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Nord-Kivu : les ADF privent l'éducation à plus de 3 000 enfants à Bapakombe-Pendekali
Plus de trois mille enfants sont privés d'éducation depuis plus d'une année dans la localité de Bapakombe-Pendekali, dans la zone de Masala, au Nord-Kivu. Cette situation angoissante est consécutive aux massacres perpétrés par des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), qui continuent de semer la terreur dans cette partie de la province et de bouleverser durablement la vie des communautés locales.
La crise sécuritaire a entraîné la fermeture de plusieurs établissements scolaires, plongeant des milliers de familles dans l'incertitude quant à l'avenir de leurs enfants. À Masala et dans les villages environnants, les salles de classe sont restées désertes, car les enseignants et les élèves ont fui les violences pour se mettre à l'abri.
Selon des parents interrogés par la Radio Télévision Rwanzururu (RTR), les infrastructures scolaires sont aujourd'hui dans un état d'abandon avancé, malgré une accalmie relative observée ces derniers mois. Beaucoup redoutent une reprise des attaques et hésitent encore à renvoyer leurs enfants à l'école, faute de garanties sécuritaires suffisantes.
De son côté, Kapakasi Claude, président de la société civile de Bapakombe-Pendekali, indique que plus de six écoles ont officiellement fermé leurs portes à la suite de l'insécurité persistante. Il déplore une situation qu'il qualifie de " catastrophe éducative ", appelant les autorités compétentes à intervenir urgemment.
Pour l'autorité locale Elkane Musibatitsi Kamango III, de nombreux parents surtout ceux disposant de moyens financiers, ont déjà choisi de déplacer leurs enfants vers d'autres localités jugées plus sûres. Cette migration scolaire accentue toutefois les inégalités, laissant sur place les familles les plus vulnérables.
Pendant ce temps, plusieurs enfants en âge scolaire errent dans les rues ou se livrent aux travaux champêtres pour subvenir aux besoins de leurs ménages. C'est un avenir compromis pour ces enfants, selon les acteurs locaux, qui exhortent les responsables du secteur éducatif et les autorités provinciales à prendre des mesures urgentes afin de sauver toute une génération menacée par la déscolarisation prolongée.
Pascal NDUYIRI au Nord-Kivu