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À Washington, Tshisekedi marque des points, Kagame perd du terrain
À Washington, au cœur de la 74ème édition du National Prayer Breakfast, Félix Tshisekedi a occupé le devant de la scène internationale. Salué par le président américain Donald Trump comme un homme "courageux et merveilleux", le chef de l'État congolais a vu son leadership reconnu là où son homologue rwandais, Paul Kagame, se retrouve de plus en plus isolé.
L'histoire semble se jouer en contrastes : d'un côté, la RDC gagne en stature diplomatique et en légitimité ; de l'autre, le Rwanda subit le désaveu de ses alliés traditionnels, confronté à la pression de Washington et de Londres.
Lors de son intervention, Donald Trump a rappelé le chemin parcouru: "Il y a quelques mois, ici même à Washington, nous avons signé un accord de paix historique entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, qui offre la toute première voie à la paix pour terminer un conflit incroyablement violent, vieux de 30 ans".
Le courage de Fatshi salué
Le président américain a salué le courage de Tshisekedi dans la gestion d'une crise sécuritaire complexe et mis en avant la signature d'un accord économique majeur sur les minerais stratégiques, présenté comme l'un des partenariats les plus importants jamais conclus entre Washington et un pays africain.
Cette reconnaissance internationale n'est pas un simple symbole. Elle s'inscrit dans un ballet diplomatique précis : Tshisekedi a multiplié les échanges avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio, avec le Secrétaire à l'Intérieur Doug Burgum, ainsi qu'avec des opérateurs économiques américains, afin de faire avancer la mise en œuvre des engagements liés à l'accord de paix et au partenariat stratégique RDC-USA.
L'objectif est d'asseoir la souveraineté congolaise, attirer les investissements étrangers et consolider un leadership crédible au cœur de la région des Grands Lacs.
Pendant ce temps, à 11.900 km de la capitale américaine, à Kigali, Paul Kagame voit son horizon se rétrécir. de sanctions ciblées, Kigali tente encore de se justifier en invoquant des "mesures défensives" et la protection de la communauté tutsie. Mais ses arguments tombent dans le vide : la rhétorique sécuritaire apparaît de plus en plus comme un voile destiné à masquer des ambitions économiques et territoriales.
Le Congrès et la Maison-Blanche dénoncent
Aux États-Unis, la tonalité est désormais hostile. Le Congrès et la Maison-Blanche dénoncent l'implication directe du Rwanda dans le conflit congolais, en particulier son soutien militaire au groupe M23 et à l'Alliance Fleuve Congo (AFC).
Londres adopte la même position, tandis que les rapports onusiens détaillent les circuits de contrebande et l'exploitation frauduleuse des ressources naturelles congolaises.
Dans ce contexte, l'offensive diplomatique du président Tshisekedi prend tout son sens. Le chef de l'Etat congolais ne se contente pas de défendre ses positions : il avance ses pions sur l'échiquier international, renforçant son autorité, consolidant ses partenariats et isolant ceux qui ont longtemps cherché à déstabiliser la RDC.
Kagame dos au mur
Paul Kagame, jusqu'ici maître incontesté de sa narrative internationale, se retrouve soudain face à un mur. Ses alliés historiques, ayant longtemps fermé les yeux sur ses interventions meurtrières dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), brandissent désormais la sanction et le désaveu.
Tandis que Kagame proclame l'autonomie du Rwanda et dénonce les "prétentions" liées aux accusations d'exploitation minière, l'ombre du rejet occidental plane sur Kigali, révélant sa vulnérabilité et le prix d'une stratégie régionale agressive.
Dans ce jeu de pouvoir, la RDC avance résolument ses pions, tandis que le Rwanda, privé de l'appui de ses alliés les plus influents, se retrouve isolé et sur la défensive.
Ainsi se dessine une nouvelle donne dans la région des Grands Lacs : le leadership de Félix Tshisekedi se consolide, l'impunité de Kigali est contestée, et Washington comme Londres envoient un signal fort : la diplomatie rwandaise ne peut plus prétendre échapper au contrôle et à l'exigence internationale.
Christian-Timothée MAMPUYA