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Phénomène kuluna: le gouvernement invité à s’attaquer aux vraies causes
Le phénomène « Kuluna » a pris une ampleur inquiétante ces derniers temps. Ce banditisme urbain auquel se livrent des jeunes désoeuvrés qui s’attaquent à la population en recourent aux armes blanches, a poussé la police congolaise à acheminer désormais les inciviques pris en flagrant délit à la prison militaire de Ndolo.
Si cette décision est appréciée par une large majorité des Kinois à cause de son caractère dissuasif, son efficacité à long terme pose cependant problème. Car, il appert que la solution idoine et efficiente à ce fléau consiste à s’attaquer à ses causes réelles et non à ses effets. On ne combat pas la fièvre en aspergeant de l’eau sur le corps du malade, mais en lui administrant un médicament qui combat le germe à la base de cette fièvre.
Dans le cas d’espèce, les autorités administratives et celles de la police devraient tout d’abord identifier les causes objectives de cette forme dangereuse de la délinquance juvénile. À examiner profondément, il apparaît clairement que le chômage constitue la base de ce phénomène, car il provoque l’oisiveté qui, à son tour, engendre la consommation des stupéfiants et autres comportements répréhensibles, notamment les agressions meurtrières, vols et viols.
Complaisance
Si ce banditisme ne fait que prendre de l’ampleur, c’est en grande partie à cause de la complaisance avec laquelle ces jeunes déliquants sont traités, et aussi à cause de notre justice que d’aucuns qualifient de « corrompue« . Pour preuve, combien de fois ces kuluna ne se retrouvent-ils pas dans leurs quartiers quelques jours seulement après leur incarcération ?
En outre, la population, victime des affres de ces hors-la-loi, tire à boulets rouges sur les éléments de la police affectés dans des sous-commissariats qu’elle accuse de « complicité avec ces brigands« . Le cas le plus patent de cette fracture entre les citoyens et les policiers s’est manifesté dernièrement à Kimpese, au Kongo Central, où les locaux de la police ont été vandalisés par des populations en furie.
Pas de solutions décoratives
Le mal étant très profond, il sied d’imaginer des solutions structurelles et non à caractère décoratif. C’est-à-dire qui plaisent seulement à l’opinion. Pour le chômage, le gouvernement devrait créer des conditions favorables au climat des affaires pour attirer les opérateurs économiques, en vue de leur permettre d’investir massivement en RDC.
Dans son discours d’investiture, le président de la République a promis de résoudre le problème de chômage des jeunes par la création de plusieurs milliers d’emplois. Cette promesse ne peut être tenue que si les hommes d’affaires créent beaucoup d’entreprises.
À ce propos, il y a lieu de stigmatiser le fait que le rôle de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) ne se fait pas effectivement sentir sur le terrain. Nous estimons que cet établissement public mérite un coup de pouce pour qu’elle joue véritablement sa mission.
pistes de solutions
Du côté du gouvernement, il existe beaucoup d’opportunités à exploiter pour réduire tant soit peu le taux de chômage qui frappe de plein-pied la jeunesse active. Il s’agit notamment de faire revivre des entreprises qui ont mis les clés sous paillassons à savoir : la Cimenterie nationale (CINAT) de Kimpese, province du Kongo Central, et la sidérurgie de Maluku. Il y a aussi la grande GECAMINES qu’il faut absolument redynamiser pour la replacer sur orbite.
Une autre piste consiste à relancer le parc agro industriel de Bukanga Lonzo. Il n’est pas normal qu’un tel projet, qui a coûté énormément d’argent, soit abandonné. Si son début a connu un problème sérieux de gestion, ce n’est pas la raison d’y mettre fin. Les millions de dollars américains vont-ils être jetés ainsi dans la poubelle ?
La création d’une société des éboueurs pour l’assainissement des villes et de grands centres urbains constitue également une solution idoine pour la résorption du chômage des jeunes. Car les formules telles que Kin propre et Kin bopeto ne sont pas les mieux indiquées pour une tâche d’une si grande ampleur.
Pour revenir au fond de notre sujet du jour, il importe de reconnaître que les kuluna constituent un véritable fléau qu’il faut absolument éradiquer avant qu’il ne soit trop tard. Pour ce, les autorités ne doivent pas transiger devant ces délinquants qui sèment morts et désolation parmi la population. L’opération du type, celle mise en place par l’ancien ministre de la Justice, Luzolo Bambi, ferait bien l’affaire. Muke MUKE