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CENI : Denis Kadima divise les confessions religieuses
*Une réunion de la dernière chance est annoncée ce vendredi au Centre Interdiocésain.
Le président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, a accordé mercredi deux jours de plus aux confessions religieuses pour s’accorder et transmettre les dossiers complets de leurs candidats à la présidence de la Centrale électorale, en vue de l’entérinement de leur choix par la Chambre basse. Une réunion de la dernière chance est annoncée au Centre Interdiocésain de Kinshasa.
Les confessions religieuses ont eu un délai de 48 heures, qui expire ce vendredi 30 juillet à minuit, pour désigner le futur président de la très stratégique Commission électorale nationale indépendante (CENI), chargée d’organiser les élections générales de décembre 2023.
A quelques heures de la fin de l’ultimatum, Denis Kadima continue à diviser les confessions religieuses. Les six confessions religieuses qui ont jeté leur dévolu sur Denis Kadima n’entendaient pas revenir sur leur choix. Si la nuit n’a porté aucun conseil, c’est que c’est cette position qu’elles vont brandir face aux représentants de la CENCO et de l’ECC. Et l’on craint que l’ultime rencontre entre leaders religieux se solde par un échec retentissant.
Bras de fer
Dans cette hypothèse-là, il ne serait pas exclu que les six confessions religieuses, fortes de leur majorité numérique, acheminent le dossier Kadima au Bureau de l’Assemblée nationale. La nouvelle couleur dominante dans les travées de l’hémicycle étant connue de tout le monde, point d’être prophète pour prédire la suite.
L’inconnue dans ce cas de figure serait la réaction de deux mastodontes des confessions religieuses que sont l’Eglise catholique et l’Eglise protestante. Deux organisations cléricales qui ont des ramifications à travers tout le pays.
D’ores et déjà, en l’absence d’un consensus, ce sera mal parti pour le processus électoral. Un processus qui pâtit déjà des réserves exprimées aussi bien par le FCC, devenu par la magie de la requalification de la majorité, le principal groupe parlementaire de l’opposition que par Lamuka.
Deadline perturbé
Les huit confessions religieuses officiellement reconnues désignent le président de la CENI. Ce choix doit ensuite être entériné par l’Assemblée nationale, avant la nomination officielle par le chef de l’État.
Relancé depuis mars, après des violentes manifestations en juillet 2020, le processus de désignation du président de la CENI devait se clôturer au plus tard le 28 juillet courant. Il est question de désigner le successeur de Corneille Nangaa Yobeluo, sous la direction duquel la Centrale électorale avait organisé les élections chahutées de décembre 2018, qui ont donné le candidat de l’UDPS, Félix Tshisekedi, vainqueur.
Sur les traces de Ronsard Malonda
Depuis 2006, l’opposition accuse la CENI d’organiser des élections truquées ou de ne jamais publier les véritables résultats issus des urnes. En juillet 2020, des manifestations avaient éclaté à Kinshasa pour dénoncer l’entérinement, par l’Assemblée nationale de Ronsard Malonda, accusé d’être proche du président honoraire Joseph Kabila.
Le contrôle de la Centrale électorale est un enjeu capital pour conquérir ou conserver le pouvoir dans nombre de pays africains.
Didier KEBONGO