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A l'Onu, Kinshasa accuse : plus de 5.000 enfants réintégrés aux groupes armés en 2025 dans l'Est
La République démocratique du Congo hausse le ton devant le Conseil de sécurité des Nations Unies face aux violations graves commises contre les enfants dans les conflits armés. Le 26 octobre 2026, Kinshasa a dénoncé les meurtres, les mutilations, les enlèvements, les violences sexuelles et le recrutement forcé qui continuent de briser des enfances dans l'Est du pays. La diplomatie congolaise réclame une protection effective des enfants et une lutte renforcée contre l'impunité.
Lors de la 10251ème séance du Conseil de sécurité, consacrée aux enfants et aux conflits armés sous la présidence grecque, l'ambassadrice Jocelyne Kabengele Lukundula, représentante permanente adjointe de la RDC auprès des Nations Unies, a exprimé la vive préoccupation de Kinshasa face à la persistance de ces violations.
"Les meurtres, les mutilations, les enlèvements, le recrutement forcé et les attaques contre les établissements scolaires compromettent leur sécurité, leur éducation ainsi que leur avenir", a-t-elle déclaré, rappelant que les établissements scolaires doivent demeurer des espaces sûrs conformément au droit international humanitaire.
La diplomate a, particulièrement, insisté sur la situation dans l'Est de la RDC, où les activités des groupes armés continuent d'exposer les enfants aux violences et de compromettre leur accès à l'éducation.
PLUS DE 5.000 ENFANTS RÉINTÉGRÉS EN 2025
Face à cette situation, Kinshasa a également présenté les progrès accomplis dans la prévention du recrutement des enfants et leur réintégration dans la société.
La coopération entre la RDC et les Nations Unies, notamment à travers les plans d'action conjoints de 2012 et 2014, a contribué au retrait des Forces armées de la RDC, en 2017, de la liste des parties recrutant ou utilisant des enfants dans les conflits armés.
"Ces efforts ont contribué aux progrès et conduit, en 2017, au retrait des Forces armées de la République démocratique du Congo de la liste des parties recrutant ou utilisant des enfants dans les conflits armés, marquant ainsi une avancée majeure dans la protection de l'enfance", a souligné Jocelyne Kabengele Lukundula.
Sur le plan institutionnel, la RDC s'est dotée d'un plan d'action national reposant sur quatre priorités : la prévention, la protection, la lutte contre l'impunité et le renforcement des capacités institutionnelles.
Les résultats avancés par la diplomate font état de près de 5000 personnels militaires, sécuritaires et judiciaires formés, ainsi que de plus de 5000 enfants associés aux groupes armés réintégrés en 2025.
"Sa mise en œuvre a permis des avancées significatives, notamment la formation de près de 5.000 personnels militaires, sécuritaires et judiciaires, ainsi que la réintégration de plus de 5.000 enfants associés aux groupes armés en 2025", a-t-elle précisé.
FAIRE DE LA PROTECTION DES ENFANTS UNE PRIORITÉ ABSOLUE
Kinshasa a également mis en avant le renforcement du Conseil national de l'enfant, l'élaboration de la politique nationale de l'enfant et de son Plan stratégique 2026-2030, ainsi que la création du Système national d'information sur la protection de l'enfant et du Parlement national des enfants en 2026.
À l'échelle internationale, l'adhésion de la RDC aux Principes de Vancouver en 2020 témoigne également de son engagement à prévenir le recrutement et l'utilisation des enfants dans les opérations de maintien de la paix.
Évoquant les trente années du mandat des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés, la représentante congolaise a rappelé les acquis de la mobilisation internationale, notamment la libération de plus de 220.000 enfants et la conclusion de 38 plans d'action.
Elle a toutefois appelé à aller au-delà des engagements institutionnels pour garantir une protection réelle aux enfants victimes des conflits.
Cette prise de position intervient dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où les violences attribuées à l'AFC/M23, désormais désignée sous l'appellation de Front pour la refondation de la nation (FRN), continuent d'aggraver la crise humanitaire.
Alors que les initiatives diplomatiques de Washington et de Doha peinent à produire les résultats attendus sur le terrain, Kinshasa réaffirme ainsi son exigence : faire de la protection des enfants une priorité absolue et mettre fin aux violences qui hypothèquent l'avenir de toute une génération.
Jérémie ASOKO