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Crise politique : Évariste Ndayishimiye ouvre des consultations avec l'opposition C64
Le président du Burundi et président en exercice de l'Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a entamé hier lundi 6 juillet, à Bujumbura, une série de consultations avec les leaders de la coalition Article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel (C64) ainsi qu'avec des représentants des confessions religieuses congolaises. Ces consultations interviennent dans un contexte marqué par les tensions politiques autour d'un éventuel projet de révision constitutionnelle en République démocratique du Congo.
Selon des sources de la coalition, ces échanges porteront sur la situation politique, sécuritaire et institutionnelle en RDC, alors que l'opposition dénonce toute initiative susceptible d'ouvrir la voie à un nouveau mandat du président Félix Tshisekedi, dont le second mandat s'achève dans deux ans.
À la veille de cette rencontre, un membre de la C64 a indiqué que la coalition entend rappeler au chef de l'État burundais sa mission première : la défense de l'ordre constitutionnel, de la paix et de la tenue régulière des élections.
" NOTRE PRIORITÉ EST LA PAIX ET L'ORGANISATION DES ÉLECTIONS "
" La C64 est la coalition de l'article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel. Notre priorité est la paix et l'organisation des élections. Nous souhaitons également que le président de l'Union africaine puisse contribuer à l'application de la résolution 2773, car il ne peut y avoir de paix sans cohésion nationale", a-t-il déclaré.
L'opposant a également rappelé les appels à l'unité lancés par Évariste Ndayishimiye lors de sa récente visite officielle à Kinshasa. Il a estimé que la cohésion nationale demeure " la priorité des priorités " dans un contexte de crise sécuritaire constante dans l'Est du pays.
Contrairement à certaines spéculations, la coalition affirme que ces consultations ne sont pas le résultat d'une démarche de l'opposition, mais d'une invitation formelle des autorités burundaises.
" C'est le directeur de cabinet du président Ndayishimiye qui nous a contactés. Cette invitation nous a conduits à réexaminer notre calendrier d'actions. Après un débat intense, la majorité des membres a estimé qu'il était préférable de reporter notre manifestation ", a précisé ce responsable.
INVITATION ACCEPTÉE " DANS UN ESPRIT DE RESPONSABILITÉ "
Initialement prévue le 8 juillet, la manifestation nationale de la C64 a ainsi été reportée au 22 juillet prochain. Cette mobilisation devait se tenir à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays, avec pour destination symbolique le Palais de la Nation, siège officiel du président de la République.
La coalition, qui regroupe notamment Martin Fayulu, Delly Sesanga, Moïse Katumbi et Jean-Marc Kabund, explique avoir accepté cette invitation " dans un esprit de responsabilité ", convaincue que toute initiative susceptible de préserver l'ordre constitutionnel mérite d'être examinée.
À Bujumbura, les dirigeants de la C64 entendent exposer " avec clarté et fermeté " leurs préoccupations sur ce qu'ils considèrent comme des menaces pesant sur la démocratie, les institutions et la stabilité du pays.
Cette initiative diplomatique intervient quelques semaines après la visite d'État de 48 heures effectuée par Évariste Ndayishimiye à Kinshasa. Aux côtés du président Félix Tshisekedi, le chef de l'État burundais avait alors insisté sur la nécessité de préserver l'unité nationale, de privilégier le dialogue politique et de consolider les institutions face aux défis sécuritaires chroniques dans l'Est de la RDC.
En sa qualité de président en exercice de l'Union africaine, Évariste Ndayishimiye apparaît désormais comme un interlocuteur régional attentif aux tensions politiques congolaises, à un moment où le débat sur l'avenir institutionnel du pays continue d'alimenter les crispations au sein de la classe politique.
Jérémie ASOKO