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Fécofa : Patrice Mangenda attaque l'élection de Véron Mosengo au Tas
Le Tribunal arbitral du sport ( Tas) situé à Lausanne en Suisse a ouvert l'instruction du recours de Rainier Patrice Mangenda contre l'élection de Véron Mosengo-Omba à la tête de la Fédération congolaise de football association ( Fecofa), le 20 mai. L'instance sportive congolaise a 10 jours supplémentaires pour nommer son arbitre.
C'est un feuilleton judiciaire pour le football congolais au niveau du Tas. Loin des bisbilles entre deux clubs de la Ligue nationale de football (Linafoot) mais entre individus sur les récentes élections au niveau de la Fecofa.
Patrice Mangenda ne veut pas lâcher son adversaire, c'est un strict marquage à la culotte, à l'italienne. Le Tas a officiellement lancé la phase d'instruction du dossier "TAS 2026/A/12613" opposant Mangenda Suku Swa, candidat écarté, à la Fecofa.
La saisine fait suite à l'Assemblée générale élective du 20 mai 2026 à Kinshasa. Véron Mosengo-Omba y a été élu président, mettant fin à la période de normalisation conduite par le Comité de normalisation (Conor).
Candidat à ce scrutin, Mangenda conteste la régularité du processus. Il fustige des irrégularités et des " tripatouillages".
Après avoir essuyé des injustices au niveau national", il a porté l'affaire à Lausanne.
Dans un courrier du 22 juillet, le Greffe du Tas a accordé à la Fecofa 10 jours supplémentaires pour désigner son arbitre. Elle dispose au total de 20 jours depuis le 13 juillet, date de réception du courrier initial.
La fédération s'est aussi attaché les services d'un avocat suisse, Me Jean-Samuel Leuba du cabinet HCML Avocats. La procédure se tiendra en français, sans opposition de la Fecofa.
Avec cette phase d'instruction, le Comité Mosengo, à peine en place, se retrouve déjà sous pression. La plus haute instance de litiges du sport devra désormais se prononcer sur la validité d'une élection censée tourner la page de la normalisation.
UNE ÉLECTION CONTESTÉE
L'élection de Véron Mosengo-Omba à la présidence de la Fecofa est au cœur d'une procédure devant la plus grande organisation d'arbitrage de sport . Alors que le nouveau président avait été élu sans challenger lors de l'Assemblée générale extraordinaire et élective (AGEE) du 20 mai, deux anciens candidats écartés de la course contestent la régularité du processus.
Ancien Secrétaire général de la Confédération africaine de football (Caf), Véron Mosengo avait été porté à la tête de la plus grande instance de football au Congo en qualité de candidat unique.
Cette situation est intervenue après l'invalidation des candidatures de Patrice Mangenda, ancien Secrétaire général de la Fecofa, et de Jean-Claude Mukanya, ancien international congolais devenu entraîneur.
Estimant avoir été injustement exclus de la compétition électorale, le 11 juin les deux candidats ont décidé de porter l'affaire devant le Tas afin d'obtenir un réexamen de la procédure.
LA PROCÉDURE D'APPEL OUVERTE AU TAS
Leur recours a été jugé recevable, ouvrant officiellement une procédure d'appel devant l'instance basée à Lausanne. Dans leur requête, les plaignants dénoncent plusieurs irrégularités qu'ils estiment avoir entaché le processus électoral.
Ils évoquent notamment une modification ou une interprétation contestée des textes ayant conduit à leur exclusion et permis l'organisation d'une élection avec un seul candidat.
DES PRESSIONS POLITIQUES ET LA FALSIFICATION DES TEXTES
En outre, les requérants soutiennent que des pressions politiques auraient été exercées sur certains acteurs du football congolais afin d'influencer le déroulement de l'ensemble des opérations de vote.
Ils demandent ainsi au Tas d'examiner l'ensemble des éléments qu'ils considèrent susceptibles d'avoir compromis la transparence et l'équité de l'élection.
?Ces accusations devront toutefois être examinées dans le cadre de l'instruction menée par la juridiction arbitrale, qui entendra les différentes parties avant de rendre sa décision.
DES ENJEUX MAJEURS POUR LE FOOTBALL CONGOLAIS
L'ouverture de la procédure ne remet pas immédiatement en cause la présidence de Véron Mosengo-Omba. L'institution sportive devra désormais analyser les arguments de différentes parties avant de statuer sur le fond du dossier, un processus qui pourrait s'étendre sur plusieurs mois.
À l'issue de cette instruction, plusieurs scénarios restent envisageables : la confirmation de l'élection de Véron Mosengo le rejet des recours ou, dans l'hypothèse où des irrégularités substantielles seraient établies, l'annulation du scrutin avec l'organisation éventuelle d'une nouvelle élection.
Cette procédure intervient dans un contexte où le football congolais cherche à renforcer sa gouvernance et sa crédibilité sur la scène nationale et internationale. La décision finale du Tas sera donc particulièrement suivie, tant par les dirigeants sportifs que par les clubs, les acteurs du football et les supporters, puisqu'elle pourrait avoir des conséquences importantes sur l'avenir institutionnel de la Fecofa.
Gloire BATOMENE