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Nord-Kivu : un 2ème Centre de traitement Ebola en construction à Beni pour renforcer la riposte
La progression de l'épidémie d'Ebola au Nord-Kivu suscite une vive inquiétude parmi les autorités sanitaires. Face à l'augmentation du nombre de cas et à l'intensité des déplacements de la population entre l'Ituri, épicentre de l'épidémie, et le Nord-Kivu, un deuxième Centre de traitement Ebola (CTE) est en cours de construction à Beni afin de renforcer les capacités de prise en charge des malades.
Selon les données sanitaires, la République démocratique du Congo totalise désormais 2 423 cas confirmés répartis dans cinq provinces. Le Nord-Kivu enregistre, à lui seul, 238 cas, dont 153 décès. Rien que le 19 juillet, neuf nouveaux cas ont été notifiés dans la province, tandis qu'à Beni, plus de 30 personnes ont déjà été testées positives.
Le docteur Patient Kaghoma, responsable médical de Médecins Sans Frontières Hollande à Beni, explique que cette situation exige un renforcement rapide des infrastructures sanitaires. Les mouvements quotidiens de populations entre l'Ituri et le Nord-Kivu augmentent le risque de propagation du virus et mettent davantage sous pression les structures de soins existantes.
Le futur Centre de traitement Ebola disposera de 32 lits, avec une possibilité d'extension en fonction de l'évolution de l'épidémie. Les équipes de riposte précisent que plus de 3 000 contacts actifs ont été identifiés dans les zones touchées, tandis qu'environ 2 200 personnes font actuellement l'objet d'un suivi sanitaire quotidien.
Les autorités sanitaires alertent également sur le risque d'une transmission silencieuse de la maladie. Plusieurs infections n'ont été confirmées qu'après le décès des patients, une situation qui complique la surveillance épidémiologique et accentue les défis de la riposte.
Pour les spécialistes, la construction de ce deuxième Centre de traitement Ebola constitue une mesure d'anticipation indispensable. Elle vise à renforcer la capacité de réponse, à améliorer la prise en charge des patients et à empêcher que le Nord-Kivu ne devienne le principal foyer de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo.
Pascal NDUYIRI