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RDC-Chine : l'ouverture du marché chinois, un tremplin pour faire de l'agriculture un nouveau moteur économique
L'ouverture du marché chinois aux produits congolais sans droits de douane représente un important levier de diversification économique pour la République démocratique du Congo.
Longtemps concentrée sur les exportations minières, la coopération commerciale entre Kinshasa et Pékin pourrait désormais ouvrir de nouvelles perspectives au secteur agricole et offrir aux producteurs congolais une place dans les échanges internationaux.
Pour la professeure Ahombo Liliane, docteure en sciences politiques et administratives et directrice exécutive du Centre d'études stratégiques et de sécurité internationale (Cessi), cette mesure constitue une occasion que le pays ne devrait pas laisser passer.
L'experte y voit une possibilité de repositionner l'agriculture dans l'économie nationale et de diversifier les sources de revenus à l'exportation.
Jusqu'ici, souligne-t-elle, les relations commerciales entre la RDC et la Chine renvoient essentiellement à l'exploitation et à l'exportation des ressources minières.
"Il s'agit d'une opportunité commerciale et économique majeure pour mon pays", affirme-t-elle, estimant que cette ouverture permet enfin aux paysans et aux agriculteurs congolais de participer davantage au commerce extérieur.
LE PAYS DISPOSE DE PLUS DE 70 MILLIONS D'HECTARES DE TERRES CULTIVABLES
Pour tirer profit de cette ouverture, la RDC peut s'appuyer sur des avantages naturels considérables. Le pays dispose de plus de 70 millions d'hectares de terres cultivables, d'une population jeune et de conditions climatiques favorables à la diversification des cultures.
Parmi les produits agricoles susceptibles de conquérir le marché chinois figurent notamment le piment, le café, le cacao, le gingembre et le quinquina. Cette diversification pourrait également ouvrir des perspectives à d'autres productions congolaises et réduire progressivement la dépendance du pays aux exportations minières.
Mais, pour Ahombo Liliane, l'enjeu dépasse la simple exploitation des potentialités naturelles. Il s'agit de changer fondamentalement le modèle agricole congolais.
"Le véritable moyen de tirer profit de cette politique est de faire basculer le secteur d'une agriculture de subsistance vers un puissant levier d'exportation", insiste-t-elle.
Cette ambition suppose notamment d'augmenter les capacités de production, de garantir la régularité de l'offre et d'améliorer la qualité des produits destinés à l'exportation.
La directrice exécutive du Cessi préconise ainsi la promotion des coopératives agricoles pour permettre aux producteurs de mutualiser leurs efforts et d'atteindre des volumes suffisants pour répondre à la demande internationale.
FAIRE DU POTENTIEL AGRICOLE UNE VÉRITABLE RICHESSE NATIONALE
Elle plaide également pour des investissements dans les laboratoires de certification aux normes internationales et les infrastructures de conservation, notamment la chaîne du froid, indispensables à la diversification des exportations vers les fruits congolais.
À cette stratégie doit s'ajouter la transformation locale des produits agricoles. Pour l'experte, la RDC gagnerait à ne plus se limiter à l'exportation des matières premières, mais à développer des produits finis capables de générer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
La promotion du label "Made in RDC" et le rapprochement entre les agriculteurs congolais et les consommateurs chinois constituent également des leviers pour consolider cette présence commerciale.
L'ambition pourrait même aller au-delà des produits déjà concernés par l'ouverture du marché chinois.
Ahombo Liliane encourage la RDC à envisager progressivement l'exportation d'autres denrées, notamment la viande porcine et la volaille.
En définitive, l'ouverture commerciale chinoise offre à la RDC une occasion de rééquilibrer ses échanges économiques et de faire de son potentiel agricole une véritable richesse nationale. Encore faut-il transformer cet avantage douanier en capacités réelles de production et d'exportation.
"La Chine a ouvert son marché : c'est désormais à la RDC d'outiller ses agriculteurs sur les plans technique, logistique et éducatif afin de transformer l'agriculture en un levier de coopération", conclut la professeure Ahombo Liliane.
Une opportunité qui, bien exploitée, pourrait faire de l'agriculture congolaise un nouveau pilier de la croissance économique et de la diversification des exportations.
DK