Dernière minute
Société
A Biyela, zone de santé située dans la commune de Kimbanseke, à Kinshasa, Médecins Sans Frontières (MSF) clôture ses activités de prise en charge du VIH/tuberculose et transfère les services aux autorités sanitaires, après cinq ans d'intervention. Le projet a permis d'élargir considérablement l'…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
A peine trois ans après sa création, l'Adesco, sous l'impulsion de son autorité morale, Tony Kanku Shiku, poursuit son implantation au sein de la diaspora congolaise en Europe et dans plusieurs…
Étranger
Tué dans une frappe israélo-américaine au mois de février, le corps de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé ce vendredi 3 juillet dans le complexe religieux de Téhéran où…
Nation
Le gouvernement congolais a officiellement lancé, jeudi à Gemena, le Programme de Relance Agricole dans le Sud-Ubangi (PRASUB), un ambitieux projet financé à hauteur de 7,76 millions de dollars…
Bujumbura : Ndayishimiye en quête d'un consensus entre la C64, la Cenco, ERC et l'ECC
Depuis ce week-end, la capitale burundaise s'impose comme un nouveau carrefour diplomatique autour de la crise politique Rd-Congo. À Bujumbura, des figures majeures de l'opposition politique et des représentants influents des confessions religieuses congolaises convergent, répondant à l'invitation d'Évariste Ndayishimiye, président du Burundi et président en exercice de l'Union africaine, dans le cadre d'une initiative de médiation régionale.
L'heure est aux consultations. Plusieurs rencontres devraient également se tenir au Palais présidentiel de Gitega, siège officiel du pouvoir depuis le transfert de la capitale politique, où le chef de l'État burundais reçoit ses hôtes dans le cadre de ces échanges.
Les membres du présidium de la coalition d'opposition C64 (Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, Dieudonné Bolengetenge, délégué de Moïse Katumbi et Francklin Tshiamala, représentant du LGD d'Augustin Matata Ponyo) ont foulé le sol burundais avec un objectif affiché : faire entendre leur lecture de la crise congolaise et exposer leurs préoccupations face à ce qu'ils considèrent comme des menaces sérieuses contre l'ordre constitutionnel.
JOSEPH KABILA SERAIT ÉGALEMENT REPRESENTE
Alors que José Makila, membre du regroupement Sauvons le Congo, proche de Joseph Kabila, avait récemment critiqué Martin Fayulu et les autres opposants pour avoir répondu favorablement à l'invitation du président burundais, des informations concordantes indiquent que l'ancien chef de l'État serait lui aussi représenté à ces assises.
Selon plusieurs indiscrétions, Raymond Tshibanda et Franck Diongo devraient prendre part aux discussions en son nom. Le premier est présenté comme un fin connaisseur des négociations diplomatiques, tandis que le second apporterait son expérience des dynamiques de l'opposition politique.
ECC, CENCO ET ERC
À leurs côtés, les principales confessions religieuses du pays ont également répondu présent. L'archevêque Ejiba Yamapia, président de la Plateforme des confessions religieuses et des Églises du Réveil, a fait le déplacement apprend-t-on auprès de nos confrères d'ACTUALITE.CD
Tout comme une délégation conjointe de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l'Église du Christ au Congo (ECC). Conduite notamment par le pasteur André-Gédéon Bokundoa, le pasteur Éric Nsenga et Mgr Donatien Nshole, cette délégation est porteuse d'une légitimité morale et d'une expérience reconnue dans les processus de médiation politique en RDC.
Selon plusieurs sources concordantes, ces acteurs religieux doivent échanger avec les leaders de l'opposition déjà présents sur place, dans une tentative de rapprochement des positions. Une dynamique qui rappelle le rôle central joué par les Églises dans les précédents processus de dialogue, notamment lors des négociations de la Saint-Sylvestre. L'ancien président Joseph Kabila, bien que non présent physiquement, devrait être représenté par un émissaire. Signe que toutes les sensibilités politiques entendent peser sur ces discussions.
Cette initiative diplomatique intervient dans un climat de fortes tensions internes, marqué à la fois par des divergences politiques profondes autour du changement de la Constitution et une situation sécuritaire toujours préoccupante dans l'est du pays.
Pour Évariste Ndayishimiye, la clé réside dans l'unité nationale. "Il faut avoir confiance que vous avez un ennemi commun et, face à un ennemi commun, pour le combattre, il faut l'unité", a-t-il récemment déclaré, insistant sur la nécessité de dépasser les clivages internes pour faire face aux défis sécuritaires.
UNE APPROCHE INCLUSIVE
Dans cette perspective, le président burundais mise sur une approche inclusive, encourageant un dialogue élargi entre les différentes composantes de la classe politique et sociale congolaise. Il avait d'ailleurs salué, lors de sa récente visite à Kinshasa, l'ouverture affichée par le président Félix Tshisekedi en faveur de la concertation, tout en appelant à privilégier la voie du dialogue.
Du côté de l'opposition, la participation à ces consultations est présentée comme un geste d'ouverture. La coalition C64 affirme vouloir explorer "toute voie sérieuse" susceptible de préserver l'ordre constitutionnel. En reportant sa marche initialement prévue le 08 juillet , elle entend substituer à la pression de la rue une stratégie de pression politique, sans pour autant renoncer à la mobilisation populaire.
C64 : MANIF RENVOYEE AU 22 JUILLET
La manifestation est ainsi reprogrammée au 22 juillet 2026, à Kinshasa, devant le Palais de la Nation, avec un appel à la mobilisation des relais provinciaux et de la diaspora. "Le report est tactique, pas idéologique", insiste la coalition, qui appelle ses bases à demeurer "mobilisées, vigilantes et unies".
Cependant, derrière cette ouverture apparente, les lignes de fracture demeurent profondes. Le pouvoir en place continue de plaider pour un dialogue organisé dans le strict cadre des institutions républicaines, sans remise en cause de l'ordre constitutionnel. Une position rejetée par une frange importante de l'opposition, qui conditionne sa participation à un processus placé sous l'égide du tandem Cenco-ECC, considéré comme plus crédible et impartial.
UN DIALOGUE INCLUSIF
Pour ces opposants, tout dialogue piloté par les autorités actuelles risque de n'être qu'un "simulacre", incapable de répondre aux véritables enjeux de gouvernance et de légitimité. À l'inverse, les Églises proposent une feuille de route basée sur un dialogue inclusif, susceptible de restaurer la confiance entre les acteurs politiques et de poser les bases d'une sortie de crise durable.
À Bujumbura et à Gitega, les échanges s'annoncent donc décisifs. Entre volonté affichée de dialogue et méfiances persistantes, la médiation burundaise se heurte à la complexité d'un paysage politique congolais profondément fragmenté. Mais, pour beaucoup d'observateurs, cette initiative pourrait constituer une étape clé vers un compromis politique, à condition que les protagonistes acceptent de faire des concessions.
Car, au-delà des calculs politiques, c'est bien la stabilité du pays qui est en jeu. Et dans cette équation délicate, le Burundi pourrait, le temps de ces consultations, devenir le théâtre d'une recomposition possible du dialogue politique congolais.
Si aucune conclusion ne peut encore être tirée de cette rencontre, la composition des invités témoigne d'une volonté de réunir autour d'une même table des acteurs aux positions souvent opposées, dans un contexte où la RDC traverse une période politique particulièrement sensible.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO & César IPOKA