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Réagissant aux démissions de Kamerhe et de Bahati : Denis Mukwege dénonce une « inversion des rôles qui tue la démocratie » au sommet de l’État
Après les démissions de Vital Kamerhe et de Modeste Bahati Lukwebo, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege hausse le ton. Dans une déclaration au vitriol, il fustige une dérive institutionnelle en République démocratique du Congo et met en garde contre un débat constitutionnel jugé dangereux dans un pays en guerre.
La sortie est cinglante. « Vous faites honte au peuple que vous représentez et à nos ancêtres ». Par cette phrase lourde de sens, Denis Mukwege interpelle frontalement la classe politique congolaise.
Dans une déclaration très critique, le médecin congolais s’inquiète de l’état de la démocratie dans son pays, au lendemain des démissions de Vital Kamerhe et de Modeste Bahati Lukwebo, aux postes respectifs de président de l'Assemblée nationale et de 2éme vice-président du Sénat.
"INVERSIONS DES RÔLES" AU SOMMET DE L'ÉTAT
Pour lui, ces départs dépassent le simple fonctionnement normal des institutions. Ils seraient, estime le candidat malheureux à la présidentielle de 2023, la conséquence directe d’une opposition à un projet de révision constitutionnelle porté par des proches du pouvoir.
Mais c’est surtout la logique institutionnelle actuelle que dénonce le Prix Nobel de la paix. Il parle d’une « inversion des rôles » au sommet de l’État.
« Dans une démocratie normale, les représentants du peuple contrôlent l’action du président et du gouvernement. Au Congo, ce sont les élus qui sont sanctionnés lorsqu’ils osent exprimer leur désaccord », déplore-t-il.
Le célèbre gynécologue critique également l’attitude des responsables politiques concernés, qu’il accuse d’avoir ensuite « imploré la grâce présidentielle » et réaffirmé publiquement leur loyauté au chef de l’État. Une posture qui, selon lui, fragilise la dignité des institutions et brouille le rôle du Parlement.
LES ELUS APPELÉS À RETROUVER COURAGE ET SENS DE L'HONNEUR
Dans son message, Denis Mukwege appelle les élus à retrouver courage et sens de l’honneur, évoquant l’héritage de Patrice Lumumba et la responsabilité historique des représentants du peuple face aux pressions politiques.
Le Prix Nobel de la paix adresse enfin une mise en garde au président Félix Tshisekedi. Il l’exhorte à ne pas céder aux « courtisans » qui, selon lui, poussent au changement constitutionnel dans un contexte de guerre et de fragilité nationale.
Pour Denis Mukwege, une seule voix de résistance peut suffire à briser l’unanimisme politique et raviver l’espoir d’un peuple en quête de dignité démocratique.
Jérémie ASOKO

