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Pétition contre Bahati : le Sénat met en place une commission spéciale pour trancher sur son sort
La tempête politique déclenchée par les propos de Modeste Bahati Lukwebo sur la Constitution ne faiblit pas. Ce mercredi 18 mars, le Sénat se réunit en plénière pour décider de la mise en place d’une commission spéciale chargée d’examiner la pétition visant son deuxième vice-président. Malgré excuses publiques et démonstration de loyauté envers le chef de l’État, la fronde parlementaire persiste.
Au Sénat, la controverse s’est transformée en procédure institutionnelle. Le bureau de la Chambre haute du Parlement a convoqué une plénière ce mercredi 18 mars à Kinshasa pour statuer sur la création d’une commission spéciale chargée d’examiner la pétition introduite contre Modeste Bahati Lukwebo.
Dans un communiqué signé par la rapporteure Néfertiti Ngudianza Bayokisa Kisula, les sénateurs sont appelés à prendre part à cette séance jugée décisive.
L’origine de la tempête: « Le pays n’a pas un problème de textes, le pays a un problème d’hommes. »
La crise remonte à la conférence de presse du 4 mars. Réagissant aux thèses défendues notamment par Evariste Boshab et André Mbata sur la révision constitutionnelle, Modeste Bahati Lukwebo avait lancé une phrase devenue virale :
« Le pays n’a pas un problème de textes, le pays a un problème d’hommes. »
Une sortie jugée trop tranchée par plusieurs sénateurs et par certains cadres de l’Union sacrée de la Nation.
Face à la polémique, le sénateur avait présenté ses excuses, notamment au président Félix Tshisekedi, resté fidèle à sa posture de garant des institutions, évitant toute ingérence dans les affaires parlementaires comme lors des dossiers impliquant Constant Mutamba ou Vital Kamerhe.
Entre-temps, Modeste Bahati Lukwebo a été reconduit à la tête de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) pour cinq ans, réaffirmant son soutien à la vision du chef de l’État.
Mais ni les excuses ni cette démonstration de loyauté n’ont suffi à désamorcer la crise.
La pétition contre lui a continué de circuler au Sénat, engrangeant des signatures. Face à la pression interne, le bureau de la Chambre haute a activé la procédure prévue par les textes.
Si elle est entérinée, la commission spéciale devra examiner la pétition et orienter la suite du processus.
Au-delà du cas Modeste Bahati Lukwebo, l’épisode révèle une réalité : en République démocratique du Congo, toucher au débat constitutionnel reste une décharge politique à haute tension.
Jérémie ASOKO