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Scandale à Masina : une morgue implantée dans un immeuble
Un véritable scandale! Inimaginable dans une capitale : au rez-de-chaussée d'un bâtiment à étage situé sur le boulevard Lumumba, au quartier 3 dans la commune de Masina, à Kinshasa Tshangu, se trouve une morgue au nom de Séraphine Kilubu.
Cet établissement fonctionnait tranquillement sans autorisation légale et en dehors de toute norme légale.
Les habitants du quartier dénonçaient depuis longtemps une cohabitation jugée insoutenable: au rez-de-chaussée étaient gardées les dépouilles mortelles, tandis qu'à l'étage, des locataires y vivaient, préparaient leur nourriture et élevaient leurs enfants. Sans s'en rendre compte, la propriétaire de l'immeuble mettait en péril la santé des riverains.
La clameur publique était devenue tellement forte que les autorités provinciales ont été contraintes de sceller cette morgue.
C'est le ministre provincial de la Santé, le Dr Gongo Abakazi, qui est descendu sur les lieux pour mener cette action. La morgue a été fermée sur-le-champ, mais on ignore le sort réservé à sa propriétaire, auteure d'un si grave scandale.
Le scellé tardif de cet établissement met à nu l'absence d'autorité de l'État. Comment comprendre qu'une morgue puisse fonctionner sur une grande artère comme le boulevard Lumumba pendant longtemps sans que le chef de rue, le chef de quartier ou le bourgmestre, encore plus le poste de police le plus proche l'aient constaté?
RESPONSABILITES PARTAGEES
À analyser cette situation de manière objective, les responsabilités sont partagées de part et d'autre. Outre les autorités locales, il y a la propriétaire de l'établissement qui a ostensiblement enfreint la loi sur les règles de construction et d'hygiène publique. Ensuite la population qui dépose les dépouilles dans cette morgue installée visiblement dans un endroit non indiqué, étant donné que le district de la Tshangu dispose de plusieurs morgues, notamment celles de l'hôpital kimbanguiste de Kimbanseke, de l'hôpital de l'amitié sino-congolaise (HASC), communément appelé " Hôpital des Chinois ", de l'hôpital général de référence du quartier 7 de la commune de Ndjili, sans compter les morgues de l'hôpital Roi Baudouin et de l'hôpital Biamba Mutombo dans la commune de Masina. Pour quels motifs, des familles ont-elles préféré cette morgue problématique à celles ci-dessus énumérées qui répondent aux normes requises? En tous temps, les citoyens sont appelés à prendre en mains leurs responsabilités sans attendre toujours l'intervention de l'État.
La police du coin, dont la mission est d'assurer l'ordre et la sécurité, ne s'est pas acquittée convenablement de son devoir. En principe, dès la levée du premier corps, elle aurait dû intervenir pour interpeller la propriétaire du bâtiment et saisir les autorités locales compétentes. Malheureusement elle est restée indifférente.
Le cas de cette morgue n'est pas unique. Nous nous souviendrons de celle de l'ancien vice-gouverneur de la ville de Kinshasa, construite en pleine avenue des Poids lourds dans le quartier Kingabwa, commune de Limete. C'est de son propre gré qu'il l'a détruite, conscient de son incivisme.
Une autre morgue à problème est celle érigée en plein quartier populaire de Yolo, dans la commune de Kalamu. Le jour de levée des corps, les riverains de la morgue se sentent très mal à l'aise parce que leurs avenues sont totalement envahies par des familles venues de plusieurs coins de la capitale.
Outre les morgues, il existe bien d'autres structures non agréées qui fonctionnent calmement à Kinshasa dans une anarchie totale. Seule la rigueur des autorités peut mettre fin à ce désordre indescriptible dans la capitale congolaise qui ressemble aujourd'hui à un bidonville ou même à une jungle où n'importe qui peut s'installer où il veut et faire ce qui lui paraît bon. Sans aucune inquiétude !
Muke MUKE