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Sankuru : L'Assemblée provinciale s'apprête à reprendre ses travaux
Après un mois de paralysie institutionnelle, l'Assemblée provinciale du Sankuru s'apprête à relancer ses travaux législatifs, marquant ainsi la fin d'une période de blocage politique consécutive à la destitution controversée du gouverneur Victor Kitenge. Cette reprise, autorisée par les plus hautes autorités du pays, intervient après des consultations intensives à Kinshasa entre le Bureau de l'Assemblée et le vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur, ouvrant la voie à une stabilisation tant attendue de la gouvernance provinciale.
La suspension des activités parlementaires avait plongé le Sankuru dans une incertitude politique majeure, exacerbée par l'incapacité du gouverneur déchu, Victor Kitenge, à assurer sa propre défense devant les élus provinciaux pour des raisons de santé. Son éviction, votée en son absence, avait déclenché une vague de contestations et conduit à la paralysie des institutions locales, privant la province d'une gouvernance effective dans un contexte socio-économique déjà fragile.
KINSHASA JOUE LES MÉDIATEURS
Face à cette impasse, le Bureau de l'Assemblée provinciale s'est rendu à Kinshasa pour des consultations avec le vice-Premier ministre de l'Intérieur. Ce qui dénote le rôle de médiateur joué par Kinshasa. Ces échanges, décrits comme " constructifs " par des sources proches du dossier, ont permis de dissiper les malentendus et de réaffirmer la primauté du cadre légal dans la gestion de la crise.
" Nous avons reçu l'aval du VPM de l'Intérieur. Les séances vont reprendre dans les meilleurs délais ", a annoncé le rapporteur de l'Assemblée provinciale. Pour lui, cette validation par le pouvoir central confirme la légitimité de la démarche des députés provinciaux et consolide les bases d'une reprise apaisée des travaux.
VERS UN RETOUR À LA NORMALE ?
La relance des activités parlementaires devrait permettre d'accélérer l'adoption des textes en suspens, notamment le budget provincial et les projets de développement local retardés par la crise. Toutefois, des questions persistent quant à la succession définitive de Victor Kitenge et à l'équilibre des forces politiques au sein de l'hémicycle.
Les observateurs soulignent que cette issue, bien que positive, ne doit pas occulter les défis structurels auxquels fait face le Sankuru : tensions intercommunautaires, mauvaise gestion des ressources et faible présence de l'État. La reprise des travaux parlementaires ne sera donc qu'une première étape dans la consolidation d'une gouvernance durable et inclusive.
Si certains acteurs politiques se félicitent de cette avancée, d'autres appellent à la prudence, rappelant que les racines de la crise demeurent partiellement intactes. " Il ne suffit pas de reprendre les séances pour régler les problèmes de fond ", a commenté un analyste politique basé à Lusambo. Achemine-t-on vers un retour à la normale ? Wait and see.
Félix MULUMBA Kalemba