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RÉAGISSANT AUX PRESSIONS SUR LE CALENDRIER DU DIALOGUE NATIONAL : Patrick Muyaya : « Le Président de la République ne répond ni aux ultimatums ni aux considérations politiciennes »
Le Gouvernement congolais refuse de laisser les échéances du dialogue national être dictées par les pressions politiques ou les ultimatums. Lors d’un briefing presse tenu mardi 28 juillet, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a réaffirmé que l’initiative annoncée par le Président Félix Tshisekedi obéit exclusivement aux impératifs de la Nation et sera mise en œuvre selon le calendrier arrêté par le Chef de l’État.
« L’agenda du Président de la République répond aux impératifs de la Nation. Il fera les choses en son temps. Il ne répond ni aux ultimatums ni aux considérations politiciennes », a déclaré Patrick Muyaya, en réponse aux interrogations sur le calendrier du dialogue national.
Pour le porte-parole du Gouvernement, cette démarche ne doit pas être confondue avec les autres processus diplomatiques engagés pour mettre fin à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Washington et Doha disposent de leurs propres cadres et de leurs propres objectifs, tandis que le dialogue de Kinshasa doit répondre à une préoccupation essentiellement nationale : renforcer la cohésion interne face à l’agression et aux défis qui en découlent.
ÉVITER L'AMALGAME
« Il ne faut pas faire d’amalgame entre ce qui relève de Washington, ce qui relève de Doha et ce qui relève de Kinshasa », a insisté le ministre. Aux dires de Patrick Muyaya, le dialogue national doit être envisagé comme un espace de rassemblement des forces nationales autour d’un objectif commun. Il s’agit, selon lui, de consolider un front intérieur capable de soutenir les efforts diplomatiques et sécuritaires engagés par la RDC.
« L’objectif essentiel est de créer un front contre l’agression dans l’Est », a-t-il expliqué.
Cette clarification intervient alors que différentes voix politiques appellent à accélérer la tenue du dialogue ou à en élargir le périmètre aux acteurs impliqués dans les autres négociations. Une orientation que le Gouvernement ne semble pas retenir, estimant que les acteurs engagés dans les processus de Washington ou de Doha disposent déjà de cadres spécifiques pour traiter leurs revendications.
MISE EN GARDE
Le ministre a notamment mis en garde contre une confusion entre les différents mécanismes de règlement de la crise. Selon lui, les accords de Washington et le processus de Doha sont destinés à traiter les dimensions sécuritaire et diplomatique du conflit, tandis que le dialogue national doit permettre de construire une réponse politique interne.
Cette distinction s’inscrit dans une stratégie plus large défendue par Kinshasa : poursuivre simultanément les négociations internationales et la mobilisation nationale, sans que l’une ne se substitue à l’autre.
Dans ce dispositif, les récentes avancées concernant les FDLR constituent également, selon le Gouvernement, un élément important. Patrick Muyaya a rappelé que leur neutralisation relève de l’application des engagements pris dans le cadre de l’accord de Washington et non d’un nouvel accord.
« Il ne s’agit pas d’un nouvel accord. Nous sommes simplement en train de mettre en œuvre les engagements de la RDC dans le cadre de l’accord qui a été signé à Washington », a-t-il précisé.
Pour Kinshasa, cette évolution doit contribuer à lever progressivement les arguments invoqués par Kigali pour justifier sa présence militaire en territoire congolais et permettre, à terme, de concentrer les efforts sur le rétablissement de la paix et de la souveraineté nationale.
En attendant, le Gouvernement maintient sa ligne : le dialogue national aura bien lieu, mais son calendrier et ses modalités relèvent de la responsabilité du Chef de l’État. Une manière, pour Patrick Muyaya, de rappeler que le temps du dialogue sera celui de la Nation, et non celui des ultimatums politiques.
Jérémie ASOKO