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Une commission d’enquête mise sur pied pour élucider les circonstances du drame
Les Gouvernements central et provincial de Lualaba ont mis en place une commission d’enquête chargée d’élucider les causes de l’accident de train de la Société nationale des chemins de fer (SNCC) ayant causé 75 morts et plusieurs blessés le samedi 12 mars à Lubudi.
La commission mise sur pied démarré les enquêtes alors que certains wagons n’ont toujours pas été relevés. « Il est possible que d’autres corps de passagers soit encore sous les tonnes de ferrailles. La compagnie ferroviaire affirme que ces passagers étaient des clandestins« , laisse entendre Marc Manyanga Ndambo à la tête de l’équipe des enquêteurs parmi lesquels le directeur des infrastructures de la SNCC.
Selon les explications fournies à la presse par Marc Manyanga, les enquêtes commencent d’abord auprès des passagers pour comprendre comment ils sont montés à bord du train pourtant réservé aux seules marchandises. Mais pour le responsable de la commission d’enquête, un diagnostic technique est aussi essentiel. « Il y a des interrogatoires et il y a une enquête tout à fait technique pour essayer de comprendre pourquoi la dérive, pourquoi il y a eu cette coupure de traction. On va soumettre la locomotive elle-même à une expertise approfondie pour essayer de comprendre ce qui s’est passé« , explique-t-il.
Les conclusions préliminaires seront communiquées aux autorités avant le week-end prochain. L’accident pourrait ne pas être lié à la vétusté de la voie ferrée selon cet expert et haut cadre de la société ferroviaire, même si près de la moitié du réseau emprunté est en très mauvais état. « Quand vous prenez le chemin de fer, il y a des infrastructures de 1906, de 1933, mais il y a quand même une partie qui a été un peu renouvelée. Vous avez sur 3 641 kilomètres, à peu près 1 500 qui ne sont pas en bon état, explique Marc Manyanga Ndambo. S’il faut les renouveler, c’est pratiquement 1,5 milliard de dollars « , fait savoir Marc Manyanga.
Pour lui, la SNCC est en faillite. Pour survivre, elle a dû se séparer d’un tiers de ses employés durant la dernière décennie. D’après les enquêteurs, rien ne justifie la présence des clandestins dans des trains des marchandises souvent empruntés par des populations pauvres qui vont vers des milieux urbains ou vers les zones minières.
« C’est déplorable ces accidents sur le réseau ferroviaire de la SNCC. Je me dis que la vétusté de la voie ferrée emportera toujours des vies humaines si la SNCC ne pense pas à un renouvellement des rails« , regrette le chef de la mission d’enquête.
Le bilan du déraillement d’un train des marchandises dans le territoire de Lubudi, au Lualaba ce week-end, est passé de 60 à 75 morts après la découverte d’autres corps. C’est au terme d’une visite d’inspection sur le lieu du déraillement du train, que le directeur général de la SNCC, Fabien Mutomb a communiqué le nouveau bilan. La locomotive avec une remorque de 14 wagons transportait plus de 100 tonnes de fret à destination de Lubumbashi. Selon la SNCC, l’accident a été causé par » la coupure brusque de la traction qui a entraîné la dérive de la rame et des wagons dans un ravin ».
Le président Felix Tshisekedi a présenté ses condoléances aux familles. Le gouvernement central a déploré le drame et a présenté ses condoléances aux familles éprouvées. l’Exécutif national assure avoir pris des dispositions quant à la prise en charge des victimes. Le directeur général de la SNCC est arrivé lundi dernier à Kinshasa pour une réunion de crise avec le gouvernement.
Pour la société civile, c’est à cause du manque de moyens de transport dans la région que les habitants ont recours à ce genre de pratique. La responsabilité de ce nouveau drame appartient en premier à la SNCC accuse la société civile, alors que celle-ci a toujours renvoyé la balle dans le camp de ceux qu’elle qualifie de « passagers clandestins« . Ghislain Kalwa Chulu, président de la société civile du Haut-Katanga. « Nous demandons qu’une enquête soit diligentée afin que les responsabilités soient dégagées et que le coupable soit puni sévèrement« , a-t-il demandé. Rachidi MABANDU