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Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent : “Les richesses minières de la RDC appartiennent au peuple congolais”
“Les États-Unis ne permettront pas à des groupes voyous de tirer profit du commerce illicite des minéraux et de déstabiliser la région. Les richesses minières de la République démocratique du Congo appartiennent légitimement au peuple congolais”.
Par cette déclaration sans équivoque, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé de nouvelles sanctions visant un réseau accusé d'avoir collaboré avec la rébellion de l'AFC/M23, soutenue par le Rwanda, pour organiser le trafic illicite de minerais de l'est de la RDC vers le territoire rwandais.
Rendue publique par l'Office de contrôle des avoirs étrangers (Ofac) du département du Trésor américain, cette décision s'inscrit dans le cadre des Accords de Washington pour la paix et la prospérité, négociés sous la médiation américaine et signés le 4 décembre 2025 par les dirigeants congolais et rwandais. Elle marque un nouveau durcissement de la stratégie américaine visant à assécher les circuits économiques alimentant le conflit dans l'est du pays.
Selon Washington, le réseau sanctionné aurait participé à l'exploitation et au transfert illicites de minerais stratégiques issus des zones contrôlées par l'AFC/M23. L'administration américaine estime que ces trafics constituent une source majeure de financement des activités militaires du mouvement rebelle et contribuent directement à la déstabilisation constante de la région des Grands Lacs.
AFC/M23 ACCUSÉ DE MULTIPLIER VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS
Le département du Trésor rappelle que l'AFC/M23, désigné comme groupe armé par les États-Unis et les Nations unies, est accusé de multiples violations des droits humains et de compromettre les efforts régionaux de paix. “Sous la direction du président Trump, nous continuerons à prendre des mesures décisives contre ceux qui permettent la violence, l'exploitation et les attaques contre le peuple congolais”, a insisté Scott Bessent.
Au-delà de la dimension sécuritaire, Washington affirme vouloir accélérer la mise en place d'un cadre régional favorisant des chaînes d'approvisionnement transparentes pour les minerais critiques, tout en stimulant le commerce légal et les investissements dans la région. Pour les autorités américaines, le démantèlement des réseaux de trafic constitue un préalable indispensable à la construction d'une paix durable entre Kinshasa et Kigali.
Ces sanctions s'inscrivent dans une série de mesures prises par les États-Unis depuis la signature des Accords de Washington. Le Trésor américain avait déjà sanctionné plusieurs acteurs du conflit les 2 mars, 30 avril et 2 juin 2026. Les Forces de défense rwandaises avaient notamment été visées pour leur soutien militaire, financier et logistique présumé à l'AFC/M23, accusé d'avoir pris le contrôle de vastes portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris les villes stratégiques de Goma et Bukavu.
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Washington cible les réseaux liés à l'exploitation illicite des ressources congolaises. En août 2025, le Trésor américain avait déjà pris des sanctions contre des entités impliquées dans l'exploitation minière illégale en RDC. Il a estimé que le trafic des minerais de conflit alimentait les violences contre les civils et freinait les investissements responsables susceptibles de bénéficier aux populations locales.
KIGALI CONTINUE DE DÉNONCER DES SANCTIONS JUGÉES “UNILATERALES”
De son côté, le Rwanda continue de rejeter ces accusations. Kigali dénonce des sanctions qu'il juge “unilatérales” et estime qu'elles “déforment les faits” du conflit dans l'est de la RDC en ciblant exclusivement une partie des acteurs impliqués dans le conflit. Les autorités rwandaises accusent régulièrement Kinshasa de violations des accords de cessez-le-feu et d'opérations militaires ayant causé de nombreuses pertes humaines.
La rébellion AFC/M23 partage cette lecture. Lors de ses récentes prises de parole, le mouvement a dénoncé des sanctions “à sens unique” et mis en garde contre une remise en cause des mécanismes de médiation internationaux, accusant Washington de partialité dans sa gestion du dossier congolais.
Les nouvelles sanctions surviennent alors que des affrontements sont signalés dans l'Est du pays. Malgré les efforts diplomatiques engagés à travers les processus de Washington et de Doha, soutenus par l'Union africaine, les initiatives de paix peinent toujours à produire des résultats tangibles sur le terrain. Pendant ce temps, l'AFC/M23 maintient son emprise sur une bonne partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, prolongeant une crise sécuritaire qui continue de fragiliser toute la région des Grands Lacs.
Jérémie ASOKO