect du DIH dans les conflits armés, sont parmi les objectifs de cette conférence.
Celle-ci a connu également la participation de plusieurs panelistes. Il s'agit entre autres du professeur Baruani, de Julienne Lusenge (activiste), Fred Bauma (Directeur de Ebuteli), du Général Ntshaykolo Esosa pour donner du tonus à cet événement de haute facture.
Gloire BATOMENE