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Retrait des forces étrangères : Tshisekedi exige une paix « juste, vérifiable et durable »
*« Une paix qui ne soit ni la résignation devant la force, ni l'oubli des victimes », martèle le chef de l'État.
Le Président de la République Félix Tshisekedi a appelé, à mots à peine voilés, au retrait des forces étrangères non invitées du territoire congolais et à la fin de tout soutien aux groupes armés, lors de la célébration du 10ᵉ anniversaire du Collège des hautes études de stratégie et de défense (CHESD), à Kinshasa.
Devant les participants à cette cérémonie, qui marquait également la clôture de l'Année académique 2025-2026 et l'ouverture de l'Année académique 2026-2027, le chef de l'État a défendu une conception de la paix fondée sur le respect de la souveraineté et la restauration de l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire national.
« Nous voulons une paix juste, vérifiable et durable. Une paix fondée sur le retrait des forces étrangères non invitées, la cessation de tout soutien aux groupes armés, leur désarmement effectif, la protection des populations civiles et le rétablissement de l'autorité de l'État sur chaque portion du territoire national », a-t-il déclaré.
Sans nommer directement le Rwanda dans cet extrait, Félix Tshisekedi a ainsi réaffirmé les principales exigences de Kinshasa dans le contexte de l'agression dont la RDC accuse Kigali et de l'activisme des groupes armés dans l'Est du pays.
LA SOUVERAINETÉ COMME PREMIÈRE LIGNE DE DÉFENSE
Le président congolais a également placé la maîtrise de la sécurité nationale au cœur de la souveraineté. Pour lui, une nation qui abandonne sa capacité à penser elle-même sa défense s'expose à voir d'autres puissances définir ses priorités sécuritaires à sa place.
« Lorsqu'une Nation renonce à penser elle-même sa sécurité, d'autres finissent toujours par la penser à sa place selon leurs intérêts, leurs priorités et leurs stratégies », a-t-il souligné.
Félix Tshisekedi estime ainsi que la souveraineté ne se limite pas au contrôle physique du territoire. Elle commence également par la capacité d'un État à identifier ses menaces, à déterminer ses intérêts vitaux et à choisir librement les moyens nécessaires pour les défendre.
« NI RÉSIGNATION DEVANT LA FORCE, NI OUBLI DES VICTIMES »
Dans son adresse, le chef de l'État a par ailleurs rejeté toute conception de la paix qui consacrerait les rapports de force ou entérinerait les réalités imposées par les armes.
« Nous voulons la paix, mais nous voulons une paix qui ne soit ni la résignation devant la force, ni l'oubli des victimes, ni la consécration du fait accompli », a-t-il martelé.
À travers ce message, le président congolais réaffirme donc la ligne de Kinshasa : parvenir à une paix durable dans l'Est de la RDC, tout en préservant l'intégrité territoriale du pays, en protégeant les populations civiles et en refusant toute solution qui consacrerait les gains territoriaux obtenus par la force.
La célébration des dix ans du CHESD aura ainsi servi de tribune au chef de l'État pour replacer la réflexion stratégique, la souveraineté nationale et la défense des intérêts congolais au centre de la recherche d'une issue à la crise sécuritaire qui secoue l'Est du pays.
Jérémie ASOKO