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À la veille de la mobilisation de l'opposition, le président de l'Alliance pour le changement (A.Ch) accuse Félix Tshisekedi de vouloir ouvrir la voie à un pouvoir sans limite
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Ville morte du 3 juin : Kabund appelle les Kinois à dire « non » au changement de la Constitution
À la veille de la mobilisation de l'opposition, le président de l'Alliance pour le changement (A.Ch) accuse Félix Tshisekedi de vouloir ouvrir la voie à un pouvoir sans limite
À quelques heures de la journée « ville morte » décrétée par la coalition de l'opposition C64, Jean-Marc Kabund hausse le ton. Le président de l'Alliance pour le changement (A.Ch.) a lancé un appel direct aux habitants de Kinshasa afin qu'ils participent massivement à cette action citoyenne destinée, selon lui, à barrer la route à toute tentative de révision de la Constitution.
Dans un message publié hier lundi 1er juin sur le réseau social X, l'ancien président intérimaire de l'UDPS a présenté cette mobilisation comme un combat décisif pour la préservation de la démocratie congolaise.
Selon lui, les intentions prêtées au pouvoir autour d'une éventuelle modification de la Constitution de 2006 ne répondraient pas aux préoccupations sociales de la population, mais poursuivraient un objectif essentiellement politique.
« Félix Tshisekedi veut changer la Constitution non pour améliorer vos conditions de vie, mais pour s'ouvrir la voie à un pouvoir sans limite et confisquer notre démocratie », affirme-t-il.
UNE JOURNÉE SANS ACTIVITÉ EST UN SACRIFICE CONSIDÉRATION À KINSHASA
Par son message, Jean-Marc Kabund tente de transformer la journée du 3 juin en démonstration de force populaire contre le projet de révision constitutionnelle que l'opposition considère comme une menace pour l'alternance démocratique.
Conscient des difficultés économiques auxquelles sont confrontés les habitants de la capitale, l'opposant reconnaît qu'une journée sans activité représente un sacrifice considérable pour de nombreux ménages.
Mais il estime que l'enjeu dépasse les contraintes du quotidien.
« Nous savons combien la vie est dure et combien chaque jour est un combat pour la survie », écrit-il, avant d'inviter les Kinois à « puiser dans leur courage et leur patriotisme » pour rester chez eux et exprimer leur opposition à ce qu'il qualifie de « coup d'État constitutionnel ».
Cet appel s'inscrit dans la stratégie de la coalition C64, qui cherche à faire de cette journée ville morte un signal politique fort adressé aux autorités sur la question constitutionnelle.
Depuis plusieurs mois, le débat autour d'une éventuelle réforme constitutionnelle s'impose progressivement comme l'un des principaux sujets de confrontation entre le pouvoir et l'opposition.
Les adversaires du régime redoutent qu'une modification de la Loi fondamentale ne remette en cause certains équilibres institutionnels et n'ouvre la voie à une concentration accrue du pouvoir, notamment à un 3ème mandat.
Le camp présidentiel, de son côté, défend la nécessité d'une réflexion sur certains mécanismes institutionnels jugés inadaptés aux réalités actuelles du pays.
Cette divergence de lecture transforme désormais la question constitutionnelle en véritable champ de bataille politique, chaque camp cherchant à faire adhérer l'opinion publique à sa vision de l'avenir institutionnel de la République.
LE SUCCÈS DE LA JOURNÉE “VILLE MORTE”, UN TEST
Pour Jean-Marc Kabund et ses alliés, le succès de la journée ville morte constituera également un test de leur capacité de mobilisation après la reconfiguration récente des forces de l'opposition.
Par cette initiative, la coalition C64 entend démontrer qu'elle conserve une influence significative dans l'opinion publique et qu'elle demeure capable de fédérer des citoyens autour d'un mot d'ordre commun.
L'enjeu est d'autant plus important que cette action intervient dans un contexte marqué par des difficultés socio-économiques persistantes, une crise sécuritaire toujours préoccupante dans l'Est du pays et un climat politique de plus en plus polarisé.
L'ÉGLISE DE RÉVEIL ENTRE EN SCENE
Alors que l'opposition prépare sa journée de mobilisation, le débat autour de la Constitution prend une nouvelle dimension avec l'entrée en scène de l'Église de réveil.
Cette dernière prévoit une marche à Kinshasa le vendredi 5 juin afin d'exprimer publiquement son soutien à une réforme de la Constitution.
Les organisateurs entendent convaincre l'opinion que la Loi fondamentale actuelle, promulguée en février 2006, présente des limites qui nécessitent une révision adaptée aux réalités contemporaines du pays.
Cette initiative illustre l'intensification du débat national autour de l'avenir institutionnel de la RDC. Elle annonce une séquence politique particulièrement animée dans les prochains jours.
Par ces mobilisations concurrentes, majorité et opposition semblent désormais engagées dans une bataille d'influence où la rue devient l'un des principaux terrains d'expression du rapport de force politique.
Jérémie ASOKO