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SELON LA CONCLUSION DES ENQUETES MENEES PENDANT 7 MOIS : « Cherubin Okende s’est suicidé », annonce Firmin Mvonde Mambu
* Dans l’agenda trouvé dans son bureau privé lors de la perquisition, en présence de la veuve, il a écrit : « Je suis au bout du rouleau ». Mais les pages qui ont suivi ont été arrachées.
* « Qui a arraché ces pages et pourquoi », s’interroge le Procureur général près la Cour de cassation.
Au cours d’une communication, le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu a livré hier jeudi 29 février dans son cabinet, à l’intention de l’opinion tant nationale qu’internationale, les conclusions des enquêtes sur la mort de Cherubin Okende, ancien ministre des Transports et porte-parole d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, retrouvé mort à bord de sa Jeep le 13 juillet dernier. « Cherubin Okende s’est suicidé », a annoncé le maître de l’action publique avec compétence territoriale. Cette communication a été complétée par les détails de ces enquêtes donnés par le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Gombe, Edmond Isofa Kanga.
C’est fort d’éléments nécessaires dont il dispose à ce jour au sujet des conclusions des enquêtes menées par différentes équipes d’experts nationaux et internationaux sur la mort de Chérubin Okende que le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu a livré cette communication
Dans ces enquêtes, il a indiqué que la justice a tenu à associer des experts de tous bords, nationaux comme internationaux. Les enquêteurs internationaux sont venus de la Belgique et d’Afrique du Sud grâce à la demande du Gouvernement, Localement, la justice a eu recours, aux experts nationaux traditionnels, à l’accompagnement de la Monusco et du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme. Ces équipes d’enquêteurs avaient pour consigne de travailler non collégialement, mais en équipes. D’où, plusieurs rapports qui ont convergé sur une même conclusion, a affirmé le ministère public civil au sommet, Firmin Mvonde Mambu.
« Les expertises ont consisté en la balistique, dans la télécommunication, dans l’autopsie des médecins légistes ainsi qu’à la toxicologie. De tous ces rapports, la conclusion est que feu Chérubin Okende s’est auto inflige. En d’autres termes, sieur feu Chérubin Okende s’est suicidé », a rapporté Firmin Mvonde Mambu.
Ces conclusions sont rendues publiques sept mois après l’évènement tragique. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Il n’était pas question d’avoir attendu si longtemps, a répondu Firmin Mvonde à sa propre question. La raison était que la justice ne pouvait conclure aussi longtemps que toutes les expertises n’étaient pas terminées car le travail était fait de manière méthodique, a-t-il souligné.
Si les enquêtes ont donné la suite à l’épineuse question concernant l’assassin ou le meurtrier de l’ancien ministre des Transports, il reste cependant à répondre à la question concernant les causes de cet acte. C’est le deuxième volet de l’enquête à mener concerne les causes du suicide de l’ancien porte-parole d’Ensemble pour la République.
DES ACTES DE PROCEDURE LANCES CONTRE DES PERSONNES EN FUITE
Les enquêteurs sont allés plus loin car, au-delà de cette conclusion, la justice s’est intéressée à savoir les causes qui auraient poussé Chérubin Okende à se donner la mort. « Au sein de sa famille, nous avons eu tous ceux qui pouvaient être des présumés auteurs. Toutes les interventions, toutes les enquêtes ont abouti à ce que nous puissions, à ce jour, dire qu’il y a eu des causes profondes ».
Firmin Mvonde a affirmé, au-delà de cette mort, « avoir procédé à la perquisition du bureau privé du défunt devant la veuve. Il y a été saisi son agenda. Trois jours avant sa mort, Cherubin Okende avait écrit : « Je suis au bout du rouleau ». Son épouse n’a pas caché que, peu avant sa mort, le défunt était très tendu, préoccupé. C’était aussi les témoignages de tous ceux qui étaient entendus, qui l’avaient approché, notamment son chauffeur et son garde du corps ». Il a annoncé poursuivre les enquêtes pour savoir comment est mort Chérubin Okende. Il a promis de découvrir pendant tout ce temps qu’il était préoccupé, ce qui s’est passé en réalité. « Nous avons des pistes et des actes de procédure qui ont été lancés et des personnes sont présentement fugitives et nous les cherchons. Nous voulons connaître le rôle déterminant de ces personnes poursuivies à ce jour ». Il a invité les médias à ne pas tordre ce qu’il venait de dire, ni à déplacer les mots.
CHERUBIN OKENDE NE POUVAIT SE TROUVER A 16 H A LA COUR CONSTITUTIONNELLE
A la suite du Procureur général près la Cour de cassation, le Procureur de la République Edmond Isofa, qui a coordonné toutes les enquêtes sous la surveillance et la direction du PGR. Est intervenue pour présenter les détails techniques de ces enquêtes.
Le corps de Cherubin Okende a été retrouvé dans son véhicule de marque Lexxus Super sport LX de couleur verte immatriculé 89 53 AF 19. On a trouvé entre autres une arme GP Jericho n° CDPN 333901 avec chargeur et balles dans la chambre, une douille, deux téléphones de marque Samsung Fold 3…
La police chargée de la communication a été également associée à cette enquête. On a préféré que l’expertise se fasse de manière contradictoire avec toutes les équipes.
Il a expliqué les conclusions de chaque équipe d’experts, notamment l’équipe de la NTIC appuyée par des éléments du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme. Cette équipe avait pour mission de reconstruire le parcours possible du député Cherubin Okende, avec des appareils trouvés sur place jusqu’à l’endroit où son véhicule a été trouvé. Selon ses conclusions, Cherubin Okende, par ses téléphones, ne pouvait se retrouver devant la Cour constitutionnelle vers 16 heures, en contradiction avec la déposition de son garde du corps. Puisque les retraçages par rapport aux antennes ayant pris en charge ses téléphones ont révélé que vers16h il se retrouvait plutôt vers le boulevard Sendwe. En plus les enregistrements des antennes ayant pris en charge les téléphones de M. Okende et la vidéosurveillance des environs de la Cour constitutionnelle. Et ces images renseignements également qu’il ne pouvait se trouver à 16 heures. Et c’est vers 22 heures que les antennes vont le reprendre en charge vers Ndolo et vers 1 heure et 2 heures du matin vers Ina (Institut national des arts) et vers 3 heures du matin vers la Gare centrale où la Jeep a été trouvée. Le défunt n’a été pris en charge que par les antennes situées aux alentours de l’hôtel Rotana et l’ambassade de la Côte d’Ivoire entre 10 heures et 12 heures.
OKENDE S’EST SUICIDE AU MOYEN DE L’ARME GP JERICHO N° CDPN 333901
La 2ème équipe devait procéder aux analyses de la scène du crime, des traces de sang, Elle était chargée des analyses balistiques. Cette équipe a confirmé que c’est cette armée qui a été utilisée. Puisque le véhicule était fermé, les enquêteurs ont constaté une humidité à l’intérieur du véhicule et il était difficile de prélever les empreintes. On n’a trouvé que des empreintes sur le rétroviseur qui étaient celles du défunt. Les enquêteurs ont relevé que la Jeep Lexxus, contact à l’intérieur, moteur allumé, climatisation en marche, ne pouvait se fermer que de l’intérieur. Ils ont aussi trouvé des éclaboussures de sang sur le siège avant, ainsi que sur le siège avant gauche (siège du passager), et au siège arrière, et l’arme utilisée. Pour la commission, la blessure a montré que l’arme a été utilisée à bout touchant, c’est-à-dire sur la tempe du côté droit et la balle était sortie du côté gauche, au niveau de l’anti-pluie de la portière devant gauche, du chauffeur. Cette balle avait une ligne ascendante, du bas vers le haut.
La conclusion des enquêteurs était qu’on ne pouvait pas trouver des éclaboussures de sang sur le siège s’il y avait une autre personne dans le véhicule. Conclusion : Cherubin Okende était seul dans le véhicule. Car, s’il y avait une autre personne, on ne pouvait pas trouver des éclaboussures de sang sur les sièges et sur la veste.
Et la trajectoire de la balle, du bas vers le haut, indiquait que la personne a utilisé contre elle-même l’arme. Or, si l’arme était utilisée par une autre personne, la trajectoire devait être soit horizontale ou de haut vers le bas. D’où, la conclusion de la commission : feu Okende s’était auto infligé les blessures. Ce qui a été confirmé par l’autopsie qui a confirmé la présence de la poudre de balle à l’entrée de l’orifice.
Ce qui confirme que la balle avait été tirée à bout touchant. La conclusion est que le suicidé était mort de l’hémorragie résultant des blessures causées par lui-même.
CHERUBIN OKENDE MORT DANS UN ETAT NORMAL, MAIS STRESSE
La 3ème équipe, composée des médecins légistes de l’Hôpital général de référence de Kinshasa, du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’Homme et des médecins légistes sud-africains. Le dernier a procédé à l’autopsie et à l’examen toxicologique du corps du défunt. Selon des examens toxicologiques, M. Okende était dans un état normal car certains disaient qu’il aurait été drogué.
Des auditions et investigations effectuées auprès de la veuve et du garde du corps ont confirmé que Cherubin Okende était stressé, très préoccupé et que, trois jours avant son décès, il faisait parfois des orties inopinées, lui-même au volant, monologuant, s’adressant à son garde du corps, demandant pourquoi il n’était pas aidé. Ce qui confirme qu’il était très préoccupé, mais savoir ce qui s’est passé, c’est ce à quoi nous nous sommes attelé. Et lors de la perquisition, on a trouvé un agenda où il avait écrit de sa propre main, quelques jours avant sa mort qu’il était au bout du rouleau. Malheureusement, les pages qui suivaient ont été arrachées. Ce qui n’a pas permis aux enquêteurs de comprendre le sens de ses écrits. Et le Procureur de la République a promis d’aller plus loin.
Il a estimé que la procédure doit continuer contre le garde du corps par rapport aux éléments qui lui sont reprochés et qui ne sont pas directement liés à la mort de son ancien patron, peut-être indirectement.
LA PROCEDURE DOIT CONTINUER CONTRE LE GARDE DU CORPS
Comme pour conclure, Firmin Mvonde a précisé que de l’arme laissée dans le véhicule il n’a été tiré qu’une seule balle, contrairement à ce qui avait été dit que le corps était criblé de balles. En plus, l’autopsie qui a été faite sur le corps d’Okende n’a révélé aucun traumatisme à part l’auto infliction de la balle au niveau de la tempe. Vous retenez qu’une seule douille a été retrouvée. L’agenda trouvé dans le véhicule a eu ces mentions : « je suis au bout du rouleau ». Et les pages qui ont suivi ont été arrachées. Par qui et pourquoi ? Ce sont autant des questions que nous nous sommes posées. Retenez aussi que les enquêtes se poursuivent par rapport aux problèmes dont je vous ai livré les faits. Est-ce que ces problèmes pour lesquels il s’est donné la mort ont été commandités ? Y a-t-il des gens, de loin, qui ont tiré les ficelles qui ont amené que la victime puisse se donner la mort? Des questions qui restent à éluder.
Les témoignages des personnes qui se trouvées là où s’est arrêté le véhicule ont témoigné avoir entendu un coup et elles sont accourues pour trouver que le véhicule était stationné, qu’il y avait une personne à l’intérieur et que personne n’en est descendu. Ce qui a été confirmé par des experts.
Il a conclu sa communication en invitant la presse « à faire moins de commérages autour de certaines situations et qu’il est toujours mieux de garder sa langue en bride que de livrer au public des informations qui sont en fait des déformations. C’est là que le ministère public peut trouver que vous avez franchi les bornes tolérables. Cela devient un faux bruit et nous pouvons mettre la main dessus ». Kléber KUNGU