Dernière minute
Société
Ata na lifelo toko samba kaka". Cette phrase en lingala se traduit littéralement par : " Même en enfer, nous allons quand même plaider [notre cause].
Dans un sens plus imagé, cela signifie qu'on ne compte pas se laisser faire ou se taire, peu importe la difficulté…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Avocats Sans Frontières (ASF) a lancé un projet d’assistance judiciaire à la prison centrale de Makala. Cette initiative permettra aux ONG locales travaillant avec AVS…
Étranger
L'Autriche a salué mercredi les efforts déployés par le Maroc en faveur du développement d'un nouveau modèle de coopération Sud-Sud, soulignant l'importance de promouvoir la coopération…
Nation
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), James Swan, a passé en…
Primature, voici les défis que doit relever Judith Suminwa
La fumée blanche est enfin montée sur l’hôtel du gouvernement avec la nomination de Mme Judith Suminwa Tuluka au poste de Première ministre. Au-delà de l’originalité de son élévation-elle est la première femme à occuper ces fonctions depuis l’accession de la RDC à la souveraineté nationale et internationale. L’ordonnance présidentielle est tombée juste un jour après la fête de Pâques, qui rappelle la résurrection de Jésus-Christ.
Pour un pays dont la population est à plus de 70% composée des chrétiens, c’est une coïncidence qui mérite d’être mise en exergue. De tout temps, en politique les femmes congolaises ont toujours été considérées comme des marche-pieds pour l’ascension des hommes.
Cependant, même si la religion ne semble pas avoir un impact visible sur le fonctionnement de nos institutions politiques, son influence n’est pas à négliger. C’est pourquoi, par rapport à cette toute première élévation d’une femme au poste de chef de l’exécutif national, les chrétiens toutes confessions confondues se demandent si Mme Judith Suminwa n’est pas à comparer avec Marie Magdala, cette femme audacieuse qui est venue au tombeau de Jésus-Christ tôt le matin, et qui a constaté sa résurrection.
C’est à elle que le Seigneur a confié la mission d’aller annoncer la bonne nouvelle de sa résurrection aux Apôtres. C’est très significatif pour une société juive où la femme n’avait pas de considération. Si nous pouvons nous permettre de comparer cette situation à celle de la RDC où les femmes, comme nous l’avons dit ci-haut, n’ont joué jusque-là que les seconds rôles, pouvons-nous espérer que la nouvelle cheffe du gouvernement viennent annoncer aux Congolais leur sortie du tunnel après plusieurs années de règne de la gent masculine à la Primature ?
Dans sa première déclaration après sa nomination, Judith Suminwa s’est abstenue de manifester un optimisme béat. Elle s’est contentée de reconnaître que les défis sont nombreux à relever. Elle a parfaitement raison au regard de la situation socio-économique délétère que traverse le pays. C’est pourquoi, il importe d’atténuer cette comparaison entre l’avènement de Mme Suminwa à la tête du gouvernement et le rôle qu’a joué Marie Magdala, au regard des réalités de la RDC que certains qualifient de pays atypique.
L’ancien président de la République, Joseph Kabila, a reconnu publiquement son échec de n’avoir pas transformé l’homme congolais. Il a effectivement raison parce que le problème de la RDC, c’est avant tout le congolais. On ne peut envisager un quelconque progrès tant que le mental du Congolais reste ce qu’il est.
Parmi les 12 travaux d’Hercules auxquels elle doit impérativement s’attaquer, il y a en pole position le changement de mentalité. Ce changement ne doit être possible que grâce à une politique de rigueur que Mme Suminwa est appelée à imposer. Lex dura sed lex (la loi est dure mais c’est la loi). Il n’y a pas d’autres choix à opérer si elle tient à faire sortir la RDC des chemins battus.
Cheffe et responsable, et non une figurante
Pour marquer d’une pierre indélébile son mandat et laisser des traces dans les annales de l’histoire de la Primature en RDC, la nouvelle cheffe du département est appelée à apporter d’importantes innovations dans sa manière de gouverner. Elle ne doit pas se considérer comme une simple figurante, mais plutôt comme un pilier d’une importante institution qui gère la res publica au quotidien.
Nous avons connu dans ce pays des Premiers ministres vertébrés qui ont joué effectivement leur rôle de chefs de gouvernement. D’autres, par contre, n’ont été que des simples marionnettes, attendant tout du président de la République.
Les Congolais, qui ont attendu longtemps la nomination d’un Premier ministre, espèrent que dans les jours à venir ils sentiront un vent de changement. C’est un processus qui se réalise petit à petit, mais il se fait sentir dès les premiers instants d’un pouvoir.
L’on s’attend à ce que les points débattus au Conseil des ministres soient réellement en rapport avec les préoccupations de la population. Les citoyens lambda aimeraient constater que, réellement, les erreurs du premier mandat que du président de la République sont en train d’être corrigées, comme il l’a si bien dit dans son discours d’investiture.
Généralement, la population aime être bien dirigée pour vouer du respect à leurs autorités. Mme Judith Suminwa est invitée à restaurer l’autorité de l’Etat partout, en faisant respecter les lois du pays en commençant par celles faciles à exécuter.
Au nombre de celles-ci, il y a notamment la lutte contre les pollutions sonores diurnes et nocturnes, la lutte contre l’occupation anarchique des voies publiques, la lutte contre le phénomène «kuluna», le respect du code de la route et des tarifs de transport par les chauffeurs des taxis et taxi-bus, etc.
Dans un autre registre, il sied d’inscrire la desserte en eau potable et en énergie électrique, et la lutte contre l’insalubrité qui fait de Kinshasa l’une des capitales les plus sales du monde
Cette liste n’est pas exhaustive. Il existe beaucoup d’autres antivaleurs qu’il faut combattre avec rigueur pour ramener les Congolais sur le droit chemin. C’est sur ces points saillants que la population attend apprécier les premiers 100 jours du mandat de la première Première ministre de la RDC indépendante. Muke MUKE