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Zéro droit de douane : une aubaine pour la RDC de diversifier ses exportations vers la Chine
C’est depuis le 1er mai que les produits de 53 pays africains peuvent entrer en Chine en franchise de douane. Comme l’avait promis la Chine lors du dernier sommet de l’Union africaine en février dernier à Addis-Abeba. «À compter du 1er mai 2026, la Chine mettra pleinement en œuvre une mesure de zéro droit de douane à l’égard des 53 pays africains ayant des relations diplomatique avec elle», avait annoncé le président chinois Xi Jinping.
Cette mesure est une opportunité pour les pays du continent de pouvoir exporter les produits-matières premières ou produits transformés- vers la Chine. Elle durera deux ans et sera en vigueur jusqu’au 30 avril 2028. Les pays africains bénéficiaires ne sont pas tenus d’appliquer la réciprocité. Ainsi, la Chine devient la première grande économie à offrir unilatéralement un traitement tarifaire nul et intégral à tous les produits venant de l’Afrique. En RDC, l’Agence nationale de promotion de l’exportation (Anapex) salue cette initiative de la Chine. En effet, cette politique est une aubaine pour la RDC qui cherche à diversifier ses exportations. D’autant plus que les échanges entre la RDC et la Chine sont plus basés sur les minerais.
«Avec le zéro droit de douane, les entrepreneurs congolais vont pouvoir exporter des produits agro-alimentaires tels que le maïs, le cacao, le café, la banane, etc., vers le géant asiatique à moindre coût. L’avantage est que les produits seront vendus à des prix abordables, vu que les charges liées à la douane ne seront pas incluses sur ces marchandises. Il n’y aura que les frais liés au transport et à la logistique, contrairement à d’autres territoires où il faut payer 50, 75 voire 80% de la valeur de la marchandise. Avec cette mesure les produits congolais seront plus compétitifs et peuvent affronter la concurrence sur le marché chinois qui accueille beaucoup de produits», a indiqué Landry Kinkani, Directeur en charge des Etudes et Planification à Anapex.
Pour lui, cette diversification pourrait avoir un impact sur l’équilibrage des échanges commerciaux entre la Chine et la RDC. Les liquidités apporteront une incidence sur la croissance économique du pays. «Le fait de se conformer aux standards internationaux appellent à un certain nombre de technologie, cela suscitera parallèlement une création d’emplois, parce que vendre sur le marché international nécessite un respect des normes».
Devenir un partenaire de la valeur ajoutée
Toutefois, pour parvenir à rééquilibrer les échanges, entre l’Afrique et la Chine, Christian Mbayo, professeur des Universités à l’Université de Kinshasa et Secrétaire Chargé de l’Enseignement au Département de Gestion de la faculté des Sciences économiques et de gestion, estime que les pays africains en générale et la RDC en particulier sont appelés à faire évoluer la nature de leurs exportations constituées essentiellement de matières premières. «Cela implique une valorisation locale via la transformation des ressources naturelles localement», argumente l’enseignant.
Selon des données publiées durant le mois en cours par l’administration générale des douanes chinoises. Les exportations de l’empire du Milieu vers les pays africains ont augmenté de 28 % entre le 1er janvier et le 30 avril, à 81,82 milliards de dollars. Durant la même période, les importations chinoises en provenance du continent ont atteint 45,02 milliards de dollars, un montant en hausse de 14,5% par rapport aux quatre premiers mois de 2025.
«La politique de zéro droit de douane aux pays africains initiée par la Chine permet aux produits africains d’être plus compétitifs, cependant l’Afrique en général et la RDC en particulier ne doivent pas rester des partenaires du brut mais plutôt chercher à devenir des partenaires de la valeur ajoutée. Cela implique un processus de transformation interne. En RDC par exemple avec le lithium dans le Tanganyika, nous pouvons avoir des usines afin de produire localement des batteries. Comme avec le cuivre où nous avons eu une première transformation. En effet, transformer valorise et permet de jouer sur le marché international. Celui qui vend du brut vend peu et ne sait pas se faire un beau revenu», a précisé le professeur des Universités.
Occasion D'IMPULSER le programme ‘’La revanche du sol sur le sous-sol’’
«Le fait que la Chine nous ouvre son marché est à notre avantage, ajoute-t-il. Aussi nous devons saisir cette opportunité pour créer des filières complète de nos produits pas que miniers mais également agricoles, car les Chinois sont des grands consommateurs. C’est l’occasion d’impulser le programme ‘’La revanche du sol sur le sous-sol’’ prôné par Chef de l’Etat. Produire en quantité pour exporter nos produits agricoles ce qui pourra nous sortir de cette dépendance des produits miniers et diversifier ainsi nos exportations».
Par ailleurs, pour l’interlocuteur, à travers ce marché, les labels congolais pourront se faire connaitre au niveau international. « Ce deal ouvre une brèche aux entrepreneurs du pays à produire selon les normes internationales et ainsi booster ‘’le consommons congolais’’». Afin de permettre aux opérateurs économiques de se conformer au marché chinois, l’Anapex compte les assister pour répondre aux critères exigés. «Certaines entreprises ont les moyens de répondre aux normes d’exigences de la Chine, d’autres par contre ont besoin d’assistance, ainsi elles se tournent auprès des structures telles que l’OCC, Anadec, qui peuvent les aider à pouvoir répondre à ces exigences, notamment le conditionnement, le degré d’humidité etc. L’Anapex travaille étroitement également avec des regroupements de femmes entrepreneurs pour les soutenir dans la conquête d’un des plus grands marchés du monde», a fait savoir le Directeur en charge des Études et Planification à Anapex.
Si les autres continents peuvent bénéficier du marché chinois, pourquoi pas l’Afrique? Aux autorités congolaises de prendre conscience, de saisir cette opportunité, de relever le défi et faire en sorte que les exportations s’intensifient avec la Chine, puisque le pays n’a rien à perdre. Dans le cadre de cette mesure, d’ici peu, un premier lot de marchandises quittera la RDC pour la Chine, cependant, le pays ne doit pas perdre de vue que la transformation des matières premières doit être la priorité pour bénéficier au maximum de cette mesure.
Fyfy Solange TANGAMU