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Après une médiation de l’UA, La C64 saisit officiellement le Gouverneur Bumba sur sa marche du 22 juillet
La coalition de l’opposition dite C64, regroupant plusieurs figures politiques de l’Opposition, a officiellement confirmé la reprogrammation de sa marche pacifique au mercredi 22 juillet 2026 à Kinshasa. Dans une correspondance adressée au gouverneur de la ville, Daniel Bumba, les organisateurs annoncent une mobilisation d’envergure nationale, tout en insistant sur son caractère strictement pacifique de l’événement et sur son fondement constitutionnel, notamment l’article 26 de la Constitution de la République démocratique du Congo.
Cette initiative politique rassemble notamment Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, tous signataires du présidium de cette plateforme. Ensemble, ils ont notifié les autorités provinciales de Kinshasa, dirigées par le gouverneur Daniel Bumba, de l’organisation de cette marche qui partira de plusieurs communes de la capitale dès 9h00, avant une convergence vers le Palais de la Nation, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, où un mémorandum sera remis au président de la République.
Dans leur message, les leaders de la C64 affirment que cette mobilisation vise à exprimer l’attachement des citoyens au respect de la Constitution, à la défense de l’État de droit et à la préservation de l’ordre institutionnel. Ils soulignent que cette démarche s’inscrit dans le cadre légal prévu par la Constitution, qui garantit la liberté de manifestation. Ils demandent aux autorités de prendre les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des participants et le bon déroulement de l’événement.
Une marche citoyenne dépourvue de toute intention violente
«Conformément à l’article 26 de la Constitution de la République démocratique du Congo, nous présidents et responsables des partis politiques A.CH. ECIDé, Ensemble, LGD et Envol, nous avons l’honneur de vous informer de l’organisation d’une manifestation pacifique qui se tiendra mercredi 22 juillet 2026 à Kinshasa. Cette manifestation a pour objet d’exprimer l’attachement des citoyens au respect de la constitution, à la défense de l’État de droit et à la préservation de l’ordre constitutionnelle de la République ainsi que de remettre au Président de la République un mémorandum», peut-on lire.
La correspondance, également transmise au vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, à la Police nationale congolaise ainsi qu’aux bourgmestres concernés, précise que les itinéraires seront définis à partir des différentes communes de Kinshasa avant la convergence vers le centre du pouvoir exécutif. Les organisateurs insistent sur le fait qu’il s’agit d’une marche citoyenne et démocratique, dépourvue de toute intention violente.
Cette reprogrammation intervient dans un contexte politique marqué par des tensions et des consultations régionales. En effet, la coalition explique avoir initialement reporté sa manifestation prévue le 8 juillet 2026 à la suite d’une invitation du président burundais et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, dans le cadre de consultations consacrées à la situation politique, sécuritaire et institutionnelle en République démocratique du Congo.
Nécessité d’un dialogue constructif de l’unité nationale
À Bujumbura, les échanges ont réuni des représentants de l’opposition congolaise ainsi que des responsables religieux. Selon les informations issues de la présidence burundaise, ces discussions se sont déroulées dans un esprit d’ouverture, mettant l’accent sur la nécessité d’un dialogue constructif, de l’unité nationale et de la recherche de la stabilité en RDC et dans la région. Le président en exercice de l’Union africaine a, à cette occasion, encouragé ses interlocteurs à privilégier le dialogue comme voie de résolution des tensions politiques.
Du côté de la C64, cette rencontre a été perçue comme une opportunité d’exposer les préoccupations de l’opposition congolaise sur la situation du pays, notamment les inquiétudes liées à la gouvernance, à la stabilité institutionnelle et au respect du cadre constitutionnel. La coalition affirme avoir saisi cette occasion pour réaffirmer son attachement à l’organisation d’élections transparentes et à la consolidation de la paix.
Dans ses communications publiques, la plateforme politique se présente comme un regroupement engagé dans la défense de l’ordre constitutionnel, parfois désigné sous le nom de «coalition de l’article 64», en référence à la disposition constitutionnelle qui appelle les citoyens à défendre la Constitution face à toute tentative de violation. Elle soutient que sa mobilisation vise à alerter sur ce qu’elle considère comme des risques politiques et institutionnels dans le pays.
Donner à la manifestation une dimension nationale et internationale
Le Palais de la Nation, destination finale de la marche annoncée, constitue le bureau officiel du chef de l’État, Félix Tshisekedi. C’est à cet endroit que les organisateurs prévoient de déposer un mémorandum adressé à son locataire, dans lequel ils exposeront leurs revendications politiques et institutionnelles.
La coalition invite également ses structures dans les provinces et dans la diaspora à organiser des manifestations simultanées le même jour, dans le respect des législations locales. Cette stratégie vise à donner une dimension nationale et internationale à la mobilisation, tout en renforçant la pression politique autour de leurs revendications
Bien avant cela, les autorités urbaines de Kinshasa, sous la conduite de Daniel Bumba, avaient assuré que toutes les dispositions seront prises pour encadrer la marche dans le respect strict des lois de la République.
Une réunion de sécurité, tenue en présence du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani, a permis d’évaluer les dispositifs opérationnels nécessaires afin de garantir à la fois la liberté de manifestation et la préservation de l’ordre public.
Les autorités ont insisté sur une ligne de conduite claire : accompagnement républicain des manifestations autorisées, mais tolérance zéro face à tout débordement. «Les forces de défense et de sécurité seront déployées pour préserver la quiétude dans la ville», a indiqué l’exécutif provincial, tout en rappelant que la liberté de manifester doit s’exercer dans le cadre des lois en vigueur.
Christian-Timothée MAMPUYA