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La RDC et la Fondation Friedrich Ebert scellent un partenariat pour la promotion du leadership féminin
*Un accord de siège a été, à cet effet, signé hier entre les deux parties, au profit notamment de la Ligue des femmes de l’UDPS.
La mobilisation a été massive hier jeudi 22 octobre au siège de la Fondation allemande « Friedrich Ebert Stiftung » (FES) à Kinshasa. Au rendez-vous, des centaines de dames de la Ligue des femmes de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) ont afflué pour participer à la journée d’échanges sur la promotion du leadership féminin. La cérémonie a bénéficié de la présence de la Première Ministre, Mme Judith Suminwa Tuluka, de la ministre des Affaires étrangères, Mme Thérèse Kayikwamba Wagner, et du nouvel ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne en RDC, M. Alexander Fierley, en poste à Kinshasa depuis septembre 2026.
Destiné à affirmer le rôle moteur de la gent féminine dans la transformation politique du pays, cet événement a été aussi une occasion propice pour la signature officielle de l’accord de siège entre le gouvernement de la République Démocratique du Congo et la Fondation allemande. Ce partenariat germano-congolais est placé sous le signe de l’inclusion et de la démocratie sociale.
À l’honneur, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne a tenu à saluer d’emblée la forte représentation féminine au sommet de l’État. « La présence de Son Excellence Madame la Première Ministre et de Son Excellence Madame la Ministre des Affaires étrangères en est la preuve. Le leadership féminin congolais est possible. En quelques ans seulement, il a déjà laissé des impressions fortes sur la politique congolaise », a estimé M. Alexander Fierley.
Pour le diplomate allemand, « l’égalité entre les femmes et les hommes, la démocratie sociale... méritent respect, d’autant qu’elle part des réalités congolaises… Le développement ne se mesure pas seulement en infrastructure, en mines ou en investissements. Il se construit aussi avec des citoyennes et des citoyens informés, des organisations représentatives et un débat public ouvert. Sans paix, sans dialogue et sans participation, il n’y a pas de développement durable ».
CRÉER DES LIENS DE CONFIANCE
Abordant la spécificité de l’action des fondations politiques allemandes, Alexander Fierley a rappelé leur rôle clé dans le tissage de liens durables entre les peuples : « Les relations entre deux États ne se limitent pas à la coopération entre gouvernements. Elles vivent aussi des échanges entre les sociétés. Les fondations politiques allemandes y jouent un rôle particulier. Elles travaillent en toute indépendance... C’est précisément ce qui fait leur valeur : elles créent des liens de confiance qui durent au-delà des changements de gouvernement ».
Représentant résident de la Fondation Friedrich Ebert en RDC, M. Constantin Grund a, pour sa part, ouvert les perspectives politiques de la rencontre en insistant sur l’évolution nécessaire des mentalités.
« Je rêvais beaucoup, mais je ne parlais pas tellement. Mais aujourd’hui, nous parlons des rêves de générations entières de femmes. Et nous parlons aussi de ce qui doit changer pour que les rêves deviennent réalité. Le véritable progrès ne consiste pas seulement à célébrer les femmes qui ont réussi à franchir ces barrières, il consiste à faire disparaître les barrières elles-mêmes », a-t-il révélé dans son adresse.
MUTATION DÉMOCRATIQUE
Intervenant au cœur des réflexions, Mme Thérèse Kayikwamba Wagner a rappelé combien le paysage institutionnel congolais s’est transformé en profondeur : « …Le pays a changé. Nous ne sommes plus dans une dictature, nous sommes dans une démocratie. Nous sommes dans une démocratie avec plusieurs partis politiques… »
La patronne de la diplomatie congolaise a ensuite mis en exergue le rôle redoutable et souvent sous-estimé des femmes dans l’architecture politique, agissant comme de véritables chevilles ouvrières de l’ombre. « Les femmes, dit-elle, sont indispensables et elles sont incontournables dans tout ce qui est politique. Mais en même temps, il y a les défis structurels que nous devons surmonter et c’est peut-être en repensant comment nous nous prenons à certaines choses dans nos partis, dans nos structures qui nous encadrent ».
UNE VISION DE GOUVERNANCE ET DE JUSTICE
Intervenant devant un parterre conquis de centaines de militantes et de cadres de l’UDPS, la Première Ministre, Chef du Gouvernement, Mme Judith Suminwa Tuluka, a posé les jalons d’un leadership féminin fort, décomplexé et résolument ancré dans la gouvernance de l’État. Elle a rappelé avec force que la place de la femme n’est pas une simple concession, mais une nécessité démocratique : « Le leadership féminin n’est pas un combat contre les hommes, c’est une exigence de justice pour toute la société. Et c’est une question de gouvernance. »
S’adressant directement à la relève féminine et aux structures de base du parti au pouvoir, la cheffe du gouvernement a insisté sur la rigueur, l’intégrité et la préparation institutionnelle : « Préparez-vous, connaissez nos institutions, écoutez les préoccupations de nos concitoyens, préférez les arguments aux invectives... La force d’une organisation ne se mesure pas seulement au nombre de ses membres, mais à leur préparation, à leur intégrité et à leur capacité de servir. »
Traçant la voie pour l’avenir politique du pays, elle a lancé cet appel vibrant : « La République démocratique du Congo a besoin de femmes qui osent, qui se préparent, qui proposent et qui rassemblent. »
L’ENGAGEMENT DES FEMMES DE L’UDPS
Cette dynamique nationale s’appuie sur l’engagement inébranlable des structures de terrain, dont les interventions ont rythmé les travaux de cette journée mémorable :
Présidente nationale de la Ligue des femmes de l’UDPS, Mme Mansaka Christine a ouvert les allocutions en saluant la résilience des femmes face aux multiples crises et défis politiques. Mme Anto Mbelu, Vice-présidente de la Ligue, a axé son plaidoyer sur l’importance cruciale de la formation politique, de l’autonomisation et de la redynamisation des organes de base.
Mme Cécile Mêta a, pour sa part, marqué l’auditoire par un témoignage poignant retraçant le parcours des pionnières et les sacrifices consentis durant la clandestinité pour arracher la démocratie en RDC.
CONSTRUCTION D’UNE PAIX DURABLE
Abordant la situation sécuritaire du pays et rendant hommage aux victimes des conflits, notamment dans l’Est de la République Démocratique du Congo, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a invité l’assistance à un moment de recueillement : « Je pense aux mères qui protègent leurs enfants dans la peur, aux familles déplacées, aux jeunes filles dont les études sont interrompues, aux survivantes de violences sexuelles et à toutes celles qui portent les blessures de la guerre menée par le Rwanda et ses supplétifs contre notre pays. Ces femmes ne sont pas seulement des victimes de la guerre, elles sont aussi des figures extraordinaires de courage, de dignité et de résilience. »
UN SEUL CONGO, UN DESTIN PARTAGÉ
En conclusion de cette grande mobilisation orchestrée sous l’impulsion de la vision de la masculinité positive du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, un appel vibrant à l’unité nationale a été lancé par la Première Ministre : « Aucune ambition politique, aucune divergence, aucun intérêt particulier ne devrait jamais nous faire perdre de vue l’essentiel : nous n’avons qu’un seul Congo. Et ce Congo, nous avons le devoir de le préserver, de le défendre, de le transmettre un et indivisible aux générations futures. »
La Première ministre a refermé cette tribune par une note d’espoir mobilisatrice pour toutes les femmes congolaises : « Lorsqu’une femme se lève, elle peut changer sa vie. Lorsqu’elle tend la main à une autre, elle peut changer deux destins. Lorsque des milliers de femmes avancent ensemble, elles peuvent contribuer à transformer tout un pays ».
Yves KALIKAT