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Troisième mandat en RDC : Denis Mukwege alerte sur « la survie du Congo »
Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege hausse le ton contre toute perspective de troisième mandat présidentiel en République démocratique du Congo. Dans une déclaration rendue publique ce vendredi 29 mai, le médecin congolais dénonce un débat constitutionnel qu’il juge déconnecté des urgences du moment et avertit que « la survie de la République démocratique du Congo est en jeu ».
Alors que le Parlement débat de l’adoption de la loi sur le référendum, Denis Mukwege dit ne pas comprendre qu’une réforme institutionnelle puisse être érigée en priorité nationale pendant que le pays traverse une crise sécuritaire et sanitaire majeure. « Quelle légitimité peut encore revendiquer un Parlement qui s’obstine à débattre, comme d’une urgence nationale, sur le changement de la Constitution », interroge-t-il.
Le Prix Nobel rappelle que l’Est du pays reste meurtri par les violences des groupes armés, pendant qu’une épidémie d’Ebola continue de menacer des populations déjà fragilisées. Il évoque des territoires occupés, des frontières fermées, des activités économiques paralysées et des millions de Congolais exposés à la faim, à la maladie et aux déplacements.
UNE CLASSE POLITIQUE QUI DÉTOURNE LE REGARD DE LA SOUFFRANCE DE LA POPULATION
Dans son texte, Denis Mukwege critique sévèrement la classe politique congolaise, qu’il accuse de détourner le regard de la souffrance de la population. Selon lui, « prolonger leur bien-être au détriment de la population devient un point fixe », alors que le pays fait face à des défis existentiels.
Son indignation vise particulièrement les élus des provinces les plus touchées par les conflits, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri. Il se dit consterné de les voir soutenir, selon ses termes, « cette aventure suicidaire », pendant que leurs électeurs n’ont plus accès à leurs champs, à leurs commerces et affrontent « seuls, sans État », les conséquences de la guerre et du virus.
Le médecin de Panzi interpelle également directement le chef de l’État. « Monsieur le Président, méfiez-vous des flatteurs, revenez à la raison, avant que l’Histoire ne juge cette trahison impardonnable », prévient-il, dans l’un des passages les plus marquants de sa déclaration.
En conclusion, Denis Mukwege appelle à un sursaut collectif face à ce qu’il considère comme une menace pour l’unité du pays. « Peuple congolais, résistons ensemble pour notre survie. Vive la RDC, une et indivisible », lance-t-il, en guise d’appel à la mobilisation nationale.
Jérémie ASOKO