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Burundi : la C64 internationalise la crise congolaise et met Tshisekedi sous pression
La coalition C64 poursuit son offensive politique sur le terrain diplomatique. Reçue par le président burundais, elle a présenté six messages clés visant à convaincre les partenaires régionaux que la crise en République démocratique du Congo ne peut plus être appréhendée sous le seul angle sécuritaire.
Pour la C64, la situation du pays est devenue «systémique», mêlant guerre, crise de gouvernance, crise de légitimité et tensions constitutionnelles. La coalition estime qu’une réponse exclusivement militaire ne permettra pas de ramener une paix durable et appelle à une approche globale associant réformes politiques, institutionnelles et sécuritaires.
L’Opposition insiste également sur la restauration de l’intégrité territoriale, qu’elle considère comme une priorité absolue. Elle plaide pour la cessation des hostilités, le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et une meilleure protection des populations civiles.
Dans son mémorandum, la C64 soutient qu’aucune paix durable ne pourra être obtenue sans un renforcement de l’État de droit, une amélioration de la gouvernance, le respect des libertés publiques et la préservation du consensus constitutionnel.
DÉCRISPATION POLITIQUE AVANT TOUT DIALOGUE NATIONAL
La coalition réclame en outre des mesures de décrispation politique avant toute ouverture d’un dialogue national. Elle cite notamment la libération des prisonniers politiques, la levée des condamnations à caractère politique et la fin des restrictions qu’elle juge arbitraires dans la délivrance des passeports aux opposants.
Elle appelle, par ailleurs, à une meilleure coordination des initiatives de paix sous l’égide de l’Union africaine et souhaite que les processus en cours intègrent davantage les dimensions politiques internes de la crise, par un dialogue inclusif réunissant toutes les parties prenantes. La coalition réaffirme enfin son soutien à la feuille de route conjointe portée par l’UA et l’ECC-Cenco.
En portant ces revendications devant le chef de l’État burundais, la C64 cherche manifestement à inscrire la question congolaise dans une dynamique diplomatique régionale. Reste à savoir si cette stratégie renforcera sa capacité à peser sur les futures négociations ou si elle accentuera davantage la confrontation politique avec le pouvoir de Kinshasa, dans la mesure où chaque initiative est désormais scrutée comme un rapport de force avant toute véritable recherche de consensus.
César IPOKA