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Beni : trois civils tués lors d’une nouvelle attaque des ADF à Boikene
La ville de Beni, au Nord-Kivu, a de nouveau été frappée par une attaque attribuée aux rebelles des ADF hier jeudi 11 juin 2026. L’incursion est survenue au quartier Boikene, dans la commune de Ruwenzori, mettant les habitants dans un climat de peur et de psychose. Selon les premiers bilans, trois civils ont été tués et plusieurs biens matériels détruits.
D’après les informations recueillies sur place, les assaillants ont ciblé la cellule Munzambaye où ils ont froidement exécuté leurs victimes, parmi lesquelles figure un conducteur de moto bien connu dans la zone. Avant leur repli, les rebelles ont également causé d’importants dégâts matériels, aggravant le traumatisme des populations locales.
Face à cette situation, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont rapidement réagi, appuyées par l’armée ougandaise (UPDF). Cette intervention conjointe aurait permis de limiter la progression des assaillants et d’éviter un bilan humain encore plus lourd, selon des sources militaires.
La population juge l’intervention tardive
Le lieutenant Marc Elongo, porte-parole de l’opération Sokola 1, a rassuré la population quant à la détermination des forces de sécurité à neutraliser définitivement les ADF. Il a également appelé les habitants à une collaboration étroite avec l’armée, soulignant que la vigilance communautaire reste essentielle dans la lutte contre l’ennemi.
Cependant, cette intervention ne fait pas l’unanimité au sein de la population traumatisée. Si certains habitants saluent la riposte des forces de sécurité, d’autres dénoncent une réaction tardive qui n’aurait pas permis d’empêcher les pertes en vies humaines.
Au lendemain de l’attaque, plusieurs quartiers de Beni, notamment Boikene, Matonge, Kasabinyole et le long du boulevard Nyamwisi, sont restés paralysés. De nombreux commerces n’ont pas ouvert leurs portes, traduisant un climat de peur généralisée et une activité socioéconomique fortement perturbée.
Marche de protestation des jeunes
La colère des habitants s’est également manifestée dans les rues. Des jeunes, transportant les corps des victimes, ont organisé une marche spontanée de protestation sur le boulevard Nyamwisi. La manifestation, fortement chargée d’émotion, a été dispersée par les forces de l’ordre à l’aide de tirs de sommation. Par ailleurs, des tentatives d’incendie visant un bâtiment administratif ont été signalées à Boikene avant l’intervention de la police.
Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte déjà marqué par des violences répétées, notamment les récents massacres signalés dans les quartiers Ngadi et Vemba à Mayangose. Face à cette recrudescence de l’insécurité, la société civile et les mouvements citoyens appellent à un renforcement urgent des dispositifs sécuritaires, alors que plusieurs familles continuent de fuir leurs habitations pour se réfugier dans des zones jugées plus sûres.
Pascal NDUYIRI