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Bateaux de pêche industrielle : de promesse en promesse, la population commence à douter
Pour la énième fois, le gouvernement vient d'annoncer l'arrivée de huit bateaux de pêche industrielle au port de Boma, dans le Kongo Central. Ce n'est pas la première fois qu'une telle annonce est faite, le plus officiellement possible. Mais cette fois, maints Congolais ne cachent plus leur scepticisme quant à l'existence de ces bateaux. La dernière fois, le ministre de la Pêche et de l'Elevage avait confirmé l'amarrage au port de Boma de trois chalutiers au nom d'Étienne Tshisekedi,Simon Kimbangu et Patrice Lumumba. Des mois plus tard, c'est la même nouvelle qui est donnée à la population. S'agit -il d'une même commande, ne cesse -t-on de s'interroger.
La communication du ministre de la Pêche et de l'Elevage du vendredi 27 février dernier au Conseil des ministres dont le but visait à informer l'exécutif de l'évolution du projet et des mesures en cours pour rendre ces navires opérationnels, vient remettre en lumière la préoccupation du président de la République sur l'explosion de la masse salariale des agents et cadres de la Fonction publique.
LANCER LA PECHE AVEC LES CHALUTIERS DISPONIBLES
Depuis combien d'années fonctionne ce ministère ? Il a été créé sans que le pays ne dispose d'un seul navire, mais il compte plusieurs agents et cadres qui touchent les salaires et les primes sans rendre aucun service à l'État.
Le ministre de tutelle continue à parler en terme de projet de bateaux de pêche industrielle plusieurs fois en après avoir annoncé la présence au port de Boma.
Plus le gouvernement attend longtemps avant de lancer la pêche industrielle qui viendrait réduire tant soit peu la dépendance alimentaire du pays vis-à-vis de l'extérieur, plus le doute s'installe dans l'esprit des Congolais quant à la matérialisation de cet ambitieux projet salvateur.
Selon le ministre de la Pêche et de l'Elevage, des contrôles techniques ont été effectués sur les trois embarcations qui se trouvent au port de Boma. Qu'attend - on pour larguer ces navires sur le fleuve pour commencer véritablement la pêche ? Rien ne justifie ce retard.
Pourtant, nul n'ignore que le temps c'est de l'or. Face à la lassitude de la population qui attend goûter aux premiers poissons issus de la pêche industrielle grâce aux bateaux de pêche payés par le Trésor public, le gouvernement n'a plus de temps à perdre.
L'ARRIVEE D'AUTRES NAVIRES ANNONCEES
Par ailleurs, un office national de pêche et d'aquaculture (ONPA) a été créé depuis le 6 juin 2022. Mais on se demande si cet établissement public dispose de siège, de budget de fonctionnement et de personnel attitré. Voilà qui montre à suffisance le degré de défis auxquels le pays fait face dans ce secteur.
Alors que les premiers navires acquis ne sont pas encore utilisés, le ministre de la Pêche et de l'Elevage a révélé que le gouvernement poursuit le processus de renforcement de la flotte nationale avec d'autres unités en cours d'acheminement.
À ce propos, le membre du gouvernement a indiqué que les bateaux de 16 et 12 mètres commandés en Espagne sont arrivés au bout de leur fabrication. Toutefois, leur arrivée au pays reste conditionnée à certaines exigences techniques et logistiques, notamment la disponibilité d'infrastructures d'accueil adaptées et l'installation d'une chaîne de froid performante. Comme on le voit, il est inutile de tergiverser. Il faut y aller avec ce dont on dispose. L'heure de discours est révolu.
Muke MUKE