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Face aux KassapArds réunis à Boboto : Martin Fayulu réitère son appel à la cohésion nationale
Le président national de l’Ecidé, Martin Fayulu Madidi, a été l’invité des anciens étudiants de l’université de Lubumbashi, communément appelés les Kassapards hier dimanche 20 octobre . Au cours de leurs échanges qui ont eu lieu dans le cercle culturel Boboto, dans la commune de Gombe, l’opposant congolais a réitéré son appel à la cohésion nationale, son cheval de bataille depuis quelques mois.
De prime abord, le candidat malheureux à la magistrature suprême a peint « un tableau sombre de la situation politico-socio-économique du pays, caractérisée par la guerre que nous fait Paul Kagame et ses affidés du M23 au Nord-Kivu, où plus ou moins 115 localités sont occupées par les Rwandais« .
« En Ituri, outre les ADF, c’est un groupe armé local, au nom de la CODECO, qui sème mort et désolation parmi les populations de cette province martyre.
Dans le Sud-Kivu, précisément dans le territoire de Kalehe, plusieurs petits groupes rebelles y opèrent allègrement.
Quand Mbororo, Mobondo et Kuluna font la loi
Ailleurs, dans le Haut-Uélé, depuis plusieurs années, ce sont les Mbororo, venus du Soudan qui tuent les Congolais pour conquérir les pâturages.
À Kwamouth, dans le Mai-Ndombe, et dans certains coins du Kwango et du Kwilu, les miliciens Mobondo pillent, incendient maisons et tuent comme s’ils se trouvaient dans un territoire conquis.
Dans le Kongo Central, les informations dignes de foi font état d’infiltrés qui se préparent à commettre des actes répréhensibles.
À Kinshasa, les bandits urbains dits « Kuluna » opèrent, même en pleine journée, en toute quiétude. Avant leur neutralisation, les fameuses « Forces du progrès » se sont abusivement substituées aux pouvoirs publics.
La misère insoutenable
Selon un rapport récent de l’ONU, 37 millions de Congolais vivent dans une malnutrition aiguë, alors que 5 millions d’enfants risquent de voir leur croissance compromise à cause de cette sous-alimentation.
Sur le plan économique, des enquêtes crédibles révèlent que la plupart des Congolais vivent avec moins de 2 dollars américains par jour, situation qui les place parmi les plus pauvres au monde. « La misère s’est généralisée ces dernières années », déplore Fayulu Madidi.
Alors que le peuple vit dans des conditions infra humaines, la corruption et les détournements des deniers publics ont atteint des proportions inquiétantes. Le front social est en ébullition avec les grèves des enseignants et des médecins. Pour Martin Fayulu, la crise est là, profonde et innommable dans tous les domaines. « Nous ne pouvons pas nous voiler la face« , s’est-il exprimé.
Sur le plan politique, les cycles électoraux vont de mal en pis depuis 2006. Si en cette année-là, la fraude s’est située dans les limites du tolérable, en 2011, le désordre était patent, en 2018 où, a-t-il déclaré, il a gagné mais la CENI a proclamé un autre, le hold-up avait révolté plus d’un, en 2023, nous avons connu un simulacre d’élections. Le chaos a été au paroxysme.
Un dialogue pour la vérité, la réconciliation et la cohésion nationale
Face à un tableau aussi sombre qui frise l’apocalypse, le leader de Lamuka estime que la seule piste à suivre est celle du dialogue autour des confessions religieuses, dialogue au cours duquel les participants vont se dire les vérités sur toutes les situations qui se sont passées et se passent dans le pays, en vue d’aboutir à la réconciliation, et créer la cohésion nationale. La désunion, a-t-il affirmé, est la cause de nos déboires vis-à-vis de nos ennemis.
Par ailleurs, il a déploré la défaillance de l’élite congolaise, incapable de galvaniser les populations face à la déliquescence de l’Etat, avant de revenir sur son appel au dialogue qui sera axé sur quatre points : réfléchir sur les voies et moyens de recouvrer l’intégrité territoriale, arrêter la mal gouvernance et les détournements dans le pays, comment mettre fin aux violations massives des droits humains, et mettre en place les réformes institutionnelles pour l’organisation des élections crédibles et transparentes.
À ce sujet, il a rejeté d’un revers de la main le procès d’intention contre lui, selon lequel il veut s’acoquiner avec le pouvoir en place en lui offrant des béquilles. Selon lui, on n’arrête jamais de dialoguer. Même dans nos familles biologiques, a-t-il laissé entendre, des conflits voient le jour mais le dialogue finit par dire le dernier mot.
Concernant le projet de révision de la constitution, il a martelé que la loi des lois ne se révise pas à chaque instant, et qu’il y a des dispositions verrouillées auxquelles on ne peut pas toucher.
Muke MUKE