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Le CALCC appelle à une mobilisation générale pour contrer toute tentative de changement de la Constitution
En ce mardi 30 juin, date symbolique du 66ème anniversaire de l'indépendance de la République Démocratique du Congo, le Conseil de l'Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo (CALCC) a choisi de briser le silence. Dans une déclaration forte, l'organisation appelle les fidèles et, au-delà, tous les Congolais, à une mobilisation citoyenne et non-violente pour faire barrage aux manœuvres de révision constitutionnelle initiées par le régime en place.
Se référant à l'appel urgent des Évêques de la Cenco, qui ont récemment alerté que "la Nation est en péril", le CALCC dresse un constat sombre du pays. Entre l'agression extérieure à l'Est, l'occupation par le M23 et une misère sociale galopante, le Conseil juge "inopportun" et en complet "décalage avec les véritables priorités" tout débat sur une modification de la Loi fondamentale.
Pour les laïcs, les priorités du moment sont ailleurs : la paix, la sécurité et le bien-être social des Congolais. À ce titre, ils dénoncent avec fermeté l'adoption d'une loi sur le référendum, qu'ils considèrent comme "contraire à l'esprit de la Constitution actuelle" et comme une initiative "qui ne répond pas aux attentes prioritaires des Congolais".
"Non" à une Constitution sur mesure
Le message du CALCC est limpide : le peuple congolais ne réclame pas une nouvelle Constitution "taillée sur mesure", mais aspire à la paix, au pain et à la justice. Reprenant les craintes de la CENCO, le mouvement prévient que "tout passage en force dans cette direction comporte des risques énormes, dont la balkanisation du pays".
Face à ce qu'ils qualifient de menaces pour la République, le président a.i. du CALCC, Faustin Richard Onombili Yando, invite à une résistance pacifique. "Levons-nous pour défendre pacifiquement mais avec détermination l'ordre constitutionnel établi lors du référendum par 84% des Congolais", exhorte le texte.
Appel à l'unité et à l'engagement citoyen
Le CALCC interpelle toutes les forces vives de la nation : jeunes, intellectuels, enseignants et, particulièrement, les femmes congolaises, appelées à ne pas laisser les politiques compromettre l'avenir de leurs enfants.
Le mouvement rappelle que l'honneur d'exercer le pouvoir impose une responsabilité envers le peuple. Dans cette lutte, le CALCC prône l'organisation : "Notre engagement citoyen doit être organisé. C'est ensemble que nous pouvons peser et faire entendre nos voix. Divisés, nous subirons le diktat des plus forts".
Un combat spirituel et citoyen
En cette journée de commémoration, le CALCC réaffirme que son combat est à la fois "spirituel, citoyen et résolument non-violent". S'inscrivant dans la lignée du prophète Néhémie ("Venez ! Rebâtissons la ville"), les laïcs catholiques se disent prêts à protéger l'intégrité du territoire et les acquis démocratiques.
Le 66ème anniversaire de l'indépendance n'est pas, pour le CALCC, une simple page d'histoire, mais un temps de "renouvellement de notre engagement envers la RDC". Le Conseil exhorte, pour ce faire, les Congolais à ne plus céder à la peur ni à la résignation : "Nous n'avons pas le droit de léguer à nos enfants une République colonisée de l'intérieur".
Yves Kalikat