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Musique : Un an déjà depuis la disparition de Tshala Muana à l’âge de 64 ans
Cela fait à présent un an que la République Démocratique du Congo a perdu l’une de ses plus grandes ambassadrices culturelles. Le 10 décembre 2022, s’éteignait, à Kinshasa,Elisabeth Tshala Muana Muidikayi, figure emblématique de la musique congolaise, surnommée affectueusement « Mamu Nationale ». Sa mort, survenue après un malaise, a été confirmée par ses proches la veille.
Tshala Muana était une artiste polyvalente, douée à la fois en tant que chanteuse, auteur-compositrice, danseuse, productrice, actrice et cheffe d’orchestre. En 2002, elle a fondé l’orchestre « Dynastie Mutwashi« , qui a connu un succès considérable. Son style musical était imprégné du « Mutwashi », une danse rythmée, caractérisée par des mouvements de hanches successifs et harmonieux.
Le début de Tshala Muana dans le monde de la musique remonte à 1977, lorsqu’elle a commencé en tant que danseuse au sein de différents groupes dont Tcheke Tcheke Love de la chanteuse Pongo Landu, dit Pongo Love.
En 1982, elle décide de se lancer pleinement dans la chanson, sous l’encadrement de l’artiste Rachid King. Son arrivée à Paris a marqué une étape importante de sa carrière, où elle a rencontré le guitariste et arrangeur Souzy Kaseya, qui l’a soutenue sur le plan orchestral.
Tshala Muana a été largement reconnue pour son talent et son impact sur la scène musicale congolaise. En 2003, elle a remporté le prix de la meilleure artiste féminine d’Afrique centrale lors des Kora Awards, une cérémonie de récompenses musicales en Afrique.
Tshala Muana a su conquérir le cœur des mélomanes congolais et africains grâce à son style musical unique et entraînant. Elle a revisité les mélodies du folklore luba, apportant sa propre touche artistique et son savoir-faire musical.
Ses chansons étaient principalement axées sur la danse. Ainsi, a-t-ellederrière elle un héritage musical riche, comprenant des titres tels que « Malu« , « Mutwashi« , « Tshanza« , « Lekela Muadi« , « Tshibola », « Bena moyo« , « Seli père« , « Karibu Yangu« , « Nasi Nabali« , « Vuluka dilolo« , et bien d’autres encore.
Au-delà de sa carrière musicale, Tshala Muana s’est également impliquée dans la sphère politique. De 2000 à 2002, elle a siégé en tant que députée au sein de l’Assemblée constituante et législative du Parlement de transition.
Plus tard, elle est devenue présidente de la Ligue des femmes du parti politique PPRD. En 2006, en tant que militante du PPRD, elle a sorti un tube de campagne électorale pour le candidat à la présidence Joseph Kabila. Cette chanson a connu un succès au-delà de son contexte politique initial.
Toutefois, c’est par la musique que Tshala Muana a le plus magnifié la culture congolaise. Avec sa voix puissante et sa présence scénique unique, elle a interprété des chefs-d’œuvre comme « Mbanda Matière » ou « Malu » qui ont traversé les générations.
Un an après sa disparition, le souvenir de Tshala Muana demeure vivace. Cette artiste au parcours hors du commun incarnait, à elle seule, la richesse et la diversité culturelle de son pays. Par la beauté de son répertoire musical, elle a contribué à faire rayonner la culture Luba, bien au-delà des frontières congolaises.
Tshala Muana restera à jamais une icône de l’art de Morphée du pays de Lumumba, une « bête de scène » dont le travail acharné et le talent ont marqué les esprits. Christian-Timothée MAMPUYA