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Vivement la réhabilitation de la voie ferrée Kinshasa-Matadi
Depuis plusieurs années, la nationale numéro 1, précisément sur le tronçon Kinshasa-Matadi, constitue un véritable couloir de la mort. La preuve vient de plus d´en être administrée avec la mort, le dimanche 3 août à Kimpese, au Kongo Central, du Commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC), Bertin Yawe Sumanda. Son véhicule a percuté violemment une remorque stationnée sur la voie publique chargée de grumes. Lui et son chauffeur sont morts sur le champ. Ils revenaient d´une mission de service du Congo/Brazza. Du coup, ce drame relance la question de la sécurité routière sur ce tronçon de la nationale numéro un. Une voie qui s'illustre, ces derniers temps, par des cas d'accidents à répétition.
Le temps est arrivé pour le gouvernement d´ouvrir un débat de fond pour trouver des solutions appropriées en vue de réduire sensiblement, si pas mettre fin à ces nombreux accidents de circulation qui causent tant de décès sur ce couloir de la mort. Chaque semaine qui passe, on enregistre toujours des accidents mortels entre les villes de Kinshasa et de Matadi.
L´une des solutions à cette problématique cruciale consiste à réhabiliter la voie ferrée de l´Onatra qui relie les deux villes. La circulation des gros engins lourds et parfois inflammables qui sont à la base de ces drames, doit être sensiblement réduite. Pour ce, une mesure devrait être prise pour les orienter vers le chemin de fer. D´ailleurs, ils ne provoquent pas uniquement des morts à cause du mauvais comportement de leurs chauffeurs qui ne respectent pas le code de la route. Ils sont également à la base des embouteillages monstres sur certaines artères de Kinshasa, notamment la route By Pass et à l´entrée de la ville de Matadi. Du pont Mpozo à la sortie de la ville vers le pont Maréchal, l´on peut perdre plus de trois heures à cause de ces remorques. Quel gâchis!
Sortir l'Onatra du coma profond
Pour rappel, les colons ont construit ce chemin de fer pour faire évacuer de Kinshasa vers le port de Matadi les minerais en provenance de l´ex Katanga via le Kasaï. Malheureusement, les caciques de la tristement IIème République ont détruit ce système en mettant l´Onatra par terre, et en s´alliant à des expatriés véreux pour privilégier la voie routière grâce aux gros engins roulants qu´ils se sont acquis. La seule solution qui s´impose aujourd´hui est de sortir cette société de transport du coma profond dans lequel elle se trouve en modernisant ses rails.
L´autre solution concerne l´élargissement à deux voies du tronçon Kinshasa-Matadi pour faciliter la fluidité de la circulation. Cette option est possible si la gestion des recettes générées par les différents points de péage, principalement celui de Kasangulu, était transparente. Car, à ce jour, le fonctionnement de ces péages demeure flou, et aucune enquête sérieuse n´a été diligentée pour la traçabilité des recettes générées.
Un autre défi lié à ce dossier est relatif à la formation appropriée des éléments de la police de circulation routière (PCR) commis aux différents points chauds tout au long de cette route. Complaisants envers les conducteurs et pas du tout intransigeants envers eux, ceux-ci ne les respectent pas et se conduisent comme bon leur semble. D´où des dérapages de tous genres qui sont à l´origine de multiples accidents que nous déplorons et autres désagrements de la circulation.
Il ne faut pas que les autorités à différents échelons se limitent uniquement à des discours de compassion. Le moment est venu d´engager un débat national tant au niveau des institutions législatives qu´exécutives pour trouver des solutions idoines et durables.
Muke MUKE