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Plus de quatorze heures d’incendie dans une usine à Limete !
*Jusqu’hier à minuit, les flammes n’étaient pas encore éteintes, malgré des dizaines de véhicules qui se relayaient depuis l’après-midi pour maîtriser l’incendie. Malgré d’importantes pertes matérielles, on n’a déploré aucun mort.
Une épaisse colonne de fumée s’exhale depuis hier de la concession de Congo futur, à la 12ème rue du quartier industriel de Limete. Signalé aux environs de 10h00, l’incendie s’est propagé au-delà des entrepôts de la société Plastico Do Sol, une entreprise spécialisée dans la fabrication des plastiques. Aperçue depuis dans les quatre coins de la ville de Kinshasa, la colonne de fumée a provoqué des frayeurs. Les flammes étaient si vives qu’elles ont embrasé des résidences privées environnantes, sans toutefois causer mort d’hommes, assurent des témoins. Jusqu’à minuit, heure où nous avons quitté le lieu du drame, le feu n’était pas encore éteint. Récit.
«Il était 10h00 environs ce mercredi 6 mars lorsque nous avons vu détaler des journaliers travaillant dans une des usines implantées dans la concession de Congo futur, à cheval entre la 12ème et la 13ème rue du quartier industriel, à Limete. Habitués à transporter nos passagers sur ce parcours, nous avons été surpris d’assister à ce sauve-qui-peut qui a plongé la population dans une panique générale», nous relate Patrick B., conducteur de taxi-moto à la 12ème rue.
«Ce sont, dit-il, ces agents qui nous ont mis au parfum des étincelles qui ont provoqué l’incendie dans une des usines implantées au quartier industriel de Limete. Ces travailleurs ont dû tous vider la concession dans un temps record pour éviter d’être calcinés avec les marchandises stockées dans les entrepôts».
Du gris sur le ciel de Kinshasa

Médecin logé dans une résidence des prêtres capucins à la 12ème rue au quartier industriel, Dr Starley atteste avoir assisté à la même scène dans la matinée d’hier mercredi lorsqu’il s’apprêtait à se rendre dans une soutenance publique à l’Université de Kinshasa. «C’était effectivement aux abords de 10h00 que j’ai vu des agents sortir de la concession de Congo futur. Visiblement sous la panique, ils prenaient la tangente pour quitter au plus vite la zone en flamme», rapporte-t-il à ‘‘Forum des As’’.
«C’est en ce moment que le véhicule que j’attendais est venu me prendre pour aller à l’Unikin. Mais, j’étais loin d’imaginer que cet incendie allait se propager avec une telle ampleur et perdurer jusqu’à minuit !», s’étonne Dr Starley.
Au fil du temps en effet, l’incendie s’est étendu dans les alentours laissant échapper une vaste colonne de fumée grise qui a noirci un pan du ciel de Kinshasa, au point où ceux qui l’apercevaient de loin croyaient qu’il y avait une menace d’orage.
Affluence des curieux
Le drame a aussitôt drainé des foules de curieux qui, depuis, le petit boulevard, parallèle au boulevard Lumumba, se pressaient de voir la scène et tenaient à mieux comprendre la cause de cet incendie. Tout au long de la journée, des passants et d’autres curieux s’agrippaient à la passerelle de la 13ème rue pour observer la zone en feu dans les moindres détails.
«Nous qui continuons à transporter nos clients à bord de nos motos à la 12ème Rue, nous ressentions les effets de l’incendie dans nos chairs, tant la chaleur était suffocante et l’air pollué. On pouvait facilement s’étouffer. Mais, nous voyions paradoxalement des foules se rassembler sur notre trajectoire où étaient désormais entreposés les gros véhicules des usines de Congo futur, rétrécissant ainsi le passage», nous souffle un conducteur de taxi-moto.
Selon son récit, les camions anti-incendie, quoiqu’arrivés en retard, n’ont cessé de se relayer dans le chemin étroit qui mène à la concession pour tenter de maîtriser le feu. Mais en vain. «Nous avons vu défiler des dizaines de camions de plusieurs entreprises qui venaient déverser de l’eau, commente-t-il. Je peux estimer à une centaine de rotations les tours des camions que j’ai vus de mes propres yeux. Il n’y a que les véhicules anti-incendie de l’Onatra que je n’ai pas repérés !»
Des pillards écartés de la zone incendiée
La mobilisation était telle que les conducteurs de motos de la 12ème Rue assurent avoir aperçu l’autorité municipale de la commune de Limete et les responsables de la Police nationale dont les agents se sont vite déployés dans la zone pour dissuader d’éventuels pillards d’emporter les biens des entreprises en détresse et des occupants de trois immeubles, calcinés par l’incendie, renseignent des sources concordantes.
«Dieu merci, on n’a déploré aucun mort, encore moins des blessés lors de ce drame. Seulement, regrette-t-on d’importants dégâts matériels subis essentiellement par la société Plastico Do Sol et d’autres dont nous n’avons pas des détails», nous signale Patrick B.
Bien que déployé sur le terrain, Forum des As n’a toutefois pas eu des précisions sur les vrais mobiles de ce grave incendie. Mais, la question que se posent nombre d’observateurs est de savoir à quel point peut-on aujourd’hui faire confiance aux sapeurs-pompiers de notre pays qui sont souvent peu équipés quand il faut intervenir pour maitriser l’incendie. Aux gouvernants d’apporter l’eau au moulin des services anti-incendie pour les rendre plus efficaces. Yves KALIKAT