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Saison sèche : le Gouvernement invité à faire pression sur les sociétés des travaux publics
Nous sommes en pleine saison sèche, les pluies ayant cessé de tomber. Pour les experts en travaux publics, c'est le moment idéal pour les sociétés qui ont gagné le marché de réhabilitation des infrastructures de base de terminer leurs chantiers. Il est temps que le Gouvernement fasse pression sur ces sociétés.
Depuis l'année dernière, on observe à Kinshasa et dans d'autres grandes agglomérations du pays, des chantiers abandonnés. De nombreux travaux de réhabilitation ou de construction sont dans l'abandon ; les patrons des entreprises qui ont gagné différents marchés avancent entre autres prétextes les intempéries causées par des pluies. À analyser de près, cet argument ne tient pas debout. Le vrai problème réside ailleurs : la plupart de ces sociétés des travaux publics n'ont pas les équipements appropriés pour exécuter correctement les travaux. C'est à ce niveau qu'il faut condamner la complaisance des responsables étatiques impliqués dans l'attribution des marchés. D'aucuns se posent la question de savoir si la Direction générale de contrôle des marchés publics (DGCMP) est associée à la sélection ou s'il s'agit de marchés de gré à gré.
À titre indicatif, nous citerons le chantier de la route Matadi au niveau de Delvaux dans la commune de Ngaliema. Alors que le travail ne s'étend que sur une longueur de plus ou moins un kilomètre, l'entreprise sélectionnée n'arrive pas à terminer le chantier. Il y a aussi le chantier à l'entrée de Mont Fleury dont les travaux peinent à avancer alors qu'ils ont débuté depuis belle lurette. Cette lenteur est à la base des embouteillages qui se créent sur l'avenue Nguma.
Le cas de « Zando » dépasse tout entendement
Si l'abandon d'autres chantiers dans beaucoup de communes peut se justifier par le manque de fonds ou d'expertise, ce qui se passe au Marché central de Kinshasa dit « Zando », dépasse tout entendement. Il est inconcevable et même révoltant de constater que des années durant, ce grand centre de négoce de la capitale reste fermé parce que tout simplement les avenues environnantes sont encombrées et ne permettent pas son accès. Sur le plan économique et social, cela représente un gâchis formidable et un préjudice incommensurable pour ceux qui ne vivent que de ce marché.
Face à cette situation, les Kinois accablent premièrement les députés provinciaux dont l'indifférence révolte plus d'un. Élus pour défendre les intérêts de la population, ils sont "avalés par le gouverneur de la ville à cause des véhicules qu'il leur a octroyés", disent certains observateurs. Eux qui vivent ici sur place ne font pas d'itinérance pour vivre les difficultés de leurs électeurs. Oseront-ils se présenter devant leurs bases pour solliciter leurs voix en 2028 ? À moins d'être d'une témérité extraordinaire pour revenir vers des gens qu'on a trahis, ils seront humiliés.
En substance, les gouvernements central et provincial ont l'obligation de faire pression sur ces sociétés pour terminer leurs chantiers avant le retour des pluies. À défaut, la population aura raison de douter du sérieux des autorités.
Muke MUKE