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Washington incapable de sanctionner clairement Kigali
Le conseiller spécial de la Maison Blanche pour l'Afrique, Massad Boulos, a renvoyé dos à dos la République démocratique du Congo et le Rwanda dans sa récente sortie devant la communauté internationale.
Pour l'administration américaine, le constat présenté à l'Onu est amer et les responsabilités de la tragique situation sécuritaire sont partagées. Pourtant, les différents rapports des experts onusiens sont clairs à ce propos. Et il y a peu, le Trésor américain a frappé durement certains hauts responsables rwandais accusés de soutenir les Forces de défense de leur pays pour leur soutien aux rebelles de l'AFC -M23. Mais au lieu de citer nommément Kigali comme responsable numéro 1 dans la situation d'insécurité prévalent dans l'est de la RDC, le haut diplomate américain se limite à dénoncer les manquements de part et d'autre, montrant aux yeux de l'opinion sa double face.
Rupture avec la diplomatie de simples appels
À l'occasion de son intervention devant l'Onu, Massad Boulos a manqué de mentionner les manquements de chaque camp, menaçant directement de sanction en cas de blocage persistant.
À analyser les propos du conseiller de Donald Trump, l'on peut vite conclure que l'administration Trump marque une rupture avec la diplomatie de simples appels au calme parce qu'elle fixe désormais une ligne rouge claire à Kinshasa et à Kigali.
Massad Boulos a, sans porter des gants, cité les engagements non tenus par les deux parties. À la RDC, il est reproché de n'avoir pas contrôlé les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans les zones sous son emprise, et Kigali est critiqué pour n'avoir pas retiré les Forces de défense rwandaises (RDF) ni cessé son soutien à l'AFC/M23.
En formulant ces accusations de manière simultanée à la tribune de l'Onu, les États-Unis exigent l'application stricte et immédiate des processus de paix, notamment ceux de Luanda et de Nairobi, qui s'essoufflent face à la mauvaise foi politique. "Ces retards ne sont pas acceptables", a stigmatisé le conseiller spécial de la Maison Blanche.
Plus de condamnations de principe
Pour le haut diplomate américain, face à ce que les États-Unis appellent enlisement délibéré, ils ne comptent plus se limiter aux condamnations de principe. C'est un véritable avertissement qui a été lancé aux dirigeants congolais et rwandais, ouvrant la voie à des mesures de rétorsion concrètes : "L'inaction ou l'obstruction des parties entraînera de nouvelles mesures de responsabilisation".
Cet ultimatum, ainsi l'imaginons-nous, laisse clairement planer le spectre de sanctions ciblées financières ou diplomatiques contre les officiels civils et militaires de deux camps qui feraient obstruction à la paix.
Alors que la situation humanitaire ne cesse de se détériorer au Nord -Kivu, plus d'un observateur estime que ce coup de pression direct de la plus grande puissance mondiale pourrait forcer Kinshasa et Kigali à revoir leur stratégie de confrontation. Il est tout de même regrettable que deux pays voisins qui auraient dû vivre en parfaite harmonie pour le bonheur de leurs populations soient poussés à fumer le calumet de la paix par un tiers, si puissant soit-ils. Kagame de qui constitue un problème dans la région des Grands lacs depuis qu'il est au pouvoir, a tout intérêt changer de fusil d'épaule pour devenir un artisan de la paix.
Muke MUKE