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Corneille Nangaa: « Le Congo n’est pas trop grand, c’est à nous de voir plus grand, d’avoir la grandeur qu’il exige de nous»
Bien plus que du buzz à Show buzz. Plutôt un coup d’essai transformé en coup de maître. Pour son baptême de feu comme homme politique, Corneille Nangaa a frappé les esprits tant sur le plan de la forme qu’au niveau de la substance à l’occasion de la sortie officielle de son parti politique, l’Alliance pour la dignité du Congo et de son peuple (ADCP). Réglé comme une horloge…suisse, le Président de l’ADCP a officié une messe orchestrée, chronométrée comme on en célèbre rarement dans le landerneau politique rd congolais. Le tout devant un parterre de cadres et de militants – et non des figurants et des applaudisseurs de service – régulièrement encartés. Comme la forme c’est le fond qui remonte à la surface dixit Victor Hugo, le contenu y est déjà. Car, l’homme de terrain et du réel qu’est Corneille Nangaa a aussi présenté son offre politique. Sa connaissance intime du Congo profond et ses nombreux investissements dans le pays lui confèrent une légitimité pour proposer la thérapeutique idoine pour réanimer le grand grabataire au cœur de l’Afrique.
D’un État défaillant à un État congolais moderne, espace d’opportunités et de libre-échange (Business Land), telle est la vision claire et nette de Corneille Nangaa Yobeluo d’apporter une correction de perception dans le stéréotype des Congolais. À savoir que « le Congo n’est pas trop grand, c’est à nous de voir plus grand et d’avoir la grandeur qu’il exige de nous« . Telle est la quintessence du discours et du brillant exposé de l’ancien président de la Ceni, lors du lancement de son parti politique, l’Alliance pour la dignité du Congo et de son peuple (ADCP), le samedi 25 février dernier à Kinshasa devant une foule de cadres, militants et sympathisants.
L’ADCP ne se veut pas un énième parti venu s’ajouter à la myriade de partis enregistrés en RDC, mais un parti pionnier d’une nouvelle génération d’acteurs politiques incarnant une nouvelle façon de faire la politique dans une perspective éthico- pragmatique, avec un leadership visionnaire et responsable, a dit en substance son président.
«L’autre correction de perception, c’est que le Congo n’est pas trop grand, c’est à nous de voir plus grand, d’avoir la grandeur qu’il exige de nous, ainsi que le recommandait Patrice Emery Lumumba», a fait savoir l’initiateur de l’ADCP.
Au regard de la misère qui sévit au Congo, Corneille Nangaa qui a dit sans ambages que le salut du Congo ne viendra ni de l’Orient ni de l’Occident mais des efforts des Congolais sous la bénédiction de Dieu, se présente pour servir ce peuple qui « souffre dans son corps et son âme« , pour emprunter les propos du Cardinal Fridolin Ambongo.
« ME VOICI, SEIGNEUR, ENVOIE-MOI «
«Me voici, Seigneur, envoie-moi», Esaïe 6,8 en s’inspirant des Saintes Écritures, sans avoir la prétention de jouer le rôle messianique mais juste mettre sa disponibilité et son service pour le bien-être de tous.
Il a insisté sur la dignité qui est la pierre angulaire de cette formation politique étant donné que c’est un attribut fondamental de l’être humain et une valeur essentielle de l’humanité.
«La dignité, pierre angulaire de l’édifice ADCP, elle est un attribut fondamental de l’être humain, une valeur essentielle de l’humanité. Elle est l’indicateur qui détermine le niveau d’organisation et de développement des peuples à travers le monde, le degré de considération due et méritée dans le concert des nations.
REFORMER L’ARMEE, LA POLICE, L’ADMINISTRATION
Celles d’entre elles qui sont capables de garantir à leurs populations la sécurité et les conditions de vie dignes sont respectées, adulées et présentées à juste titre comme des modèles», a-t-il ajouté.
Face aux défis majeurs de ce pays-continent situé au cœur de l’Afrique et entouré de neuf voisins, celui que ses admirateurs surnomment «l’Aigle», a promis de réformer les forces de défense et de sécurité, l’administration et la justice.
«Notre offre politique veut répondre à deux préoccupations majeures :
• Le besoin impérieux de redressement de l’Etat congolais et de réhabilitation de la plénitude de ses fonctions régaliennes, à savoir : l’armée, la police, l’administration et la justice afin de répondre aux exigences de ses ambitions géostratégiques ;
• L’absolue nécessité de rompre avec l’extrême pauvreté qui avilit le peuple congolais et de lui redonner sa dignité à travers le travail qui est le vrai facteur de production des richesses et du bien-être auxquels il a droit», a-t-il poursuivi.
« LE TRIBALISME EST UNE GANGRENE A ERADIQUER »
L’ancien président de la Centrale électorale s’inscrit dans la ligne droite de la lutte contre le tribalisme.
«Je rêve du moment où on allait à l’école, au marché, à l’église, aux jeux… sans se soucier de savoir que tel ou tel autre était de telle ou telle autre tribu ou ethnie.
Ces dernières années, la nation est déchirée par des discours sectaires, tentant à exclure l’autre qui ne partage pas le même village d’origine que soi-même oubliant que nous sommes d’abord Congolais. Le tribalisme est une gangrène à éradiquer», a-t-il martelé.
PRÉSENTER LES CANDIDATS À TOUS LES NIVEAUX POUR 2023
À en croire Corneille Nangaa, l’ADCP bien que nouvelle formation politique, n’a pas peur d’affronter d’autres formations politiques dejà existant sur la scène politique.
«On l’aura compris, si l’objectif pour un parti politique est la conquête du pouvoir, l’ADCP n’envisage pas, pour sa part, la conquête du pouvoir pour le pouvoir.
Elle porte une offre politique ambitieuse et réalisable qui vient de vous être présentée. C’est la matérialisation de cette offre qui requiert la conquête du pouvoir de décision. Ça ne peut se concevoir autrement.
Puisque nous parlons de conquête du pouvoir, il doit être clair que l’ADCP se prépare à présenter des candidatures à tous les niveaux», a-t-il promis.
CANDIDAT OU PAS CANDIDAT
À la question de savoir, si le président national de l’ADCP sera candidat pour la course à la magistrature suprême au mois de décembre? Les militants, sympathisants venus très nombreux doivent prendre leur mal en patience. La réponse sera connue au prochain congrès.
«Présentera-t-elle un candidat au poste de président de la République ? Le Congrès du parti se prononcera sur cette question les mois à venir», a-t-il lâché devant un auditoire qui a applaudi frénétiquement.
« FAIRE ECHEC AU PLAN
DE BALKANISATION »
Quand bien même, Corneille Nangaa tient à l’organisation du scrutin en décembre 2023, il a souligné que les élections ne peuvent pas avoir une préséance sur l’existence même de l’État congolais, menacée.
«Parlant des élections, elles ne peuvent primer l’existence même de l’Etat, aujourd’hui menacée. Elles sont certes importantes pour notre démocratie, mais il faut que le Congo demeure ce qu’il est pour qu’elles aient réellement leur sens. La réalité à ce jour, c’est que des pans entiers du territoire national sont occupés faisant poindre le spectre de la balkanisation maintes fois annoncée.
Quoi qu’il en soit, nous sommes certains que la détermination des Congolais, attachés qu’ils sont dans leur for intérieur à l’unité de la République, saura à faire échec à tout plan machiavélique de balkanisation de la République. Grâce à l’effort de tous, le Congo restera un et indivisible. Mais il faut y œuvrer concrètement, car ce n’est nullement un cadeau», a-t-il dit.
L’ADCP n’est ni de gauche ni de droite. Elle ne se définit pas dans ce prisme. Son idéologie est l’humanisme moderniste inculturé, c’est-à-dire placer l’homme dans sa dignité comme moteur et finalité. Trois valeurs constituent sa devise : le patriotisme, la dignité et le travail. Gloire BATOMENE