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Attaque au Parc national de l'Upemba : cinq agents tués, équipements pillés, infrastructures endommagées
Le Parc national de
l'Upemba, l'un des
plus vastes et des plus emblématiques espaces protégés de la République démocratique du Congo, a, de nouveau, été frappé par la violence armée. Le mardi 3 mars, son quartier général situé à Lusinga, dans le Haut-Katanga, a subi une incursion menée par des assaillants non encore identifiés. Le bilan fait état de cinq membres du personnel tués, des équipements pillés et plusieurs infrastructures endommagées.
Dans un communiqué officiel publié hier mercredi 4 mars, l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) affirme qu'une cellule de crise a été convoquée en urgence. En coordination avec les FARDC et les services de sécurité, des mesures ont été prises pour sécuriser les agents et reprendre le contrôle du site. Le parc est maintenant sous contrôle.
En condamnant une violation grave de l'ordre juridique national et des conventions internationales, l'ICCN rappelle que les aires protégées sont censées relever d'un principe de neutralité et de non-belligérance. Mais sur le terrain, ces principes peinent à résister aux dynamiques armées locales.
ATOUTS REELS POUR UN TOURISME ACTIF
L'attaque de Lusinga remet ainsi au centre une question essentielle : celle de la sécurité des agents de conservation. Souvent isolés, faiblement équipés et exposés aux violences, ces hommes et ces femmes incarnent pourtant une présence stratégique de l'État dans des espaces reculés.
Leur mission dépasse la seule protection de la faune : ils défendent aussi des écosystèmes-clés, des ressources en eau, des paysages d'importance nationale et une part du patrimoine naturel mondial.
L'Upemba dispose encore d'atouts réels, notamment pour la pêche légale sur certains lacs et pour un tourisme actif de paysages fondé sur la beauté de ses reliefs et de ses zones humides. Mais sans réhabilitation des infrastructures, renforcement de la gouvernance, sécurisation durable du personnel et relance effective de la conservation, ce potentiel restera largement théorique.
PARMI LES PLUS ANCIENNES AIRES PROTEGEES
Pour rappel l'attaque du 3 mars ne constitue pas un épisode isolé. Entre 2004 et 2006, la présence de groupes armés Mai-Mai avait déjà fortement réduit la capacité de contrôle de l'ICCN sur le parc. Lusinga elle-même avait été attaquée en 2004, avec son lot de pillages, destructions et enlèvements.
Créé en 1939, le Parc national de l'Upemba figure parmi les plus anciennes et les plus importantes aires protégées du pays. Situé dans le sud-est du pays, il couvrait à l'origine 17 730 km², ce qui en faisait alors le plus grand parc d'Afrique. Après la révision de ses limites en 1975, il comprend un parc intégral d'environ 10 000 km² et une annexe de 3 000 km².
L'Upemba est reconnu pour la diversité spectaculaire de ses paysages : hauts plateaux, savanes, falaises, gorges profondes, chutes d'eau, marais et lacs. Ses zones humides comptent parmi les plus importantes d'Afrique et jouent un rôle majeur dans l'alimentation du bassin du fleuve Congo. Ce capital écologique exceptionnel contraste pourtant avec une vulnérabilité chronique.
Fyfy Solange TANGAMU