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Prince Epenge plaide pour un dialogue national inclusif
Le mardi 5 août, sur le plateau de TV5Monde, Prince Epenge, porte-parole de la plateforme d’opposition Lamuka, n’a pas mâché ses mots. Face à l’enlisement des crises multiformes en République démocratique du Congo, il a lancé un appel pressant à l’instauration d’un dialogue national inclusif, seul cadre, selon lui, capable de réconcilier les Congolais et de redonner souffle à un pays au bord du précipice.
«Le Congo s’appauvrit au jour le jour. Il faut que les enfants du pays se parlent, se disent des vérités, pour apaiser les esprits et recoller les cœurs», a déclaré Prince Epenge, également président du parti Action pour la démocratie et le développement (ADD Congo, insistant sur la nécessité d’un consensus politique pour affronter les défis de l’heure : crise sécuritaire, crise politique et crise sociale.
Interrogé sur la situation dans l’Est de la RDC, le porte-parole de Lamuka a dénoncé l’inaction face à la tragédie humanitaire en cours. Il a salué, du bout des lèvres, les accords signés à Washington et à Doha, tout en soulignant leur insuffisance. «Ce sont de petits pas dans la bonne direction, mais ils ne peuvent remplacer un véritable dialogue entre Congolais. Il faut les consolider par une concertation nationale sincère», a-t-il relevé.
Le ton s’est fait encore plus grave lorsqu’il a évoqué les millions de déplacés internes: «Depuis janvier 2025, un million de personnes ont été déplacées, portant le total à sept millions. C’est une urgence nationale»
«Ce n’est pas une alliance. Ce sont des échanges...»
Alors que certains observateurs voient dans les récentes rencontres entre Martin Fayulu, Félix Tshisekedi, Joseph Kabila ou encore Moïse Katumbi un début de rapprochement politique, Prince Epenge clarifie : «Ce n’est pas une alliance. Ce sont des échanges pour sauver l’unité du pays». Et d’ajouter : «Martin Fayulu a toujours prôné l’inclusivité. Il parle avec tout le monde parce que le Congo est en danger».
Quant à la possibilité pour Lamuka de participer à un éventuel gouvernement d’union nationale, Prince Epenge se montre prudent mais ouvert : «Ce qui compte, ce n’est pas l’ouverture en soi, mais les objectifs qu’elle poursuit. Lamuka ne ferme pas la porte, mais exige d’abord un dialogue, des réformes, une réconciliation réelle».
Enfin, revenant sur la situation de la liberté de la presse en RDC, le porte-parole a présenté ses condoléances après la mort du jeune journaliste Fiston dans l’Est, dénonçant «la persistance de l’intolérance et le musellement des médias».
«Ce n’est ni un poste, ni un partage de pouvoir...»
Dans un climat politique tendu, marqué par des incertitudes sécuritaires et des fractures sociales profondes, Prince Epenge trace la voie d’un compromis: «Ce n’est ni un poste ni un partage de pouvoir que nous recherchons, c’est un sursaut national». Un message clair, aux allures de cri d’alarme, lancé à tous les acteurs politiques de la RDC.
L’éventuel remaniement gouvernemental à Kinshasa ravivera-t-il la flamme du dialogue ou exacerbera-t-il les clivages ?
Jérémie ASOKO