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Raïssa Malu : « Se priver de l’apport des femmes dans les sciences et technologies, ce serait refuser le développement ! »
Le monde a commémoré le 11 février 2023, la 8ème édition de la Journée internationale des femmes et des filles dans la science sous le thème : « Innover. Démontrer. Elever. Avancer. Soutenir. (I.D.E.A.S.) ». Ce thème met l’accent sur le rôle des femmes et des filles et de la science au profit des objectifs de développement durable (ODD). Dans sa réflexion faite à l’occasion de cette journée, Raïssa Malu estime que l’atteinte des ODD est un travail d’équipe. Pour cette Consultante internationale en éducation « se priver de l’apport des femmes dans les sciences et technologies, ce serait refuser le développement ! ». Elle invite les femmes et les filles à rejoindre les domaines de la science. » Science is fun, join us ! « , conclut Pr Malu. DB
Ci-dessous, la réflexion de Raïssa Malu, Consultante internationale en éducation.
La Journée internationale des femmes et des filles dans la science/International Day of women and Girl in Science (IDWGIS) a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2015 pour rappeler l’impérieuse nécessité » de donner aux femmes de tous âges les moyens d’accéder et de participer pleinement, sur un pied d’égalité, aux activités scientifiques et techniques et à l’innovation pour un développement socio-économique durable, conformément à l’Agenda 2030 et à ses ODD « . Il s’agit de la résolution A/RES/70/212 et la date du 11 février a été choisie.
Le thème général de cette année est » Innover. Démontrer. Elever. Avancer. Soutenir. (I.D.E.A.S.) » pour focaliser les débats sur le rôle des femmes, des filles et de la science, au profit des Objectifs de développement durable (ODD) qui seront examinés lors du prochain Forum politique de haut niveau (HLPF) : l’ODD 6 (eau et assainissement), l’ODD 7 (énergie abordable et propre), l’ODD 9 (industrie, innovation et infrastructure), l’ODD 11 (villes et communautés durables) et l’ODD 17 (partenariats).
La 8e Assemblée de la Journée internationale des femmes et des filles dans la science qui s’est tenue à New York le 10 février (pas le 11 parce que tombant un samedi), a « réunir des femmes de science, des jeunes, des experts et des professionnels ainsi que des parties prenantes multiples pour un dialogue et des discussions visant à identifier les conditions et les outils permettant de placer la science, la technologie et l’innovation au cœur des programmes de développement durable, des relations internationales et des stratégies et plans de mise en œuvre des secteurs public et privé« .
En République Démocratique du Congo, plusieurs activités ont été prévues. Nous avons eu les 11 et 12 février une grande STEM en RDC organisée à Lubumbashi par la cellule de recherche WOMEN IN RESEARCH AND DEVELOPMENT (WR&D) des Professeures Céline Sikulisimwa, Joséphine Kankolongo et Odette Kabena de la Faculté des Sciences et Industries de l’Université de Kinshasa. Les différentes parties prenantes ont réfléchir sur le rôle des femmes et des filles dans les STEM pour l’atteinte des ODD en RDC afin de produire un plan triennal d’activités.
Le 11 février, la Faculté d’ingénierie ULC-Icam de l’Université Loyola du Congo a organisé une journée avec des décideurs politiques, des ONG engagées pour la cause du genre, des éducatrices qui promeuvent la science traditionnelle et des universitaires afin d’identifier les défis de la formation de la jeune fille dans les domaines scientifiques et d’élaborer les stratégies à mettre en place pour faire face à ces défis.
Enfin, le Centre Interdisciplinaire pour le Développement de l’Education Permanente (CIDEP) via le Noyau Informatique organisera à Kinshasa le 17 février une conférence dans le cadre de cette journée afin « d’encourager la femme congolaise à s’intéresser aux domaines des STEM tels que l’informatique, la biologie, la robotique, la mécanique, etc. ». Le documentaire « Robe de pixels » de Lisette Ntumba, Chef du Noyau Informatique/CIDEP, destiné à motiver les jeunes filles à aimer les STEM, y sera projeté.
Je suis heureuse et fière de parler de ces initiatives ; car, croyez-moi, dix ans auparavant, quand je décidais de revenir en RDC pour organiser la première édition de la Semaine de la Science et des Technologies, STEM était un acronyme inconnu, les femmes dans ces disciplines ignorées et les initiatives scientifiques cantonnées à des cercles restreints. Aujourd’hui, cet engouement montre que notre stratégie qui a consisté dans sa première phase à donner de la visibilité, à normaliser et à démystifier les disciplines techniques et scientifiques et les personnalités qui y performent donne des résultats.
Mais, le travail reste énorme. A l’échelle du pays, nous sommes loin « de donner aux femmes de tous âges les moyens d’accéder et de participer pleinement, sur un pied d’égalité, aux activités scientifiques et techniques et à l’innovation « . La réussite de nos initiatives ne doit pas ainsi cacher la forêt de méfiance, d’ignorance et de peur qui domine encore notre société à l’égard des sciences, des technologies, de la recherche et de l’innovation. Le lien entre ces domaines, le développement durable de notre Nation et le rôle des femmes n’est pas toujours évident dans la tête des décideurs politiques, dans la société civile, dans le secteur privé, dans les communautés, les familles et parfois même dans les organisations internationales et chez les scientifiques.
Pourtant, les femmes sont les premières témoins et victimes du réchauffement climatique. Lorsque les sociétés dysfonctionnent, elles en font les premières les frais. Elles s’occupent de l’éducation des enfants et du bien-être des familles. Pensez-vous qu’elles réalisent ou subissent tout cela comme des robots, sans âme ni réflexion ?
Les femmes accumulent (consciemment ou inconsciemment) des savoirs, des connaissances, des données et des perceptions. Ces informations pour être utiles au plus grand nombre doivent être reconnues, verbalisées, traitées, organisées et partagées. Pour ce faire, commençons par abandonner le modèle classique où des scientifiques en chemise blanche viennent pendant quelques jours collecter les informations et s’en vont les traiter ailleurs sans jamais revenir partager les résultats. Un autre type de collaboration est nécessaire.
Commençons par outiller nos populations en compétences et connaissances scientifiques et techniques qui renforcent leurs propres modes de connaissance et les élargissent. Ensuite, pour convaincre toutes les sphères de la société, des plus traditionnelles aux plus modernes, d’investir plus de ressources dans la recherche, le développement et l’innovation, matraquons les résultats et les avantages qu’ils peuvent en tirer. En parallèle, éduquons les filles, autonomisons les femmes, promouvons avec enthousiasme les rôles modèles locaux et plaçons plus des femmes dont c’est la vocation, à des postes clés de décision. Enfin, décourageons et sanctionnons avec la plus grande fermeté toutes les violences basées sur le genre. Les filles et les femmes en sciences ne peuvent jouer leurs rôles si elles en sont systématiquement victimes.
Globalement, la collecte des données, les infrastructures, l’organisation de la société, l’organisation du travail, l’éducation, la santé publique, etc., doivent être genrés, c’est-à-dire, tenir compte des spécificités et différences entre les sexes, sans marginalisation ni ségrégation. Le défi est de bâtir ensemble une société plus inclusive et informée.
« Innover. Démontrer. Élever. Avancer. Soutenir. (I.D.E.A.S.) » pour l’atteinte des objectifs de développement durable est un travail d’équipe. Se priver de l’apport des femmes dans les sciences et les technologies, ce serait refuser le développement !
Je termine là en vous souhaitant à toutes et tous une fructueuse 8ème Journée internationale des femmes et des filles dans la science. Et rappelez-vous, » Science is fun, join us ! «