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Un expert en biotechnologie environnementale recommande l’évaluation des impacts sociaux et environnementaux avant le début des travaux
Le président Félix-Antoine Tshisekedi, a posé la première pierre pour la construction du port en eaux profondes de Banana le 31 janvier dernier. Si la majorité des Congolais ont salué cette volonté de matérialiser ce projet économique, quelques scientifiques préfèrent mettre en garde les autorités du pays sur certains aspects dont il faut absolument tenir compte.
C’est le cas du Prof Pote Wembonyama, spécialiste en biotechnologie environnementale. Dans une interview à l’Agence congolaise de presse (ACP), ce scientifique a plaidé pour une évaluation préalable des impacts sociaux et environnementaux de ce projet avant le début effectif de travaux.
Prof à l’Université de Genève (UNIGE), collaborateur à l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et à l’Université pédagogique nationale (UPN), Pote Wembonyama pense qu’il est plus qu’important que des études d’impacts environnementaux soient menées avant le lancement des travaux proprement dits.
Aussi, estime-t-il que faute de la prise en compte de ces nécessités, la construction de ce port en eaux profondes de Banana constituerait une menace d’épidémie silencieuse pour l’environnement et la santé de la population autochtone.
« L’évaluation des impacts sociaux et environnementaux, notamment les analyses physicochimiques, bactériologiques et tests éco- toxicologiques sur la colonne d’eau, le substrat sédimentaire et les carottes sédimentaires d’au moins un mètre de long (pour reconstituer l’historique de la pollution), doivent impérativement être effectuées avant les débuts des travaux de construction du port« , a-t-il déclaré.
Dès lors, Pote Wembonyama recommande, par ailleurs, un système de monitoring avant, pendant et après la construction de port. Il suggère également que la gestion des tonnes de sédiments qui seront excavés, soit préalablement évaluée par une équipe de chercheurs multidisciplinaires et approuvée par le Gouvernement.
Pour ce membre de la communauté savante de l’Unige, les études d’impacts environnementaux et sociaux effectuées dans le cadre de ce projet n’ont pas abordé ces aspects qui, pourtant, permettront l’atténuation des impacts potentiels environnementaux et sociaux.
Le Prof John Pote souligne que ce point de vue est le résultat d’une longue recherche scientifique. Il a évoqué les résultats de la recherche doctorale qu’il avait dirigée, consacrée à l’évaluation du niveau de contamination chimique des sédiments et organismes marins du littoral de Muanda en RDC, soutenue à l’Université de Kinshasa par le Prof Robert Suami Bueya (jadis chef des travaux).
On rappelle que dans son discours à la cérémonie de la pose de la première pierre, le ministre des Transports, Voies de communication et désenclavement, Cherubin Okende, avait indiqué que la première phase de ces travaux prévoyait la construction d’un quai de 600 mètres et d’une plateforme de stockage de 25 hectares permettant l’accostage des grands porte-conteneurs. Soit une capacité annuelle de 322 conteneurs et de plus de 1,3 millions de tonnes de marchandises.
Au cours de cette même cérémonie, la ministre du Portefeuille, Adèle Kayinda, avait, pour sa part, affirmé que le coût total de ces travaux est évalué à 1,2 milliards USD et que la première phase coûtera 350 millions USD. Orly-Darel NGIAMBUKULU